“ Depuis le commencement de l’insurrection indienne, l’ambassade anglaise à Paris a été assaillie de demandes d’emploi dans la Compagnie des Indes, demandes qui ont toutes été repoussées par l’esprit exclusif de la Grande-Bretagne. Si dans une guerre aussi meurtrière il s’est présenté des Français pour servir l’Angleterre, que serait-ce si la France allait faire en Asie une expédition ne présentant aucun danger sérieux et offrant d’immenses chances de fortune ? ”
Compagnie britannique des Indes occidentales
Définition et enjeux
Citations sur “Compagnie britannique des Indes occidentales”
N. du D., Asie Britannique. — Compagnie des Indes
“ Les chefs de ce vaste empire n’ont ni sceptre ni couronne. Soumis dans leur patrie aux mêmes lois que les autres citoyens, placés sous la même surveillance, ils s’élèvent et tombent sans bruit ; ils règnent ou meurent sans être connus de leurs peuples. Ces maîtres ! ces rois ! ce sont des marchands ; c’est la compagnie anglaise des Indes-Orientales. ”
Un appel de l'Inde à la liberté… (1919)
“ Les Indes entières sont une grande fabrique dans laquelle 310 millions d'hommes travaillent, peinent, souffrent de la faim et meurent. Les patrons de cette fabrique vivent en Angleterre et tirent tout profit de l'exploitation des Hindous. En d'autres termes, les Hindous représentent le prolétariat, et les Anglais le grand capitalisme. Les relations entre la Grande-Bretagne et les Indes commencèrent sous les auspices d'une Société de Commerce, la Compagnie des Indes orientales. ”
Henri Blerzy, Les Officiers politiques de la compagnie des Indes
“ À côté des tendances pacifiques de la compagnie des Indes, association de marchands pour qui la guerre n’avait aucun attrait, il n’est pas difficile de discerner l’impulsion toute-puissante que le parlement britannique et la couronne savaient donner au gouvernement de cette colonie lointaine. Dans l’accroissement lent et continu de l’empire indien depuis lord Clive jusqu’à l’insurrection de 1857, il faut faire une large part aux institutions de la Grande-Bretagne ”
Joseph Maranze, Le tour du monde en famille (1901)
“ Les troupes indigènes de la Compagnie des Indes, aussi bien que les autres Indous, devraient, par leur révolte, contraindre le gouvernement britannique à consacrer à la répression des forces considérables de terre et de mer dont l'éloignement de l'Europe serait une cause de grand soulagement pour la République Française, en même temps que l'insurrection ainsi fomentée nous vengerait de la haine que nous montrait le gouvernement anglais. ”
Procès de M. le Cte de Montalembert au sujet de son écrit intitulé… (1859)
“ Elle n'a surtout pas fait tout le bien qu'elle aurait pu faire. Mais je maintiens sans hésiter que la Compagnie des Indes orientales, aujourd'hui défunte, en vertu de l'acte du 2 août 1858, est, de toutes les dominations connues dans l'histoire des colonies du monde ancien et moderne, celle qui a fait les plus grandes choses avec les plus petits moyens, et celle qui, dans un espace de temps égal, a fait le moins de mal et le plus de bien aux peuples soumis à ses lois. ”
Comte de Warren, Revue des Deux Mondes
“ Avec leur armée indigène, les Anglais ont répandu autour d’eux l’esprit militaire plus qu’ils n’auraient dû peut-être, et cela faute d’avoir assez de troupes blanches. Or, comme c’est des soldats européens que dépend le sort de l’Inde, la puissance anglaise est sérieusement menacée du jour où la fantaisie prendra à un conquérant du Nord d’envoyer ses légions par la route que suivit Alexandre. Alors, mais trop tard, la compagnie regretterait d’être seule sur le continent asiatique, sans voisin qui puisse faire cause commune avec elle. ”
J. Blanc de Volx, Du commerce de l'Inde comparé dans ses effets avantageux ou nuisibles… (1802)
“ Sans doute la paix sera ferme et honorable pour les deux partis; mais enfin la puissance angloise dans l'Inde est si grande, les intérêts de sa Compagnie sont si opposés à ceux de notre commerce dans ces contrées, qu'il est au moins permis de craindre des tentatives de sa part pour comprimer nos premiers efforts, si le commerce est livré isolément à ses seules forces. ”
Procès de M. le Cte de Montalembert au sujet de son écrit intitulé… (1859)
“ Ce qui précède sert à expliquer comment il n'y a pas de reproche, pas d'injure, que les Anglais et les Anglo-Indiens s'aient adressés à leur gouvernement, à leurs généraux, à la Compagnie des Indes surtout, à cette grande corporation qui, après cent ans de succès et de prospérité croissante, s'est vue poursuivie, à la fin de sa glorieuse carrière, par cette lâche complicité de la nature humaine, dans tous les pays, avec la fortune, quand celle-ci abandonne ceux qu'elle a longtemps comblés de.ses faveurs. ”
L. Cordier, Les compagnies à charte et la politique coloniale sous le ministère de Colbert… (1906)
“ Dans les Indes, la Compagnie anglaise des Indes Orientales, fondée par Elisabeth, compagnie qui devait rendre à l'Angleterre de si grands services et donner les preuves d'une vitalité si énergique (2) , ne s'occupa d'abord que de commerce. En 1602 elle occupa Bantam, en 1612 Surate, en 1640 elle acquit Madras, fonda en 1656 les comptoirs de l'Hougly, puis Calcutta, les comptoirs de Kasim-Bazar et de Patna. Jacques Ier envoya des ambassadeurs au GrandMogol, au roi de Perse, en Chine; en 1651, Broughton obtint pour l'Angleterre le droit de trafiquer au Bengale ”
Major Fridolin, Les Anglais et l’Inde. — I. — Les Fonctionnaires civils de l’honorable Compagnie des Indes
“ Quelles que soient les destinées que l’avenir réserve à l’empire anglais de l’Inde, qu’une invasion étrangère, une révolution intérieure, ou plus probablement les désastres d’une guerre européenne viennent arracher, dans les temps futurs, le territoire hindou au sceptre de l’Angleterre, la conquête de la vaste région qui s’étend du cap Comorin aux chaînes de l’Himalaya restera la grande page de l’histoire moderne de la Grande-Bretagne. ”
J. Blanc de Volx, Du commerce de l'Inde comparé dans ses effets avantageux ou nuisibles… (1802)
“ Nos comptoirs de l'Inde sont dans un état trop précaire pour les inquiéter de long-temps, mais c'est notre navigation qui les tiendra continuellement en haleine et en éveil. Sans doute la paix sera ferme et stable, mais ils n'en surveilleront pas pour cela d'une façon moins sévère nos mouvemens ; ils ne détruiront pas l'harmonie heureusement rétablie, mais une rivalité d'émulation ne pouvant pas cesser d'exister entre nous, j'ose croire qu'ils rendroient de solennelles actions de graces à tout homme assez influent parmi nous pour empêcher la restauration de la Compagnie des Indes. ”
Mémoire historique et politique sur les Indes Orientales… (1794)
“ Si les ambitieux anglais ont eu l'adresse de s'enrichir par les productions de l'Inde , en établissant un commerce dans cette partie du , Monde , ils ne les doiveut qu'à la célérité avec laquelle ils ont su se pratiquer des communications en Asie , par la voie de l'Egypte et de l'Arabie. Jaloux de conserver leur domination dans l'Inde, ils n'ont rien négligé pour entretenir le cours de leurs correspondances rapides avec les naturels de ce pays; mais ils ont beaucoup d'obstacles à vaincre pour y parvenir. ”
Guillaume Lejean,
La Russie et l’Angleterre dans l’Asie centrale
“ Du reste, la grande force défensive de l’Angleterre dans l’Inde n’est pas dans ses ressources militaires : elle est dans l’admirable gouvernement qu’elle y a organisé, dans les bienfaits qu’il répand sur les indigènes, dans l’intérêt qu’a l’Inde à rester anglaise. ”
Edmond Gaudart,
Les privilèges du commerce français dans l'Inde…
(1935)
“ L'Angleterre était, en 1783, maîtresse de la majeure partie de la presqu'ile. L'empire Mogol s'était effrité et le Padicha de Delhi était maintenant le protégé et le vassal de la Grande Bretagne, La Compagnie anglaise des Indes avait bénéficié de cette transformation politique pour s'attribuer la souveraineté absolue sur tout le Bengale, le Behar et une portion de la Province d'Orixa. Profitant de la disparition définitive de la Compagnie hollandaise et de celle momentanée de la Compagnie française, elle détenait tout le commerce de la région la plus riche de l'Inde. ”
Aurélien de Courson, Histoire contemporaine, comprenant les principaux événements qui se sont accomplis depuis la Révolution de 1830 jusqu'à nos jours et résumant… (1863-1874)
“ La Grande-Bretagne, ainsi mise au défi par les Hindous, avait à résoudre un double problème : reconquérir les possessions de la Compagnie des Indes, et asseoir sa propre domination dans ces parages sur des bases nouvelles. Évidemment, on devait s'attendre à voir la civilisation triompher de la barbarie ”
James Talboys Wheeler, Les anglais dans l'Inde, 1700-1805 (1895)
“ Pendant trente ans il avait été évident pour tous les intéressés, — le nabab comme le gouvernement de Madras et la cour des directeurs, — que la Compagnie des Indes Orientales pouvait seule préserver le Carnatique des horribles ravages auxquels il avait été exposé de la part de Hyder Ali, de Nizam Ali ou des Mahrattes. C'était aussi évident pour les Anglais qu'à moins d'avoir la puissance de la bourse, ils ne pourraient pas exercer celle de l'épée. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Du reste, on comprend que la cour des directeurs ne soit pas plus jalouse que le gouvernement lui-même d’expliquer les véritables motifs de cette querelle, et de déclarer à la face du monde qu’on a eu des craintes sérieuses sur le maintien du formidable empire britannique dans l’Inde. Ce sont là de ces secrets que les Anglais sont fort habiles à cacher, mais qui ne sauraient échapper à la sagacité de l’Europe. Combien de temps deux cent mille indigènes armés et disciplinés subiront-ils la domination de douze mille étrangers ? ”
Barchou de Penhoën, Histoire de la conquête de l’Inde par l’Angleterre
“ On appelait libres marchands ceux qui obtenaient de la Compagnie le privilège de faire le commerce pour leur propre compte aux Indes orientales. Le libre marchand s’engageait par serment à habiter, lui, sa femme et ses enfants, à l’endroit à lui assigné par la Compagnie ; à ne pas s’en éloigner ; à ne pas résider autre part pendant telle ou telle période de temps fixée d’avance ; à ne pas retourner en Angleterre avant l’expiration de ce terme, du moins sans en avoir obtenu la permission de la cour des directeurs, etc., etc. ”
François-Antoine Herman, Histoire de la rivalité des Français et des Anglais dans l'Inde… (1847)
“ Tout commerce allait donc cesser entre la grande Bretagne et l'Indostan, quand Charles Il monta sur le trône. Les premiers actes de son règne furent des bienfaits pour la compagnie. Ainsi, le profond politique qui avait élevé si haut la puissance Anglaise en Europe, semble considérer le commerce de l'Inde comme à jamais perdu, et c'est un prince léger, imprévoyant, qui le relève de ses ruines et prépare à sa patrie la source la plus puissante de sa prospérité actuelle. ”
Louis Deville, Excursions dans l'Inde, par Louis Deville (1860)
“ L'Angleterre réclamera peut-être même un jour l'appui des peuples intéressés à la stabilité de son gouvernement dans l'Inde. Lorsqu'elle sera menacée d'une nouvelle invasion, la population indigène attendra tranquillement l'issue de la guerre et ne soutiendra pas ses dominateurs actuels. Les Indiens sont trop impatients du joug européen, et ils ont déjà laissé voir leur antipathie contre le gouvernement de la Compagnie, lorsqu'ils ont reçu la nouvelle de sa désastreuse campagne de l'Afghanistan, Les Anglais conserveront sans doute encore longtemps leur puissance dans l'Inde ”
Guillaume-Thomas Raynal,
Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux…
“ Un pareil inconvénient ne pouvoit pas empêcher la Compagnie Angloise de donner une grande extension à son commerce. Celui qu’on peut faire au-delà du cap de Bonne-Espérance & d’un port de l’Inde à l’autre, ne l’occupa pas long-tems. ”
Barchou de Penhoën, Histoire de la conquête de l’Inde par l’Angleterre
“ Ce bill est le dernier terme d’une époque de l’histoire de l’Inde, dont la première charte accordée aux marchands unis pour le commerce des Indes orientales est le point de départ. Ces deux actes forment en effet les deux extrémités de la carrière parcourue par la Compagnie des Indes. Le premier marque son point de départ. L’ayant obtenu, elle prend pied à Bombay, à Madras, à Calcutta ; elle acquiert les trois provinces du Bengale, Bahar et Orissa ; alors survient la lutte avec la France qui lui dispute la prépondérance ”
Barchou de Penhoën, Histoire de la conquête de l’Inde par l’Angleterre
“ L’organisation du commerce exigeait encore plusieurs sortes d’agents ou d’employés, dont un grand nombre indigènes. Des étoffes tissées, pour lesquelles l’Inde a toujours été célèbre, formaient l’objet principal du commerce de la Compagnie, qui se faisait de la façon suivante. ”
J. Blanc de Volx, Du commerce de l'Inde comparé dans ses effets avantageux ou nuisibles… (1802)
“ Nous ne pouvons nous dissimuler que notre situation dans l'Inde est bien précaire, et que pour reprendre la considération qui doit y appartenir au nom français, il nous faut autre chose que les efforts toujours bornés que des Compagnies particulières peuvent faire. En nous rendant nos possessions perdues, la Compagnie anglaise ne nous verra pas sans regret aspirer à rentrer en partage des bénéfices dont elle avoit en quelque sorte une habitude exclusive. ”
Alphonse Girard, La Réorganisation de la Compagnie des Indes…
“ Par là ses compagnies commerciales intéressaient toute la nation et prenaient l'allure des grandes sociétés anonymes d'aujourd'hui. Or, après sa mort on avait abandonné peu à peu cette politique. On était revenu aux petites sociétés, comprenant peu de monde, avec un domaine restreint : la Compagnie des Indes occidentales détruite avait été remplacée par les Compagnies d'Acadie, du Canada, du Sénégal, de Guinée, des Mers du Sud et de Saint-Domingue. La Compagnie de la Chine s'était détachée de la Compagnie des Indes orientales 2. ”
“ Ce ne serait pas la première fois qu’une vague formidable qui roulerait du centre de l’Asie viendrait battre les frontières de l’empire des Indes. Les défilés eux-mêmes ne sont pas infranchissables et il n’y a aucune raison qui s’oppose à ce que la grande route suivie par les conquérans de jadis ne soit pas reprise par des conquérans contemporains. Tous les Anglais de l’Inde auxquels l’histoire de ce pays est familière sont d’accord sur ce point. ”
John Stuart Mill,
Fraser's Magazine for Town and Country
“ C’est l’histoire des relations du gouvernement britannique avec les États indigènes d’Inde. Il ne fut jamais en sécurité dans ses propres possessions indiennes tant qu’il ne réduisit pas la puissance militaire de ces États à zéro. Mais un gouvernement despotique n’existe que par sa puissance militaire. ”
Comte Goblet d’Alviella, La Mission de l’Angleterre dans l’Inde
“ Mais dans ces colonies les populations sont encore trop anglaises d’origine et de sentiment pour aspirer à la rupture des faibles attaches qui les maintiennent dans la dépendance nominale de la couronne britannique. L’Inde au contraire est déjà trop avancée dans les voies de la civilisation pour qu’on puisse la refondre dans le moule d’une société étrangère, et, si modifiée qu’on la suppose au contact des idées et des institutions européennes, elle restera toujours elle-même par le caractère de ses mœurs comme par la tournure de son esprit. ”
Pierre Crépin, Mahé de La Bourdonnais, gouverneur général des îles de France et de Bourbon…
“ La ruine du commerce anglais dans l'océan indien, un peu d'audace la pourrait consommer. Au lieu de retourner dans les Iles subir encore les tracasseries de la Compagnie et les récriminations des plus turbulants de ses administrés, combien il y aurait plus de gloire, pour la France et pour le roi, dans une expédition maritime lancée, dès la déclaration de guerre, sur les comptoirs anglais ? Il armerait pour son compte six vaisseaux et deux frégates et partirait pour l'Inde. Si la guerre éclate, il fera la course contre tous les navires anglais. ”
John Lemoinne,
Revue des Deux Mondes
“ La politique anglaise dans l’Inde et dans l’Asie est entrée, depuis quelques années, dans une phase nouvelle. Jusqu’alors, elle avait été exclusivement asiatique, aujourd’hui elle devient européenne, et la grande question de prépondérance, que l’Angleterre avait pendant long-temps voulu concentrer dans la mer Noire, est désormais transportée sur les rives du haut Indus. Cet empire extraordinaire, qu’une compagnie de marchands a fondé dans l’ancien monde, touche peut-être au moment de la plus grande crise qu’il ait jamais eu à traverser. ”
René Pinon, Revue des Deux Mondes
“ La conquête des Indes africaines est depuis longtemps décidée dans les conseils des hommes d’Etat de tous les partis. Qu’on ne le perde pas de vue, en effet, ce n’est pas seulement la domination de l’Afrique Orientale qui est en jeu, c’est le maintien même et la durée de l’empire britannique ; ce n’est pas seulement pour remplacer l’Inde, si quelque catastrophe politique, ou même son propre développement économique, achevaient de lui en rendre le marché moins accessible, que les Anglais ne peuvent se plisser de l’Afrique, c’est encore et peut-être surtout pour conserver l’Inde elle-même. ”
Anandaranga Pillai, Les français dans l'Inde, Dupleix et Labourdonnais… (1894)
“ Les Anglais ont fait affront aux gens qui se disaient Français, ont pris les navires que nous avions dans l'Inde. Pour le seul fait d'avoir tiré l'autre jour de leur Fort sur vos navires, on dira partout que les Français ont eu peur. Il faut faire en sorte qu'ils aient un affront à leur tour. Pour la gloire du Roi et l'honneur de la Compagnie, je ne pouvais demeurer tranquille sans faire le nécessaire pour que Madras soit pris et qu'ils soient nos prisonniers. ”
