Résumé

Portrait de Paul Saunière Paul Saunière Mamzell' Rossignol. Les compagnons de la guitare (1878)

« Je compte sur votre extrême indulgence, et vous prie, mademoiselle, de croire à l'inaltérable dévouement du plus fidèle et du plus obscur de vos amis, « Adrien MIRAL DE MORAINVILLE. »
Après avoir achevé la lecture de cette lettre, Hélène se laissa tomber sur un siège, en proie à un étonnement douloureux dont rien ne saurait rendre l'intensité.
- Comment ! murmura-t-elle, c'est Adrien qui m'écrit cela ! Après ce qu'il m'a dit hier. Est-il possible qu'il ait cédé, comme il le prétend. Non, cela n'est pas. Depuis trop longtemps j'avais deviné le secret qu'il m'a révélé.
Source : Gallica

Portrait de Paul Saunière Paul Saunière Mamzell' Rossignol. Les compagnons de la guitare (1878)

Pourtant il avait imperceptiblement froncé les sourcils.
— Alors, à quand le mariage ? demanda Charles.
— Quel mariage ? dit Adrien.
— Le mien, parbleu!
— C'est juste.
— Est-ce que par hasard, insinua Charles, il y aurait un autre mariage sous roche?
- Aucun, répondit Adrien qui rougit légèrement. Je ne connais guère que toi au monde capable de contracter mariage dans la position où nous sommes.
— Pourquoi pas ? interrogea Charles.
— Parce que nous ne pouvons, ni toi ni moi, nous donner, comme Horace, un luxe pareil, braver impunément les charges d'un intérieur, d'une famille.
Source : Gallica

Portrait de Paul Saunière Paul Saunière Mamzell' Rossignol. Les compagnons de la guitare (1878)

On peut le museler, on ne l'empêchera jamais de rugir !
— Je ne l'en empêche pas, madame, fit Adrien ému.
— Ah cruel ! cœur gonflé d'amour-propre et de rancune, reprit-elle. Rien ne te touche, ne t'émeut, ne te fléchit, colosse de fierté ! Pourquoi ? Parce que tu es mon fils. Si tu lisais cela dans un livre, si, dans la maison déserte d'un ami, tu voyais une femme de mon âge, une mère, se jeter aux pieds de son fils, tu te détournerais, tu essuierais une larme, tu conseillerais le pardon. Eh bien ! sois satisfait, continua-t-elle en se traînant à ses genoux.
Source : Gallica

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