Résumé

Portrait de Gaston Leroux Gaston Leroux L’Homme qui revient de loin

La nuit et le silence l’épouvantaient. Il avait fait allumer toutes les lumières dans sa chambre, dans le boudoir, dans le cabinet de toilette, dans la chambre de sa femme.
À la voix de Marthe, tout son crime était remonté du fond vaseux de sa conscience où il croupissait. Une angoisse folle lui avait serré le cœur et il avait fui jusque dans l’évanouissement l’évocation du fantôme d’André, avec sa plaie à sa tempe ! Depuis le commencement de cette longue nuit où elle l’avait soigné comme un enfant, Fanny essayait en vain de le raisonner.
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Fanny n’aurait pu s’empêcher, même dans un pareil moment, d’en sourire si son attention n’avait pas été soudain accaparée — mais entièrement accaparée — par l’apparition, sur le seuil de la petite porte du jardin, de la pauvre Marthe...
Ah ! certes oui, c’était bien elle qui avait l’air d’un fantôme... et plus que jamais !... Vraiment, si fragile, si fragile, si frissonnante... si peu de chose vraiment que Fanny elle-même, au cœur d’airain, en eût peut-être eu pitié si elle n’avait tout à coup, la pauvre folle, prononcé le nom de sa folie : « André !... André ! »
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Si Marthe ne s’était « mêlée de rien » Fanny ignorerait encore à cette heure ce qui s’était passé au rond-point de la Fresnaie. Elle en bénéficierait, et personne n’en parlerait, et son mari ne serait pas le pauvre être bourrelé de remords qu’elle ne reconnaissait plus et qu’elle commençait de mépriser... car, à quoi bon avoir la force qui tue, qui arme le bras, si l’on n’a point ensuite celle qui commande à la pensée et qui efface le souvenir ?
Les fantômes d’André n’avaient jamais été dans la pensée de Fanny que les formes diverses du remords.
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