G. Maisonneuve, 1893 : moeurs de demain (1882)
“ Emmeline s'exaltait en parlant, l'âme blessée et la voix brève : — Si ma mère n'était pas morte, continua-t-elle, je ne serais pas ici ; j'avais besoin de croire, moi; j'avais besoin de prier, j'étais faite pour la vie simple et douce, j'aurais vécu dans l'ombre tiède d'un foyer, fière de l'amour d'un honnête homme, sans m'embarrasser l'esprit de tout ce fatras de sciences vides, décevantes, qui nous dessèchent le cœur et qui me fatiguent le cerveau. Et maintenant, c'est fini ; le mal est fait, je suis blasée; je suis lasse; je commence à peine à vivre, et ma vie est manquée. ”
