“ Dans cette contrée où le mont Vindhya et le fortuné beau-père de Çiva, l'Himâlaya, ce roi des montagnes, se contemplent mutuellement et semblent se défier; dans cette contrée, dis-je, Sagara le magnanime célébra son pieux sacrifice; car c'est un pays grand, saint, renommé, habité par un noble peuple. ”
Vindhya
Définition et enjeux
Citations sur “Vindhya”
Adolphe-Philibert Dubois de Jancigny, Revue des Deux Mondes
“ Il reconnaît dans cette branche de l’émigration primitive la race brahmanique envahissant l’Hindoustan par le nord-onest, après avoir fait, à Bamiân, une halte indiquée par les monumens [32] , et traversant l’Indus pour s’établir d’abord dans la région comprise entre l’Himalaya et les monts Vindhya [33] , puis occupant successivement tout le pays. Elle n’avait pas trouvé sa science et sa philosophie dans l’Inde ”
Harivansa ou histoire de la famille de Hari
“ Il s’étendait depuis la contrée de Vinasana à l’occident jusqu’à Prayâga à l’orient, depuis l’Himalaya au nord jusqu’au Vindhya au midi. Le Vinasana était au nord-ouest de Dehli, et Prayâga est Allahabad. ”
Louis Rousselet,
L'Inde des rajahs : voyage dans l'Inde centrale et dans les présidences de Bombay et de Bengale
(1875)
“ On ne sera donc point étonné d'apprendre que dans les Vindhyas et les Aravalis il est considéré par les habitants à l'égal de la divinité. C'est à lui que Gounds, Bhîls, Mhairs et Minas doivent leur existence; c'est sous ses ombrages qu'ils tiennent leurs assemblées et célèbrent les grandes époques de leur vie; c'est à ses branches qu'ils suspendent leurs grossiers ex-voto, fers de lance et socs de charrue ; c'est entre ses racines qu'ils étalent ces mystérieux cercles de cailloux qui leur tiennent lieu d'idoles. ”
Louis Vivien de Saint-Martin,
Étude sur la géographie et les populations primitives du nord-ouest de l'Inde…
(1860)
“ Or ce signe est imprimé au front de toutes les tribus aborigènes, quelles que soient les parties de la péninsule qu'elles habitent, ou les plaines élevées de la région du sud, ou les montagnes et les forêts profondes de la région centrale que domine le mont Vindhyâ, ou les chaudes provinces du bassin du Gange et du Radjpoutana, ou bien enfin les vallées neigeuses de l'Himalaya et les plaines unies du Pendjab. C'est de la population de cette dernière contrée que les historiens d'Alexandre ont dit que c'était rle peuple le plus noir du monde «après les Éthiopiens 2; » ”
Auguste Barth,
Les religions de l'Inde
(1879)
“ Et encore leur nombre serait-il fort diminué, s'il fallait en retrancher les çâktas qui adressent leurs hommages à Dêvi bien plus qu'à son époux. Dans tous les pays au nord du Vindhya, dont plusieurs comptent parmi les plus peuplés de la terre, partout où ne dominent pas des cultes locaux d'origine aborigène, la majorité appartient à des religions vishnouites. Dans le Dékhan, les proportions sont différentes les çivaïtes forment de grosses masses, surtout dans la partie méridionale, cl les deux religions s'y font probablement équilibre. Mais là encore le vishnouisme semble être en progrès. ”
Jules Verne,
La Maison à vapeur
“ De cette excursion au delà des Vindhyas, ils rapportèrent plus que l'espoir, la certitude que d'innombrables partisans se ralliaient à leur cause. Le plateau central de l'Inde était tout entier dans leurs mains. Les cantonnements militaires, répartis sur ce vaste territoire, ne pourraient résister aux premiers assauts des insurgés. Leur anéantissement ferait place libre à la révolte, qui ne tarderait pas à élever d'un littoral à l'autre toute une muraille d'Indous fanatisés, contre laquelle viendrait se briser l'armée royale. ”
Louis Rousselet,
L'Inde des rajahs : voyage dans l'Inde centrale et dans les présidences de Bombay et de Bengale
(1875)
“ Une marche de vingt-six kilomètres, toujours dans la direction de l'est et à travers un pays plat, légèrement ondulé, nous amène au bourg de Muggerwara. Toute cette partie du Meywar fait partie du plateau élevé qui s'incline doucement pour aller rejoindre les premiers contre-forts des Vindhyas ; le sol est riche, mais les villages sont rares et à peine de loin en loin quelques champs et de petits bois interrompent la monotonie des basses jungles. ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Il faudrait observer que nous avons ici toutes les privations d'une vie presque sauvage; là, au contraire, les jouissances parfois amollissantes du bien-être. Quoi qu'il en soit, et même pour le cas où il faudrait nous résoudre à laisser indécise la communauté ou la diversité d'origine entre les populations du Dekkan et celle des Vindhyas, ce qui reste dès ce moment hors de doute, c'est que les unes comme les autres appartiennent à une race complètement différente de la race ariane. ”
Louis Rousselet,
L'Inde des rajahs : voyage dans l'Inde centrale et dans les présidences de Bombay et de Bengale
(1875)
“ Selon eux, le titre d'Hindoustan, dans lequel les géographes européens voient l'Inde entière ou tout au moins l'Inde au nord des Vindhyas, ne s'applique qu'à la partie moyenne de la vallée du Gange, depuis le point où ce fleuve reçoit les eaux de la Jumna jusqu'à celui où, s'épauchant en plusieurs branches, il change sa direction orientale pour se diriger au sud, à travers le Bengale, vers l'Océan, Au nord, cette contrée, d'une étendue assez restreinte, est limitée par l'Aoûdh et le Tirhout ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Mais le rivage, qui sur les deux flancs des monts Vindhyas, dans l'Orissa et le Guzerat, ne présente qu'une côte basse et ouverte, n'avait pas les mêmes défenses. Il n'est donc point étonnant que les tribus arianes se soient répandues beaucoup plus avant dans les plaines du sud. Vers le nord, au contraire, la région des monts Vindhyas se compose beaucoup moins de plaines que de plateaux, et alors même que les plaines avaient cédé, les plateaux se défendaient toujours. On pourrait dire qu'ils se défendent encore ! ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Une autre conspiration, non moins terrible, celle des PINDARIS, cacha son berceau dans les gorges des monts Vindhyas. Leurs hordes formidables sortirent tout à coup des vallées qui s'inclinent vers le TchumbuletlaNerbudda, et formés, comme les routiers et les écorcheurs du moyen âge, du rebut et parfois des victimes de la guerre, trouvant dans ces déserts inexplorés des points de ralliement et des centres de conjuration, ils se jetèrent sur l'Inde et la ravagèrent. Le monde oriental trembla devant cette organisation formidable et gigantesque. ”
Émile de La Bédollière,
Histoire générale des peuples anciens et modernes…
(1878)
“ Elle n'a pas moins de cent cinquante millions d'habitants. Elle s'étend en Asie, du nord au sud, depuis les monts Himalaya jusqu'au cap Comorin. Les monts Vindhyas, dont la chaîne commence à l'Indus pour aboutir au Gange, la séparent en deux parties : au nord, l'Hindoustan, appelé primitivement lnriou-kande (pays de la lune) ; au sud, le Dekkan, dont l'ancien nom, Dakchina, signifie druit ; en effet, les disciples de Brahma ont le midi à droite, lorsque, suivant leur usage, ils se tournent vers l'orient pour prier. L'Inde est presque aussi étendue que l'Europe. ”
“ Les deux premiers qui arrivèrent au plus grand galop ne le saluèrent pas ; mais, s’arrêtant presque sur lui, se jetèrent à terre, et il se trouva dans les bras du conseiller de Thou, qui le serrait tendrement, tandis que le petit abbé de Gondi, riant de tout son cœur, s’écriait : — Voici encore un Oreste qui retrouve son Pylade, et au moment d’immoler un coquin qui n’est pas de la famille du Roi des rois, je vous assure ! — Eh quoi ! c’est vous, cher Cinq-Mars ! s’écriait de Thou ; quoi ! sans que j’aie su votre arrivée au camp ! Oui, c’est bien vous ”
Alfred de Vigny,
Cinq-Mars
(1861)
“ De Thou s'esquiva sans que personne songeât à l'arrêter, et descendait le grand escalier, lorsqu'il y vit monter le petit abbé de Gondi, tout rouge, en sueur et essouflé, qui l'arrêta brusquement avec un air animé et joyeux. — Eh bien! eh bien ! où allez-vous donc? laissez aller les étrangers et les savants, vous êtes des nôtres. J'arrive un peu tard, mais notre belle Aspasie me pardonnera. Pourquoi donc vous en allez-vous? est-ce que tout est fini? — Mais il paraît que oui ; puisque l'on danse, la lecture est faite. — La lecture, oui; mais les serments? dit tout bas l'abbé. ”
“ Elle monta et s’élança sur les degrés, sur un trône, et s’assit : — Monte, disait-elle en tirant sa main avec force. Mais ses pieds faisaient crouler toujours de lourdes solives, et il ne pouvait monter. — Rends grâce à l’amour, reprit-elle. Et la main, plus forte, le souleva jusqu’en haut. Le peuple cria. Il s’inclinait pour baiser cette main secourable, cette main adorée... c’était celle du bourreau ! — Ô ciel ! cria Cinq-Mars en poussant un profond soupir. ”
Alfred de Vigny,
Revue des Deux Mondes
“ Cependant, s’apercevant que l’Indou demeurait obstinément dans la même attitude, et luttait avec lui d’immobilité, il en conclut, avec justesse, que l’étranger attendait que le premier mot vînt du cheik ; il se décida donc à le prononcer, et ôtant avec lenteur de ses lèvres le bout d’ambre de sa pipe, il articula gravement le salam alicum des Orientaux, ou la paix soit avec toi. L’Indien, comme mis en mouvement par ces deux mots, leva la tête et s’avança d’un air doux et paisible jusqu’au milieu de la tente, et pour y arriver, il lui suffit de faire trois petits pas ”
Alfred de Vigny,
Revue des Deux Mondes
“ L’Indou sera embarrassé ; il ne verra ni pagode de Brahma, ni statues de Wichnou aux trois têtes, aux jambes croisées et aux sept bras ; il cherchera le Lingam, et ne le trouvera pas ; il cherchera le turban de Mahomet, et ne le trouvera pas ; il cherchera la Junon des morts, et ne la trouvera pas ; il cherchera la Croix, et ne la trouvera pas, ou la démêlant avec peine à quelques détours d’allées, enfouie dans des bosquets, et honteuse comme une violette, il comprendra bien que les chrétiens font exception dans ce grand peuple ”
Alfred de Vigny,
Revue des Deux Mondes
“ En effet, il eût aussi bien fait de se taire, car l’interprète ne donna plus signe de vie, et demeura aussi immobile que les cariatides du temple, lorgnant toujours, jusqu’à ce que le cheik et les principaux de la tribu, conduisant l’Indien, fussent arrivés à vingt pas du pylône et des péristyles du palais ruiné. Là, toute cette troupe bigarée et singulière s’arrêta tout à coup, et comme voulant s’en retourner, fit tout-à-coup volte face : — Venez, dit l’interprète au père, venez voir un indien adorer le soleil ; je suis bien trompé si cet homme n’est pas un brahme. ”
Alfred de Vigny,
Poèmes antiques et modernes
“ Il est midi ; tout est calme ; je suis seul, et la tristesse s’empare de mes pensées ? Est-ce toi, Vinvela, que j’entrevois à peine sur cette bruyère ? Tes longs cheveux flottent sur tes épaules ; ton sein d’albâtre s’élève et s’abaisse en exhalant de profonds soupirs : tes beaux yeux sont remplis de larmes... Elle parle : que le son de sa voix est faible ! C’est le murmure du zéphyr entre les roseaux. Mais pourquoi restes-tu seule sur cette colline déserte ? — Vinvela : Oui, je suis seule, ô Shilric, seule dans la sombre et froide demeure. ”
Amédée Vignola,
Toutes les femmes
“ Celles-ci, seules dans l’Inde, ont une notion de la liberté. Un riche Hindou ne donnera pas une fête sans que, chanteuses ou danseuses, elles ne soient là pour distraire les convives. À cette vie, elles vieillissent rapidement. Lorsqu’elles atteignent dix-huit ou vingt ans, leurs charmes et leur jeunesse ne sont plus que des souvenirs. Les prêtres les renvoient alors ; elles rentrent dans leur caste et s’y marient sans que leur précédent état soulève contre elles aucun préjugé. ”
“ Le Grand-Écuyer était couvert de sa cuirasse, armé, et chaussé de larges bottes. Un énorme pistolet était posé sur sa table, entre deux flambeaux, avec sa mèche allumée; une montre pesante dans sa boîte de cuivre devant le pistolet. De Thou, couvert d’un manteau noir, se tenait immobile, les bras croisés; Cinq-Mars se promenait, les bras derrière le dos, regardant de temps à autre l’aiguille trop lente à son gré; il entr’ouvrit sa tente et regarda le ciel, puis revint: —Je ne vois pas mon étoile en haut, dit-il, mais n’importe! elle est là, dans mon cœur. —Le temps est sombre, dit de Thou. ”
Alfred de Vigny,
Revue des Deux Mondes
“ À ce spectacle, le brahme fit un geste aux douze serviteurs indous qui l’accompagnaient, et ils se prosternèrent la face contre terre ; lui se tenant debout devant eux, la face tournée vers l’orient, s’éleva sur la pointe des pieds en étendant les bras, et le creux des mains tournées vers le ciel, il prononça cette prière : — Ô soleil ! œil du monde ! Dieu de la lumière, des planètes et de la vie ! venez, le dieu Vichnou emprunte de vous son éclat ; vous êtes pur et vous purifiez. ”
Alfred de Vigny,
Cinq-Mars
(1889)
“ Vous m'exposez ! dit le grand écuyer s'approchant de lui. Mais il s'aperçut que son pauvre gouverneur, sans chapeau, sous la neige qui tombait, n'était pas en état de lui répondre. — Ils m'ont arrêté, dépouillé, criait-il, les scélérats ! les assassins ! ils m'ont empêché d'appeler, ils m'ont serré les lèvres avec un mouchoir. A ce bruit, Grandchamp survint enfin, se frottant les yeux comme un homme qui se réveille. Laura, épouvantée, courut dans l'église près de sa maîtresse; tous rentrèrent précipitamment pour rassurer Marie, et entourèrent le vieil abbé. ”
“ Souvenez-vous des vers que nous récitions autrefois: Justum et tenacem propositi virum... ces mots de fer se sont imprimés dans ma tête. Oui, que l’univers s’écroule autour de moi, ses débris m’emporteront inébranlable. —Ne comparons pas les pensées de l’homme à celles du ciel, et soumettons-nous, dit de Thou gravement. —Amen, dit le vieux Grandchamp, dont les yeux s’étaient remplis de larmes qu’il essuyait brusquement. —De quoi te mêles-tu, vieux soldat? tu pleures! lui dit son maître. —Amen, dit à la porte de la tente une voix nasillarde. ”
“ Ils parlaient à demi-voix. —C’est bien, Fontrailles, c’est bien; victoire! Le Roi lui prend le bras à tout moment. Voyez-vous comme il lui sourit? Voilà M. le Grand qui descend de cheval et monte sur le siége à côté de lui. [155] Allons, allons, le vieux matois est perdu cette fois! —Ah! ce n’est rien encore que cela! n’avez-vous pas vu comme le Roi a touché la main à Monsieur? Il vous a fait signe, Montrésor; Gondi, regardez donc. —Eh! regardez! c’est bien aisé à dire; mais je n’y vois pas avec mes yeux, moi; je n’ai que ceux de la foi et les vôtres. Eh bien, qu’est-ce qu’ils font? ”
“ En disant cela, il se jeta au fond d’une croisée, et, faisant signe à de Thou d’y venir lui parler, il continua tout bas : — Que je vous dise, mon ami, à vous qui êtes dans leurs secrets ; je les ai fiancés il y a quinze jours, comme ils vous l’ont raconté. — Oui, vraiment ! dit le pauvre de Thou, tombant de Charybde en Scylla dans un autre étonnement. — Allons, faites donc le surpris ? vous savez bien qui, continua l’abbé. Mais, ma foi, je crains d’avoir eu trop de complaisance pour eux, quoique ces deux enfants soient vraiment intéressants par leur amour. J’ai peur de lui plus que d’elle ”
“ Cinq-Mars, conseillé par le vieux Coislin, avait fait le tour du bastion, et ils virent tous deux avec chagrin qu’il était entièrement séparé de la ville, et que leur avantage ne pouvait se poursuivre. Ils revinrent donc sur la plate-forme, lentement et en causant, rejoindre de Thou et l’abbé de Gondi, qu’ils trouvèrent riant avec les jeunes Chevau-légers. — Nous avions avec nous la Religion et la Justice, messieurs, nous ne pouvions pas manquer de triompher. — Comment donc ? mais c’est qu’elles ont frappé aussi fort que nous ! ”
“ Mais pendant que sa femme de chambre était allée trouver Grandchamp, la jeune et tremblante Marie avait poussé, d’une main timide, la porte battante de l’église : elle avait rencontré là Cinq-Mars, debout, déguisé, et attendant avec inquiétude. À peine l’eut-elle reconnu qu’elle marcha d’un pas précipité dans le temple, tenant son masque de velours sur son visage, et courut se réfugier dans un confessionnal, tandis que Henry refermait avec soin la porte de l’église qu’elle avait franchie. ”
Amédée Vignola,
Toutes les femmes
“ Les plus belles des Hindoues sont, peut-être, les femmes de la vallée de Cachemire. Leur taille est moyenne, mais elles sont fortes, bien découplées ; leurs traits sont réguliers, leur front élevé ; deux beaux yeux bruns et doux accompagnent un nez légèrement aquilin, au-dessous duquel sourit une bouche d’une grande finesse. Jusque dans la vieillesse, elles conservent une beauté qui, de même que leur esprit, leur goût et leur intelligence, les fait apprécier dans l’Inde tout entière. ”
