Résumé

Portrait de Gustave Claudin Gustave Claudin Mes souvenirs : les boulevards de 1840-1870… (1884)

Le général Cavaignac avait le pouvoir dans sa main , il avait sauvé la patrie et pouvait sans illusion se croire des chances . Hélas ! il avait compté sans un terrible lutteur , sans un polémiste redoutable qu' il avait fait mettre au secret . C' était Émile de Girardin , qui , une fois mis en liberté , rentrait à son journal la Presse comme Marius dans Rome , ne respirant que la vengeance et se souvenant des marais de Minturnes .
Source : Gallica

Portrait de Gustave Claudin Gustave Claudin Mes souvenirs : les boulevards de 1840-1870… (1884)

Le Charivari dépensait un esprit énorme à le caricaturer . Il donnait à sa tête la forme d' une poire . On riait de ces gamineries , et on n' en aimait pas moins le roi .
On savait à quelle torture le ministre de la justice le soumettait , lorsqu' il lui apportait le dossier d' un condamné à mort qui faisait appel à sa clémence . Louis-Philippe , enfermé dans son cabinet , revoyait les pièces du procès avec la plus minutieuse attention , et ne refusait la grâce que quand sa conscience d' homme et de chrétien le lui défendait .
Source : Gallica

Portrait de Gustave Claudin Gustave Claudin Mes souvenirs : les boulevards de 1840-1870… (1884)

Frédérick Lemaître et madame Dorval jouaient au boulevard du Crime , Alfred de Musset dînait avec le docteur Véron au Café de Paris , Nestor Roqueplan n' avait pas de tic ; Auber , triste comme Hamlet , montait à cheval ; Béranger ne faisait plus de chansons , Ledru-Rollin entrevoyait déjà dans ses rêves le suffrage universel , le marquis du Hallays payait au poids de l' or la fleur qu' il achetait , chaque soir , à l' unique bouquetière du boulevard et M. Narcisse de Salvandy présidait la distribution des prix à la Sorbonne .
Source : Gallica

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