Résumé

Jeanne France Une française, souvenirs de l'année terrible (1886)

C'est que le vieillard se souvenait des luttes glorieuses, et que les jeunes gens prévoyaient la défaite, l'invasion, l'ignominie d'avoir l'Allemand pour vainqueur. On ne se faisait guère d'illusions, à cette époque, dans les rangs de l'armée ; la plupart des officiers savaient qu'ils n'auraient pas la gloire en échange de leur sang.
Avant de s'éloigner, le comte prit Estelle à part.
— Si Irène demeure, puis-je espérer que vous l'aiderez, que vous l'encouragerez?.... Faites-en une vaillante comme vous, s'il se peut, et en cas de péril, soyez auprès d'elle.
Source : Gallica

Jeanne France Une française, souvenirs de l'année terrible (1886)

Après le souper, l'aïeul ouvrit son journal, Estelle se mit à préparer les dépêches du lendemain.
Léopoldine la regardait, admirant son activité, mais soupirant en songeant que cette belle jeune fille était vouée à un ingrat travail jusqu'à sa vieillesse, sans trêve ni repos, sans plaisirs, sans joies d'aucune sorte.
Elle se trouva trop privilégiée et eut peur de l'avenir.
Juste à ce moment, le vieillard releva la tête, et d'un air grave : — Ce journal ne parle que de guerre — prononça-t-il — je sais bien que c'est un opposant, mais parfois, il a dit vrai.
Source : Gallica

Jeanne France Une française, souvenirs de l'année terrible (1886)

Estelle avait du forcément la négliger pendant la maladie d'Irène; quand la pauvre jeune femme fut dans sa tombe, Estelle pria son grand-père d'aller voir leur vieil ami.
Le colonel fut si heureux de le revoir, que l'excellent vieillard prit l'habitude de se rendre auprès de lui deux fois par semaine; Estelle était forcée de s'abstenir, craignant de rapporter à l'enfant quelque maladie contagieuse; elle était vivement peinée de ne pouvoir visiter elle-même le père de Léopoldine; il semblait à cette vaillante créature que sa part de dévouement ne fût jamais assez considérable.
Source : Gallica

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