Résumé

Ivanhoë Caron Deux voyages sur le Saint-Maurice

Entendez-vous mugir la chute ? Hâtons le pas, cela en vaut la peine.
Le Saint-Maurice s’avance avec force et rapidité le long d’un rocher qui lui offre une résistance invincible ; mais voilà qu’en un certain endroit ce rocher si dur se trouve fendu ; le fleuve se détourne aussitôt et s’élance joyeusement par cette ouverture, comme un coursier fringant s’élance sur la grande route, dès qu’il s’aperçoit qu’on a levé la barrière de son enclos. Un bloc du rocher primitif, cependant, a gardé résolument sa place, et forme une île au milieu de l’onde mugissante.
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Ivanhoë Caron Deux voyages sur le Saint-Maurice

Ô rivière Caribou, tu fais bien la douce pendant la saison de l’été, tu n’es maintenant qu’un petit filet d’eau qui ne remue pas un grain de sable, mais nous te connaissons : quand vient le printemps, tu deviens un torrent furieux, tu roules des masses de sable, tu déracines les grands arbres, et tu les traînes aussi facilement que des fétus. Je ne trouve rien de beau ni dans ton cours, ni sur tes rives, tu ne peux que nous effrayer dans tes moments de colère, tu n’es vraiment qu’une nuisance publique. Adieu, rivière Caribou.
Le cheval fait monter notre chaland avec rapidité.
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Ivanhoë Caron Deux voyages sur le Saint-Maurice

L’isolement où se trouvent les Forges St-Maurice, par suite de la mauvaise qualité du sol environnant, cette petite rivière qui ne se gonfle jamais et ne tarit jamais, qui paraît limpide, et dont les vases engloutiraient l’imprudent qui voudrait se baigner dans le cristal trompeur de ses eaux, les flots noirs du St. Maurice qui se précipitent avec un sourd murmure, la savanne, qui s’étend d’un côté avec son impénétrable fourrée, le coteau qui s’élance de l’autre côté comme une imprenable muraille, tout fait de ce village un des endroits les plus mystérieux du Canada.
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