Gyp

Gyp

Résumé

Portrait de Gyp Gyp Miche

« Monsieur Jean » lui apparaissait comme un être à part ; un peu moins que le bon Dieu — puisqu’on lui avait enseigné que, de celui-là, nul n’est l’égal — mais beaucoup plus qu’un homme.
« Monsieur Jean » savait tout, faisait tout. Il osait tout aussi, car c’était avec lui que la petite fille allait porter de gros bouquets sur la tombe de sa mère. Et elle devinait, avec une très profonde perspicacité, que si M. d’Érdéval apprenait quelque jour que ses plus belles roses s’en allaient fleurir le tombeau de la Florine, il attraperait vigoureusement son favori.
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Portrait de Gyp Gyp Miche

Depuis plus de douze ans le vieux marquis, si plein de morgue et de dédain, supportait tout de cet homme sur les origines duquel il n’avait aucun doute, puisque jadis il l’avait eu comme palefrenier.
Anatole — devenu mossieu Anatole et ensuite mossieu Malansson — d’abord « piqueur », puis « régisseur », puis enfin « ami » se croisant les bras, servi par tous les domestiques et même par le marquis, en était arrivé à traiter le vieillard avec la plus abominable insolence, le tutoyant, et le menaçant quand les choses n’allaient pas comme il voulait.
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Portrait de Gyp Gyp Miche

Jean était la bête noire du palefrenier, duquel il se préoccupait pourtant assez peu, alors qu’Olivier — qui l’avait en horreur, mais qui était très pince-sans-rire — lui plaisait infiniment. Et, du coup, Olivier était passé favori de son grand-père. Favori modeste, venant très après M. Anatole dans les bonnes grâces du marquis, mais favori tout de même. C’était à Olivier que, cette année-là, il devait léguer Saint-Blaise. La terre, qui avait été successivement l’apanage de Jean, puis de Simone — si son mari aimait la chasse ? — appartenait pour l’instant à Olivier.
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