“ AUFIDIUS.—Non, je ne te connais point: nomme-toi.CORIOLAN.—Mon nom est Caïus Marcius, qui t'a fait tant de mal à toi et à tous les Volsques. C'est ce qu'atteste mon surnom de Coriolan. Mes pénibles services, mes dangers extrêmes, et tout le sang que j'ai versé pour mon ingrate patrie, n'ont reçu pour salaire que ce surnom. Ce gage de la haine et du ressentiment que tu dois nourrir contre moi, ce surnom seul m'est demeuré. L'envie a dévoré tout le reste; l'envie et la cruauté d'une vile populace, tolérée par nos nobles sans courage ”
Coriolan
Définition et enjeux
Coriolan, figure semi-légendaire de la République romaine archaïque, incarne le conflit entre honneur et autorité. Plutarque le présente comme un guerrier patricien exilé, tandis que Shakespeare, dans sa tragédie, explore sa chute dramatique et les tensions politiques de son temps.
Jean-Jacques Ampère souligne son rôle dans l'histoire romaine, mettant en évidence les enjeux sociaux de l'époque. D'autres auteurs, comme Gaspard Abeille, ont adapté son récit dans l'art. Cette figure, à la fois historique et symbolique, résonne encore dans la littérature et les arts, illustrant les ambiguïtés de la gloire et de la vengeance.
Citations sur “Coriolan”
“ COMINIUS.—Mais je crains bien qu'elle ne l'y rappelle à grand cris. Aufidius, le second des mortels après Coriolan, lui obéit en tout, comme s'il n'était que son officier. Le désespoir est toute la politique, la force et la défense que Rome peut leur opposer. (Il entre une foule de citoyens.) MÉNÉNIUS.—Voici la foule.—Et Aufidius est donc avec lui? C'est vous qui avez infecté l'air d'une nuée de vos sales bonnets, en demandant, avec des huées, l'exil de Coriolan. Le voilà maintenant qui revient à la tête d'une armée furieuse, et chaque cheveu de ses soldats sera un fouet pour vous ”
“ AUFIDIUS.—Il approche: vous allez l'entendre. (Coriolan paraît, marchant au milieu des instruments de guerre et des drapeaux; le peuple le suit en foule.) CORIOLAN.—Salut, seigneurs: je reviens votre soldat, et je rapporte un coeur qui n'est pas plus entaché de l'amour de mon pays, qu'il ne l'était lorsque je suis sorti de cette ville. Je vous suis toujours dévoué, et tout prêt à suivre vos ordres. Vous devez savoir que j'ai commencé notre expédition avec succès: et que j'ai conduit vos armées par une route sanglante jusqu'aux portes de Rome. ”
