“ À la suite d’incidents inutiles à raconter, et grâce à une série de hasards, j’ai fini par acquérir la certitude que celui dont la découverte m’intéressait vivait à Paris dans le désordre, et qu’il se faisait appeler Pierre Leduc, ce qui n’est pas son véritable nom. ”
Citations sur “Pierre Leduc”
“ Dans ce drap, il y avait un cadavre, le cadavre de Pierre Leduc. — Pauvre Pierre Leduc, dit Sernine, tu ne sauras jamais ce que tu as perdu en mourant si jeune ! Je t’aurais mené loin, mon bonhomme. Enfin, on se passera de tes services... Allons, Philippe, grimpe sur la table, et toi, Octave, sur la chaise. Soulevez-lui la tête et engagez le nœud coulant. Deux minutes plus tard le corps de Pierre Leduc se balançait au bout de la corde. ”
“ « Ce sont les accidents de la guerre. N’y pensons pas. Rien n’est perdu. Au contraire ! Dolorès était l’écueil, puisque Pierre Leduc l’aimait. Dolorès est morte. Donc Pierre Leduc m’appartient. Et il épousera Geneviève, comme je l’ai décidé ! Et il régnera ! Et je serai le maître ! Et l’Europe, l’Europe est à moi ! » Il s’exaltait, rasséréné, plein d’une confiance subite, tout fiévreux, gesticulant sur la route, faisant des moulinets avec une épée imaginaire, l’épée du chef qui veut, qui ordonne, et qui triomphe. — Lupin, tu seras roi ! Tu seras roi, Arsène Lupin. ”
“ Une deuxième fois, Pierre Leduc fit un mouvement. Aussitôt la lumière s’éteignit, et durant un instant l’homme resta auprès du lit, immobile, tout droit. Allait-il se décider à frapper ? M. Lenormand eut l’angoisse du crime qu’il pouvait empêcher si aisément, mais qu’il ne voulait prévenir cependant qu’à la seconde suprême. Un long, un très long silence. Subitement, il eut la vision, inexacte d’ailleurs, d’un bras qui se levait. Instinctivement il bougea, tendant la main au-dessus du dormeur. Dans son geste il heurta l’homme. ”
“ L’homme avait fait jouer le ressort d’une lanterne électrique à projecteur, et Pierre Leduc se trouva éclairé en plein visage. Mais l’homme, lui, restait dans l’ombre, et M. Lenormand ne put voir sa figure. Il vit seulement quelque chose qui luisait dans le champ de la clarté, et il tressaillit. C’était la lame d’un couteau, et ce couteau, effilé, menu, stylet plutôt que poignard, lui parut identique au couteau qu’il avait ramassé près du cadavre de Chapman, le secrétaire de M. Kesselbach. De toute sa volonté il se retint pour ne pas sauter sur l’homme. ”
“ M. Lenormand calcula la distance pour arrêter le coup. Mais non, ce n’était pas un geste de meurtre, mais un geste de précaution. Si Pierre Leduc remuait, s’il tentait d’appeler, la main s’abattrait. Et l’homme s’inclina vers le dormeur, comme s’il examinait quelque chose. — La joue droite... pensa M. Lenormand, la cicatrice de la joue droite... il veut s’assurer que c’est bien Pierre Leduc. L’homme s’était un peu tourné, de sorte qu’on n’apercevait que les épaules. Mais les vêtements, le pardessus étaient si proches qu’ils frôlaient les rideaux derrière lesquels se cachait M. Lenormand. ”
“ Il réfléchit un moment et s’écria : — Ah ! tant pis ! je marche quand même. Ce n’est pas une raison parce que Pierre Leduc est mort pour que j’abandonne la partie. Au contraire ! Et l’occasion est trop tentante. Pierre Leduc est mort. Vive Pierre Leduc !... Va, docteur. Rentre chez toi. Ce soir je te téléphonerai. Le docteur sortit. — À nous deux, Philippe, dit Sernine au dernier visiteur, un petit homme aux cheveux gris, habillé comme un garçon d’hôtel, mais d’hôtel de dixième ordre. ”
“ Le but est si visible que Weber lui-même l’eût aperçu. Tu mens quand tu dis que tu ne veux pas accepter un rôle que tu ignores. Ce rôle, tu le connais. C’est celui qu’eût joué Pierre Leduc, s’il n’était pas mort. ”
“ Monsieur Kesselbach, tu as chargé Barbareux de découvrir dans les bas-fonds de Paris un homme qui porte, ou a porté, le nom de Pierre Leduc, et dont voici le signalement sommaire : taille, un mètre soixante-quinze, blond, moustaches. Signe particulier : à la suite d’une blessure, l’extrémité du petit doigt de la main gauche a été coupée. En outre, une cicatrice presque effacée à la joue droite. Tu sembles attacher à la découverte de cet homme une importance énorme, comme s’il pouvait en résulter pour toi des avantages considérables. Qui est cet homme ? ”
“ Le directeur de l’agence, Barbareux, auquel il s’en était ouvert, m’a dit que M. Kesselbach recherchait un individu, un déclassé, paraît-il, nommé Pierre Leduc. Pour quelle raison cette recherche ? Et par quels liens peut-on la rattacher à son projet ? Je ne saurais le dire. — Soit, conclut Valenglay. Voilà pour Arsène Lupin. Son rôle est fini. M. Kesselbach est ligoté, dépouillé... mais vivant !... Que se passe-t-il jusqu’au moment où on le retrouve mort ? ”
“ Et pour soutenir cette lutte, c’est-à-dire pour découvrir et réaliser l’affaire Kesselbach, je suis, moi, emprisonné, tandis qu’il est, lui, libre, inconnu, inaccessible, qu’il dispose des deux atouts que je croyais avoir, Pierre Leduc et le vieux Steinweg... — bref, qu’il touche au but, après m’en avoir éloigné définitivement. Nouvelle pause méditative, puis nouveau monologue : — La situation n’est pas brillante. D’un côté tout, de l’autre rien. En face de moi un homme de ma force, plus fort, même, puisqu’il n’a pas les scrupules dont je m’embarrasse. Et pour l’attaquer, point d’armes. ”
“ Pierre Leduc est l’appât que vous tendez à l’ennemi. — Et le poisson mord, monsieur le Président. Je viens de recevoir un avis par lequel on a vu tantôt un individu suspect qui rôdait autour de la petite villa que Pierre Leduc occupe sous la protection de mes deux agents secrets. Dans quatre heures, je serai sur les lieux. — Et le troisième atout, Lenormand ? — Monsieur le Président, il est arrivé hier à l’adresse de M. Rudolf Kesselbach une lettre que j’ai interceptée... — Interceptée, vous allez bien. — ... que j’ai ouverte et que j’ai gardée pour moi. La voici. Elle date de deux mois. ”
“ Le grand air, l’espace, lui firent du bien. Il franchit les murs du parc, et longtemps erra à travers la campagne. Et il parlait à haute voix : — Qu’y a-t-il ? Que se passe-t-il ? Voilà des mois et des mois que, tout en bataillant et en agissant, je fais danser au bout de leurs cordes tous les personnages qui doivent concourir à l’exécution de mes projets ; et, pendant ce temps, j’ai complètement oublié de me pencher sur eux et de regarder ce qui s’agite dans leur cœur et dans leur cerveau. Je ne connais pas Pierre Leduc, je ne connais pas Geneviève, je ne connais pas Dolorès... ”
“ Est-ce que j’ai le temps de faire du sentiment ? Je joue une partie d’échecs, et je pousse mes pièces sans me soucier de ce qu’elles pensent. Quand j’aurai gagné la partie, je m’inquiéterai de savoir si le cavalier Pierre Leduc et la reine Geneviève ont un cœur. ”
“ Oui. Quelqu’un se cache ici... quelqu’un rôde par là... Où ? Et qui ? Et dans quel but ? Je ne sais pas... mais je saurai. J’ai déjà des présomptions. De ton côté, ouvre l’œil... veille... et surtout, pas un mot à Mme Kesselbach... Inutile de l’inquiéter... Il s’en alla. Pierre Leduc, interdit, bouleversé, reprit le chemin du château. En route, sur la pelouse, il vit un papier bleu. Il le ramassa. C’était une dépêche, non point chiffonnée comme un papier que l’on jette, mais pliée avec soin – visiblement perdue. Elle était adressée à M. Meauny, nom que portait Lupin à Bruggen. ”
“ Non, l’enfant fut emmené par le vieux serviteur d’Hermann, qui l’éleva sous le nom de Pierre Leduc. ”
“ Voyons, je résume. Une simple feuille de papier pliée en quatre et dont les plis paraissent tout neufs... Bien... En haut et à droite de cette feuille, ces mots : un mètre soixante-quinze, petit doigt gauche coupé, etc. Oui, c’est le signalement du sieur Pierre Leduc. ”
Maurice Leblanc,
813 (1910, Le Journal) (1910) paru dans Le Journal…
“ Le Journal — Paris (Roman-feuilleton publié du 5 mars au 24 mai 1910) TABLE DES MATIÈRES (ne fait pas partie de l’ouvrage original) Première PartieChapitre Premier — Un drame dans un grand hôtelI II III IV Chapitre II — M. Lenormand commence ses opérationsI II III IV Chapitre III — Le Prince Sernine à l'ouvrageI II III IV Chapitre IV — Pierre Leduc est mort. Vive Pierre Leduc !I II III Deuxième PartieChapitre Premier — M. Lenormand à l'ouvrage ”
Girardin, Révolution française. Table alphabétique du "Moniteur"… (1802)
“ LEDOYEN, général. AN II. 1793. Son éloge par Kellermann, 21. – AN VII. Accusé d'avoir laissé, faute de résistance, l'ennemi s'emparer de Suze ; se justifie, 287. LEDUC (A.L.) , ex-marquis de Bieville et gentilhomme ordinaire de la chambre. AN II. 1794. Est condamné à mort, avec son fils, par le tribunal révolutionnaire, 264. LEDUC. AN VI. Fait une pétition où il offre de bâtir en pierre le pont de Sèvres, moyennant le produit, pour 30 ans, des barrières de Passy, Vaugirard et Sèvres ”
Auguste Gilbert de Voisins,
L'enfant qui prit peur
(1923)
“ Jean Leduc, soldat de 1re classe, sortit du fort et, vite, par un petit chemin de traverse, gagna la grand’route. Il se sentait jeune, il était heureux. Il descendit vers la ville d’un pas rapide, en se balançant un peu, et son ombre se balançait à sa suite. Cela fait une promenade d’aller du Mourillon jusqu’à la place d’Armes de Toulon, une longue promenade, certains jours où l’on a le cœur gros ! la plus belle des courses, quand on est heureux ! Il foulait la poussière blanche sans s’arrêter, sans regarder autour de lui ; il levait seulement la tête, un peu, quand passait un tramway. ”
“ L’âme soudain rogue, Marcel Leduc déclara : « Un beau temps pour pendre un homme. C’est dommage qu’il n’y ait pas d’exécution aujourd’hui, on pourrait se distraire. » Omer Deschamps trouva alors le mot de la situation : « Mes vieux, » dit-il, « je paie un coup. » Les deux autres acquiescèrent d’un signe. Ils se rangèrent l’un à la droite et l’autre à la gauche de leur camarade. ”
Paul Féval, La Chasse au roi (1881)
“ À mesure que la route avançait, l’unanimité se faisait, au sujet de la conduite de M. Ledoux. Il n’y a dans les marchés que ce qu’on y met. Et c’était une maison de malheur ! Aux portes de Bar-le-Duc, on trouvait que M. Ledoux avait été bien honnête de prendre une si belle paire de gants pour rompre cette mauvaise affaire. Il aurait pu s’en aller sans rien dire. M. Ledoux, qui occupait si fort les gens de la noce, et qui le méritait mieux encore qu’aucun ne le pouvait penser, marchait seul, dans une direction tout opposée, en pleine forêt. ”
J. Gillard, Vie de M. Huignard, curé de Saint-Fraimbault-de-Lassay…
“ Nous avons déjà dit que sœur Leduc était souffrante depuis longtemps; mais loin que ses douleurs suffissent à satisfaire son amour pour les croix, elle y ajoutait de fréquentes disciplines et suivait autant qu'il lui était possible la vie mortifiée des Clarisses. A son arrivée dans la nouvelle demeure, ses souffrances augmentèrent rapidement-et bientôt son extrême faiblesse la força de garder le lit. ”
Léon Faucher,
Revue des Deux Mondes
“ Je ne connais pas de ville qu’il soit plus désagréable d’habiter ni qui ait des dehors plus sombres que Leeds. Jamais la main de l’homme n’a plus fait pour gâter la nature. Leeds est bâti dans un site qui pourrait être riant, au confluent de l’Aire et du canal qui, après avoir traversé le comté de Lancastre, unit l’Aire à la Mersey, et la mer du Nord à la mer d’Irlande : la ville s’élève en pente douce sur un coteau, position qui se prêterait à merveille à l’écoulement des eaux et à la ventilation des rues ”
Alfred Assollant,
Une Ville de garnison, par Alfred Assollant
(1865)
“ Tel fut le raisonnement de Jean-Sigismond Leduc, raisonnement où le bon se mêlait au pire, mais qui, pour un dragon , n'était pas tout à fait dénué de bon sens. On a dit déjà que le vieux Vernon demeurait dans la même maison que Mme Baleinier, au second étage. Ils étaient réunis tous deux dans le salon de Mme Baleinier quand Sigismond se présenta. Justement le vieillard était ce jour-là d'une humeur charmante. Il revenait de la Bibliothèque, où il avait trouvé la première charte donnée aux moines de l'abbaye de Longueville par le comte Bernhard, qui fut contemporain d'Hugues Capet. ”
Alexandre Dumas,
Les Mille et Un Fantômes
“ Et M. Ledru, tout libéral qu’il était, comme on disait à cette époque, poussa un soupir. — Sont-ce tous vos convives ? demandai-je à M. Ledru. — Nous aurons peut-être le docteur Robert. Je ne vous dis rien de celui-là, je présume que vous l’avez jugé. C’est un homme qui a toute sa vie expérimenté sur la machine humaine, comme il eût fait sur un mannequin, sans se douter que cette machine avait une âme pour comprendre les douleurs, et des nerfs pour les ressentir. C’est un bon vivant qui a fait un grand nombre de morts. ”
Gustave Claudin,
Mes souvenirs : les boulevards de 1840-1870…
(1884)
“ A cette époque le siècle était majeur . Je n' ai jamais été au collège . J' eus pour professeurs deux séminaristes : l' un s' appelait Alexandre Leduc , latiniste distingué ; l' autre , Hégésippe Moreau , un charmant poète mort tout jeune à l' hôpital . Pour les sciences , j' eus pour précepteur l' abbé Rigaud , un jésuite fort riche qui , s' il avait daigné écrire , aurait prouvé qu' il était un savant de premier ordre . ”
Auguste Ricard, Le drapeau tricolore. Tome 2 (1831)
“ Après un moment de silence , André Ledru répondit à son père : —Je pense que vous vous trompez,; nous n'avons aucune raison pour accuser ainsi la moralité d'un homme comme le marquis, qui est d'une autre opinion politique que la nôtre, il est vrai, mais que nous avons reconnu jusqu'ici comme un honnête homme, et il n'est rien de plus odieux que le crime dont vous le chargez sur une simple supposition ; ce Suisse que vous ne pouvez souffrir est peut-être un garçon honnête. ”
Édouard Estaunié,
La vie secrète
“ M. Lethois verrait une automobile se diriger sur lui qu’il n’arriverait pas à se détourner. Ses jambes flageolent. Les objets dansent. On dirait que la mort vient. Désormais, M. Lethois n’avancera plus : immobile en plein champ, il est devenu statue ou plutôt le frère de ces tristes saules tordus et noirs qui, alentour, jalonnent les clôtures...C’était dans un grand chaume, juste au sommet de la côte qui va vers Saint-Julia. Un peu plus bas, on apercevait la flèche rouge de Montaigut, quelques toits, puis la plaine et la Montagne noire tendue au delà comme un rideau. ”
Carle Ledhuy, Les Sires de Coucy, par Carle Ledhuy (1853)
“ Il s'éloigna à ces mots. — Homme endurci ! cœur impitoyable ! murmura Hugues de Crécy en le regardant s'enfoncer dans la forêt; que ta destinée s'accomplisse!. Tu marches à la mort! Tout à coup le jeune Enguerrand, quittant le pied de la croix où il était resté agenouillé, se dirigea vers le prieuré et en sortit bientôt, tenant par la bride son cheval tout équipé. Il revint près de son aïeul, et, s'inclinant devant lui, parla ainsi : — Bénissez-moi, mon père, avant que je me sépare de vous ! — Te séparer de moi? dit le vieillard surpris. Où vas-tu? ”
Édouard Ducret,
Paris canaille : moeurs contemporaines
(1883)
“ M. de Vieuval se leva, et tirant un billet de cent francs de son portefeuille, il le tendit à Léda, en lui disant : – Je veux que tu t'achètes un bibelot quelconque avec cela. Le visage de Léda devint triste ; on aurait dit qu'une larme allait jaillir de ses paupières. – Oh ! c'est mal ! s'écria-t-elle ; non, c'est bien mal ! Puis, s'élançant au cou du commissaire de police, elle lui dit à l'oreille, tout bas. – Tu ne m'as donc pas comprise, méchant. Je n'aime pas les petits jeunes gens, moi. Et de toi je ne veux rien, absolument rien, entends-tu ? ”
Édouard Lecanuet, L'Église de France sous la IIIe République… (1931)
“ Et comme cette œuvre est insuffisante, d'autres surgissent à ses côtés et se dévouent parallèlement. C'est ainsi qu'en 1871 Mgr Freppel, évêque d'Angers, permet à dom Camille Leduc, bénédictin de Solesmes, de fonder l'OEuvre des Sœurs servantes des pauvres, pour soigner à domicile les indigents. ”
