“ En tant que paysan de l'Islande, je ne dois hommage ni allégeance à personne; tout Islandais s'appartient à lui seul. Hors de l'Islande, c'est différent, et je tiens pour ma part à honneur, quand je visite telle ou telle contrée, d'être l'homme-lige du prince qui y règne et d'accepter le baisemain qu'il m'offre. En ce sens, nous tombons d'accord; ce n'est qu'une vassalité de passage qu'on laisse, en s'en allant, derrière soi, et qu'on peut être heureux de retrouver, parce qu'elle n'a en soi rien de servile.—Eh bien, noble fils d'Hamund, échangeons, à cette occasion, nos présents. ”
Islandais
Définition et enjeux
L'islandais est une race de chevaux de petite taille originaire d'Islande, issue des montures apportées par les Vikings au IXe siècle. Cette race, préservée par des lois historiques interdisant les croisements, se distingue par sa robustesse, sa résistance aux climats rudes et ses allures uniques comme le tölt et le pas volant.
Des auteurs tels que Xavier Marmier ou Bjarni Pálsson ont mis en lumière son rôle dans la culture islandaise, sa résilience et ses liens avec les traditions nordiques. Aujourd'hui, bien qu'associé à l'Islande, le cheval islandais est exporté dans plus de 19 pays, témoignant de sa valeur reconnue à l'international.
Citations sur l'Islandais
Xavier Marmier,
Revue des Deux Mondes
“ L’Islande s’assimila complètement à la Suède et au Danemarck. Ce furent les mêmes combats, les mêmes fêtes, les mêmes réunions de famille, le même caractère hardi et aventureux. Chaque année, les Islandais s’en allaient errer sur les côtes de la Norwége ou le long de la mer Baltique. ”
Olivier, Voyage autour du monde : contenant la description géographique et pittoresque des divers pays… (1879)
“ En effet, tous les succès des Islandais dans l'histoire et la poésie, succès si étonnants dans le siècle de ténèbres où ils firent briller ce rayon presque unique de goût et de connaissances, on doit en faire honneur aux Norvégiens, surtout à ceux de la province de Drontheim, les plus voisins de l'Islande, qui peuplèrent cette île peu de temps avant cette époque, et qui ne firent pendant longtemps presque qu'une seule nation avec les Islandais. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 avril 1860
“ C’est de quoi faire honneur à l’Islande, surtout si l’on juge par comparaison. Les Islandais à la vérité n’ont pu croire que leur île fût condamnée à subir de si nombreux et de si cruels fléaux sans l’intervention spéciale de quelques funestes puissances. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ Il n’y a point de poésie populaire en Islande, dans le sens que nous attachons à ce mot, et il ne peut pas y en avoir dans un pays où les habitans vivent isolés l’un de l’autre, où l’on ne voit pas, comme en Allemagne, de ces grandes réunions d’étudians, d’ouvriers qui se communiquent par le chant, la ballade de Schiller, ou les strophes patriotiques d’Uhland. D’ailleurs, les Islandais ont le caractère sérieux et triste. ”
Alphonse Allais,
Pas de bile !
“ CONTE ISLANDAIS À celle-là seule que j’aime et qui le sait bien [1] . Je suis loin de regretter le voyage que je viens d’accomplir en Islande. J’y fus reçu par de candides gens, cœurs simples, flairant la rogue plus que l’ail, ce qui n’est pas fait pour me déplaire. Les habitants ne sont pas plus bêtes que dans le Midi de l’Europe, et ils crient moins fort. La nourriture, peu variée, y est saine et abondante, et on a toutes les peines du monde à obtenir sa facture. Pays béni ! ”
Louis Langlois, La Découverte de l’Amérique par les Normands vers l’an 1000
“ L’Islande, intellectuellement isolée, conserva presque intactes jusqu’à nos jours sa civilisation, ses qualités particulières et sa littérature. On y retrouve plus longtemps les goûts littéraires nationaux, l’amour de la poésie et du récit rythmé, qualités communes aux membres de la famille scandinave d’origine germanique. On y célébra, par les âges, l’esprit de franchise, les vertus parfois quelque peu rudes et les histoires des hommes célèbres des grands clans. Les Islandais gardèrent longtemps ce besoin de mouvement, ce désir du risque et de la célébrité. ”
Bjarni Pálsson, Voyage en Islande, fait par ordre de S. M. danoise… (1802)
“ Genre de vie des Islandais. Nous ne parlerons pas du genre de vie de l'homme à représentation : il y en a peu en Islande. Ceux-ci cherchent, néanmoins, quelque pauvre que soit le pays, à imiter les étrangers dans les douceurs de la vie, et le splendide de la table. Il ne faut pas non plus s'imaginer que le paysan d'aujourd'hui suive en tout le même genre de vie de ses ancêtres. Il a adopté beaucoup de choses de l'étranger ; il n'y aurait pas eu de mal, si ce n'eût été que le bon et l'utile. La plupart ont néanmoins conservé l'usage de manger tout ce qui est mets liquides, à la fin du repas. ”
Émile Montégut, Les derniers Vikings et les premiers rois du nord
“ Doués de plus de curiosité que de sens moral, grands écouteurs et grands conteurs d’histoires, les Islandais savaient représenter avec une grandeur presque épique les exploits des héros, mais ils savaient à l’occasion faire disparaître cette solennité pour donner essor à un esprit narquois, railleur, porté à la satire et ami de la médisance. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ Ce sont des biographies d’individus, parfois admirablement faites, mais ces biographies ne constituent pas l’histoire d’une nation. Les Islandais, à qui nous devons tous ces récits, souvent si vrais et souvent si étranges, n’ont sans doute guère songé à ce que nous appelons aujourd’hui écrire l’histoire. Ils aiment à conter, à entendre conter, mais il n’y a dans leurs contes ni recherches ni efforts. Ils disent ce qu’ils ont vu ou appris, et ils ne vont pas au-delà. Si une fois il leur survient une bonne bataille, c’est le premier chant de leur épopée ”
A. Geffroy, Essais et Notices, — Les Traditions populaires de l’Islande
“ L’ancienne religion Scandinave, sans aucun doute issue de l’Orient, après avoir fleuri pendant quelques siècles dans la péninsule septentrionale, semble avoir subi, à l’époque où s’est faite la colonisation islandaise, une transformation qui devait amener sa décadence. C’est Thor, dieu de la force, et non plus Odin, ni Balder, ni Frey, que les nouveaux Islandais préfèrent, et le livre de M. K. Maurer témoigne que les traditions léguées par l’ancienne religion à l’Islande actuelle sont beaucoup moins nombreuses qu’elles ne le sont aujourd’hui même dans les autres états Scandinaves. ”
Émile-Mathieu Campagne, Les terres inconnues (1882)
“ Les insulaires sont tellement attachés à leur pays, qu'ils se trouvent malheureux partout ailleurs. Naturellement graves et religieux, ils ne traversent jamais une rivière sans implorer la protection divine. Lorsqu'ils se rassemblent, leur passe-temps favori consiste à lire leurs mémoires historiques ou des poésies. Les Islandais descendent d'une colonie norwégienne qui arriva dans l'île vers l'année 860. Ces Scandinaves emportèrent avec eux leurs monuments historiques, leurs traditions, leur théogonie, leur poétique, et tout ce qui caractérisait les mœurs de la mère-patrie. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 avril 1860
“ On appelait ainsi en Islande les hommes que l’althing avait condamnés à l’exil, et qui, plutôt que d’aller à travers les mers chercher une nouvelle patrie, aimaient mieux s’enfoncer dans le centre du pays, à peu près inhabité, pour y vivre, affamés et misérables, des seules ressources que bien souvent le vol et le crime, mais quelquefois aussi des industries habiles à exploiter le merveilleux, leur pouvaient procurer. Le centre de l’île était devenu aux yeux des Islandais une redoutable contrée de laquelle ils répétaient aux veillées mille étranges récits ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ Aussi tout tombe dans l’oubli, travaux, histoire, science, littérature. Quelques Islandais apprennent encore dans les écoles à lire et à écrire, mais ceux qui se distinguent dans ces premiers élémens d’instruction sont proclamés savans, et ceux qui veulent arriver au plus haut faîte de la science, lisent les bulles des papes et les immunités de l’église. Pendant l’espace de trois siècles, on ne trouverait pas dans tout le pays, un seul homme comparable aux écrivains du xiie siècle. L’Islande ne produit que de pâles lambeaux d’annales et des prières rimées. ”
A. Geffroy, Revue des Deux Mondes
“ L’Islande est particulièrement devenue pour les touristes anglais un but de promenades favorites. Ils n’y résident pas, comme M. Maurer, le savant professeur de Munich, huit mois de suite ; ils ne visitent pas patiemment, comme lui, chaque partie de l’île, parlant la langue Islandaise et ses dialectes, et connaissant mieux que les Islandais d’aujourd’hui la vieille littérature des sagas ”
A. Geffroy, Essais et Notices, — Les Traditions populaires de l’Islande
“ Elle vit encore aujourd’hui, si bien qu’un paysan islandais comprend sans étude le style des anciennes sagas, difficilement intelligibles à tout le reste du Nord. On peut dire sans paradoxe que l’Islande a été l’un des berceaux de la civilisation moderne : nous espérons le démontrer prochainement ; il ne s’agit aujourd’hui que d’une récente publication de M. Konrad Maurer qui se rapporte à ce sujet d’étude et qui nous paraît très digne d’une attention particulière. ”
Charles Hertz, La conquête du globe : géographie contemporaine… (1879)
“ C'est donc à l'aurore de sa conversion au christianisme, et pendant les XIe et XIIe siècles, que l'Islande jouit d'une prospérité relative et développa toutes les facultés supérieures de son génie. A cette époque, les arts et le commerce étaient en honneur, et le code des négociants islandais peut être considérée comme le meilleur guide des hommes qui voulaient entrer en affaire avec les étrangers. ”
George Aragon, Les Côtes d’Islande et la pêche de la morue
“ Le type islandais n’a pas de caractère propre. C’est le type dcandinave sans aucune particularité qui permette de l’en distinguer. « La beauté des vierges islandaises est connue dans le monde entier, » disait chez le gouverneur de Reikiavik, dans un toast en latin, l’un des voyageurs qui a le mieux vu l’Islande. Je ne sais si la beauté des Islandaises jouit réellement de la notoriété universelle que lui attribue lord Dufferin, mais à coup sûr elle la mérite. Les hommes ont depuis longtemps renoncé au costume national ; les femmes seules l’ont conservé. ”
Charles Hertz, La conquête du globe : géographie contemporaine… (1879)
“ Si la cosmogonie des peuples du Nord remonte aux premiers Norvégiens et même à leurs ancêtres asiatiques, comme quelques savants le croient, elle a été largement colorée par le génie particulier des Islandais, génie qui est. ”
Jean-Louis Faure,
Au Groenland avec Charcot
(1933)
“ Les Islandais sont avertis. Ils surveillent leur eau, font cuire leurs légumes et puis deux fois par an purgent les chiens qui éliminent leurs ténias. Jamais, je le répète, jamais nous n'aurons assez d'admiration pour ces hommes qui, dans ces pays éloignés des grands foyers européens, remplissent avec une telle autorité toutes les obligations d'un art difficile et portent à une telle hauteur le sentiment de leur devoir. ”
Pierre Loti,
Pêcheur d’Islande
(1886)
“ Chaque soir, des brumes froides montaient de la terre ; alors elle regardait par sa fenêtre la lande triste, où des petits panaches de fumée blanche commençaient à sortir çà et là des chaumières des autres : là partout les hommes étaient revenus, oiseaux voyageurs ramenés par le froid. Et, devant beaucoup de ces feux, les veillées devaient être douces ; car le renouveau d’amour était commencé avec l’hiver dans tout ce pays des Islandais... ”
Jean-François de La Harpe,
Abrégé de l’histoire générale des voyages…
“ On remarque aussi à l’avantage des Islandais qu’il en est très-peu qui ne sachent lire et écrire. C’est une étude pour laquelle toute la nation montre le même empressement. Je mets en fait, dit l’écrivain danois, qu’on trouve en Islande, parmi le peuple, plus de gens qui écrivent bien que partout ailleurs. Les autres occupations de nos insulaires sont de prendre soin de leurs bestiaux, et de tirer parti de tout ce qui en est le produit. ”
Alexandre Acloque, Nos pêcheurs de haute mer (1904)
“ Les Islandais appartiennent effectivement à la race norwégienne. La langue islandaise (donk tunga) , ou vieux norse, se rattache à la branche gothique des langues germaniques. C'est l'ancien idiome des Scandinaves, dans lequel sont composés l'Edda et diverses inscriptions runiques. Il fut jadis porté en Islande par les colons scandinaves, dont la langue s'est maintenue dans cette île plus à l'abri qu'ailleurs des altérations. Le danois parlé en Danemark (en Islande aussi) et avec de légères nuances en Norwège, le suédois même, sont issus de l'islandais. ”
Xavier Marmier,
Revue des Deux Mondes
“ Deux autres causes contribuent encore à entretenir parmi les Islandais le goût de l’étude ; ce sont leurs longues nuits d’hiver et leur isolement. Pendant près de la moitié de l’année, ils vivent seuls, renfermés dans leur bœr, dépourvus de toute société et de tout moyen de distraction. ”
Jules Verne,
Voyage au centre de la Terre
(1864)
“ Que pouvais-je faire ? Résister seul contre deux ? Impossible. Si encore Hans se fût joint à moi. Mais non ! Il semblait que l’Islandais eût mis de côté toute volonté personnelle et fait vœu d’abnégation. Je ne pouvais rien obtenir d’un serviteur aussi inféodé à son maître. Il fallait marcher en avant. ”
Bjarni Pálsson, Voyage en Islande, fait par ordre de S. M. danoise… (1802)
“ La faulx dont se servent les Islandais, a une aune du pays, en longueur, et deux pouces de largeur. Cette lame est fixée par le moyen d'une courroie large d'un doigt, à un manche tantôt d'une aune de long, et tantôt de deux ou trois aunes. Ils appellent ce manche Orf. Il forme, avec la longueur de la lame, un angle droit ; au lieu qu'il figure un angle aigu avec son plat ou tranchant. Les Islandais élèvent beaucoup plus la lame de leur faulx, qu on n a coutume de le faire chez les autres nations ; ils l'aiguisent à peu près toutes les heures. ”
Pierre Loti,
Pêcheur d’Islande
“ Elle se savait jolie de figure, mais elle était bien inconsciente de la beauté de son corps. Du reste, dans cette région de la Bretagne, chez les filles des pêcheurs islandais, c’est presque de race, cette beauté-là; on ne la remarque plus guère, et même les moins sages d’entre elles, au lieu d’en faire parade, auraient une pudeur à la laisser voir. Non, ce sont les raffinés des villes qui attachent tant d’importance à ces choses pour les mouler ou les peindre... ”
Bjarni Pálsson, Voyage en Islande, fait par ordre de S. M. danoise… (1802)
“ On voit même ceux qui se piquent d'écrire leur langue dans sa pureté, y mêler quantité de mots latins et autres, et se servir d'expressions et de tournures de phrases qui lui sont entièrement étrangères. Malgré cela, l'ancien idiôme Islandais n'est pas encore perdu ; car il n'y a pas un coin dans l'île, où le paysan le moins instruit, ne comprenne mot pour mot les anciennes Sagas, et ne les écoute avec plaisir. ”
Charles Hertz, La conquête du globe : géographie contemporaine… (1879)
“ Tous les habitants de l'Islande devront adopter le christianisme et se faire baptiser ; Les temples et les statues des idoles seront détruites ; Le sacrifice aux idoles sera puni d'une sentence d'exil; Dans les temps de grande misère, les Islandais pourront exposer leurs enfants comme par le passé, et manger de la viande de cheval. ”
Adolphe de Chesnel, Dictionnaire des merveilles et curiosités de la nature et de l'art… (1853)
“ Les Islandais sont graves et silencieux. C'est peut-être de tous les peuples celui qui a le moins le sentiment de la musique et de la danse. A les voir, on dirait qu'ils sont tous sous le poids de cette nature austèrc: au milieu de laquelle ils sont nés. ”
Alexandre Acloque, Nos pêcheurs de haute mer (1908)
“ Les divers voyages que nous venons d'indiquer avaient été, en général, dirigés dans les mêmes districts et presque tous limités aux régions des côtes, des geysers et de l'Ilélla. Le centre de l'Islande était par suite resté inconnu dans sa plus grande étendue. A un naturaliste islandais, à M. Thoroddsen appartient l'honneur d'avoir, par des recherches méthodiques poursuivies depuis 1882 pendant plus de dix années, révélé les principaux traits de cette région. ”
“ Les païens du Nord croyaient que chacun avait son esprit gardien qui le précédait ou le suivait sous la forme d'un animal. [13] Les Islandais, retirés aux confins du monde, ont eu de tout temps une telle passion pour les récits des navigateurs, que dès qu'un bateau touchait à leur île, la foule se pressait vers les débarquants. On raconte qu'un jour le peuple était réuni à l'alting, en train de discuter une affaire des plus graves ”
Élisée Reclus,
L’Homme et la Terre
“ Et lors des disettes ou des famines, l’Islande, isolée dans l’immense étendue des mers, n’avait guère de nations amies pour lui fournir du pain. Les Islandais ont à prendre des soins exceptionnels de leurs enfants pour les mener à bien. N° 302. L’Islande, l’Ile des Glaces et des Laves Au sud-est de l’île, Ingolfsholdi rappelle le point de débarquement du premier colon norvégien. Le lac au sud de l’A de Almannagja est le Tingvellir. ”
George Webbe Dasent, Les Vikings de la Baltique : épisode de l'histoire du Nord au Xe siècle… (1877)
“ Sans doute, cet Islandais ira droit à eux, car ils se soutiennent toujours les uns des autres. — Tout vient en bon temps, dit le jarl. Les pas des dieux ne sont pas aussi rapides que ceux de Rapp, maiâ ils sont sûrs. Nous prendrons le corps de Thrand et nous l'ensevelirons dignement, puis nous retournerons à Hladir et nous verrons ce que nous pouvons faire. Il n'y aura pas de bon vent pour l'Islande avant notre arrivée en notre salle. ”
