Résumé

Jean-Baptiste Rousseau Les Coups d'épée dans l'eau, par Jean Rousseau (1863)

Assis au bord de l'eau, leur grande et lourde épée de justiciers en main, le critique et le moraliste guettent le passage des monstres. Vienne un requin ou seulement un brochet, un gros vice ou un petit travers! le glaive vengeur s'abat, la mer est solennellement fouettée. Mais cela change-t-il le vent et les courants? La vague ne s'arrête même pas, le monstre passe, le roman flagellé ne fait que plus vite son chemin, la méchante pièce devient centenaire et l'affiche se moque du feuilleton.
Source : Gallica

Jean-Baptiste Rousseau Les Coups d'épée dans l'eau, par Jean Rousseau (1863)

BOCAGE. — Suivez-moi au théâtre de Belleville !
TROISIÈME PARTIE
(Le café du théâtre de Belleville. Il est minuit. Tout est désort. La lune éclaire seule la scène.)
SCÈNE PREMIÈRE
FREDERICK. — Bocage m'a dit de l'attendre ici pendant qu'il se déshabillait. Comme il a joué ce rôle de Buridan! Quelle voix mordante! Quel geste dominateur! Quelle passion et quel nerf! Il est encore beau, à distance. Jamais il n'avait excité de pareilles tempêtes d'émotion et d'enthousiasme. Tandis que moi, il y a trois mois, à la Gaité... Quoi! c'est Frederick! quoi! c'est moi qui succombe!
Source : Gallica

Jean-Baptiste Rousseau Les Coups d'épée dans l'eau, par Jean Rousseau (1863)

J'appuyais moi-même sur l'épée — au point quelle
traversa l'étoffe de mon gilet neuf. Léontine eut peur et laissa tomber l'arme.
— C'est un vilain jeu que vous avez inventé là ; on pourrait se blesser.
Léontine m'a boudé tout le reste de la promenade. N'importe ; je ne pense point que cette aventure me nuise auprès d'elle. Les femmes aiment les coeurs résolus ; elles ne détestent pas les idées singulières.
J'ai cru voir qu'elle me regardait deux ou trois fois à la dérobée, comme si elle ne se fût point attendue à trouver en moi un héros de roman.
Source : Gallica

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