Jean d' Agraives

Vent debout (1929)

Résumé

Jean d' Agraives,  Vent debout (1929)

“ Il semblait à Jacques que quelque chose s'était brisé en lui, qu'il était maintenant complètement détaché de son passé, qu'il n'y avait plus d'avenir. Jamais il n'y songeait, du moins. Son cerveau s'était engourdi.
Cette hébétude le sauva du suicide.
S'il était demeuré capable de penser, le dégoût de la vie l'eût envahi et il se fût débarrassé de l'existence.
Il se résigna à celle qu'il menait, parce qu'il n'en concevait plus d'autre.
Averil n'en voulait pas particulièrement à Joseph Menzé. Du même mépris haineux il enveloppait tout l'équipage.
”
Source : Gallica

Jean d' Agraives,  Vent debout (1929)

“ Elle était signée Rheingold et offrait dix mille francs en échange des obligations de la Compagnie d'Islande.
Jacques lut, relut, puis continua d'aller devant lui, les bras ballants, la tête basse.
L'herbe se transformait pour lui en blocs de lave. La lumière du soleil pâlissait. Un vent soufflait glacial. Et la colonne, au bout de l'allée, revêtait la forme trapue et la couleur du bloc d'Uthild.
Son cœur se tordait sous une douleur plus aiguë encore que celle subie deux mois auparavant.
Le bonheur était aboli. Le rire était mort.
”
Source : Gallica

Jean d' Agraives,  Vent debout (1929)

“ Tu y verras ton bâtiment qui est à quai contre-le môle. Reviens me prendre après ça. Tu demeureras avec moi quand tu seras à terre, ce qui ne sera pas souvent. Ton bateau s'appelle I'Coq Gaulois, et c'est une belle coque, tu verras.
Satisfait de ce jeu de mots, il rit d'un gros rire et poussa Jacques vers la porte.
La campagne vallonnée, qui s'étend de Saint-Brieuc à Binic, semblait s'être mise en fête pour accueillir Jacques Averil.
La nature étalait sa grâce fine sur ce sol un peu rude, qu'un printemps précoce, cette année-là, feutrait d'une tendre verdure.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature