“ « Monsieur Jean » lui apparaissait comme un être à part ; un peu moins que le bon Dieu — puisqu’on lui avait enseigné que, de celui-là, nul n’est l’égal — mais beaucoup plus qu’un homme. « Monsieur Jean » savait tout, faisait tout. Il osait tout aussi, car c’était avec lui que la petite fille allait porter de gros bouquets sur la tombe de sa mère. Et elle devinait, avec une très profonde perspicacité, que si M. d’Érdéval apprenait quelque jour que ses plus belles roses s’en allaient fleurir le tombeau de la Florine, il attraperait vigoureusement son favori. ”
Citations de Miche (Gyp)
“ Depuis plus de douze ans le vieux marquis, si plein de morgue et de dédain, supportait tout de cet homme sur les origines duquel il n’avait aucun doute, puisque jadis il l’avait eu comme palefrenier. Anatole — devenu mossieu Anatole et ensuite mossieu Malansson — d’abord « piqueur », puis « régisseur », puis enfin « ami » se croisant les bras, servi par tous les domestiques et même par le marquis, en était arrivé à traiter le vieillard avec la plus abominable insolence, le tutoyant, et le menaçant quand les choses n’allaient pas comme il voulait. ”
“ Jean était la bête noire du palefrenier, duquel il se préoccupait pourtant assez peu, alors qu’Olivier — qui l’avait en horreur, mais qui était très pince-sans-rire — lui plaisait infiniment. Et, du coup, Olivier était passé favori de son grand-père. Favori modeste, venant très après M. Anatole dans les bonnes grâces du marquis, mais favori tout de même. C’était à Olivier que, cette année-là, il devait léguer Saint-Blaise. La terre, qui avait été successivement l’apanage de Jean, puis de Simone — si son mari aimait la chasse ? — appartenait pour l’instant à Olivier. ”
“ « Cet automobile tant aimé !... qu’il avait toujours souhaité, et duquel il ne pourrait plus se passer maintenant qu’il en avait goûté !... » — dit M. d’Erdéval qui, un peu froissé que son père lui racontât des couleurs de cette taille, répétait ironiquement les paroles enthousiastes du vieux marquis. — C’est égal !... papa se moque un peu trop de moi !... il dépasse vraiment la mesure ! Et il s’en fut vers le soir à Ville-d’Avray. Là, il n’eut pas de peine à trouver la trace de son père et de l’homme. Mossieu Anatole avait révolutionné le petit pays. ”
“ M. d’Erdéval accompagna le marquis jusqu’à la porte de la rue, que le domestique tenait ouverte, l’embrassa encore, et resta sur le seuil pour le voir partir. Alors le palefrenier, poussant son maître un peu lent à monter dans le fiacre, lui dit à demi-voix, sachant parfaitement qu’on l’entendait : — Allons, monte !... Et le vieux marquis monta sans protester, tandis que le domestique effaré ouvrait de grands yeux, et que M. d’Erdéval sentait une vague démangeaison de courir après le fiacre, et d’étrangler « môssieu Anatole » qui ricanait. ”
“ Le vieillard, redressé tout à coup, articula avec effort : — Eh bien, allez-vous-en !... Du coup, mossieu Anatole fut dégrisé. Atterré à la pensée de quitter ce château où il était depuis tant d’années le maître de renoncer à sa vie de fainéantise et de « beuverie » ; d’être obligé de travailler comme ces « mercenaires » que méprisait si fort le marquis, il chercha, éperdu, à quoi se cramponner pour ne pas partir. Jamais il n’aurait cru que ce vieux, qu’il chiffonnait d’habitude à sa guise, pût, à un moment donné, se ressaisir et lui échapper. ”
“ Un jour Jean, au cours d’une des promenades qu’il faisait avec la petite, rencontra sur la route de Saint-Blaise à Saint-Lô le docteur qui s’en venait à l’amble de son cheval blanc. C’était un médecin de campagne très vieux jeu, tout à fait rococo, mais non sans savoir. Plein d’humour et d’esprit, le docteur Bouvier avait une sorte de grâce bourrue, très prenante pour qui savait en goûter la saveur et en comprendre la bonté, mais qui lui faisait un lot d’ennemis parmi les imbéciles ou les vaniteux, qu’il se plaisait à tarabuster pour se tenir en haleine. ”
“ Et, tandis que M. d’Erdéval avait une sorte de rechute qui retardait sa guérison, Mme Devilliers tombait malade à son tour. La pauvre femme avait appris par les domestiques, à son retour à Auteuil, que le marquis avait hurlé devant eux les choses qu’il lui avait écrites à elle-même. Elle sentait que ceux à qui elle devait commander doutaient à présent de son honorabilité et ne la respectaient plus autant. Elle voulut partir. Le comte la supplia si fort, qu’elle consentit à rester. Mais sa santé se détraquait. Elle se fatiguait, ne pouvait plus promener Simone, était inquiète et énervée. ”
“ Et, tout en donnant à son père l’adresse qu’il lui demandait, M. d’Erdéval se répétait que la vie du vieillard devenait de plus en plus impossible, et s’inquiétait de le voir ainsi mis à l’index et isolé dans ce pays qu’il habitait. Au bout de six semaines de séjour à Auteuil, le vieux marquis s’en retourna en Normandie, personnellement regretté de tous. Il avait été, comme toujours, généreux en vers les enfants et les domestiques, et bon et aimable pour sa belle-fille et pour son fils. Quant à Mme Devilliers, il l’avait priée de lui chercher des domestiques, ce que souvent elle avait fait. ”
“ Dans un champ inculte, où poussaient seulement les ronces et la ciguë, une charrue gisait à demi ensevelie sous les plantes, abandonnée là par les ouvriers chassés en pleins travaux, et sans que le régisseur eût, depuis lors, soupçonné sa disparition. Car, à présent, on ne cultivait plus Saint Blaise. « Ça ne rapportait rien !... » — disait le marquis pour ne pas avouer qu’il ne trouvait plus d’ouvriers à la ronde — « il valait bien mieux louer à des gens qui exploitaient la terre à leur compte, c’était plus commode et plus avantageux. » M. d’Erdéval était là-dessus de l’avis de son père. ”
“ Et durant dix minutes, la voix éraillée grinça sans trêve, tandis que le pauvre marquis répétait désolé : — Ah ! les canailles ! les propres à rien !... mon pauvre Anatole, il faut que vous nous tiriez de là ?... L’homme répéta : — Moi, je vais arranger tout ça !... Si moi, je ne pensais pas à tout, rien ne marcherait... ce sont des brutes... Moi, je dis que... Et il sortit important, redressant avec fierté son ventre ballonné et son petit crâne pointu. Il était étonnamment grotesque, et M. d’Erdéval, si écœuré qu’il fût, ne put s’empêcher de rire. ”
“ Aucune sympathie ne perçait sous les banalités aimables du marquis d’Erdéval. En même temps qu’elle apercevait la liaison étroite et étrange du vieux gentilhomme et du soi-disant régisseur, la petite Guerville jugeait la nullité absolue, l’incapacité énorme, et la vanité dindonesque du palefrenier. Dépourvue de tout sens moral, elle ne fut nullement gênée de se mettre à plat ventre devant un individu duquel elle avait dit les pires choses, en potinant avec tous les gens du pays. Elle accabla « Monsieur Anatole » de compliments gigantesques. ”
“ Après le dîner, le marquis, seul dans le salon avec ses enfants et ses petits-enfants, redevint un instant lui-même. Il causa avec humour de toutes choses, l’esprit libre, heureux et comme rajeuni. Et, rentré dans son appartement, M. d’Erdéval dit à sa femme : — Je suis content d’avoir vu papa si bien ce soir !... Tantôt j’avais eu une impression pénible... je trouvais qu’il ne se ressemblait plus !... mais dès qu’il est éloigné de cet Anatole de malheur, il redevient comme autre fois... Il nous le cache, l’Anatole de malheur !... — dit Jean — nous sommes débarrassés de sa tronche !... ”
“ Tout à coup, une porte s’ouvrit sur son passage et, pour la seconde fois, elle disparut. — L’hôtel est bien ce que je pensais !... — se dit M. d’Erdéval. Le vieux marquis était seul, et son fils éprouva une sorte de joie de l’absence du palefrenier. Au bout d’un instant, songeant à la petite dame rencontrée, il dit en riant : — Pour un homme respectable, tu t’es vraiment logé dans un singulier endroit !... — Oh !... crois-tu ?... — Je ne crois pas... je suis sûr !... M. d’Erdéval tournait le dos à la porte qui conduisait à la chambre du palefrenier. ”
“ Et, en même temps qu’elle comprenait qu’il n’avait plus d’autre volonté que celle de l’homme, elle décidait de se servir de l’homme pour vaincre la résistance du marquis. Comme presque toutes les parvenues, elle s’irritait et s’inquiétait de ne pas se sentir acceptée du premier coup. Toujours celui qu’elle appelait, en lui souriant de son sourire figé de danseuse, « le plus jeune de mes voisins », avait été parfaitement poli pour elle. Mais elle sentait que c’était seulement la politesse d’un homme très bien élevé. Aucune sympathie ne perçait sous les banalités aimables du marquis d’Erdéval. ”
“ Le marquis d’Erdéval n’admettait pas que le précepteur se permit de parler quand on ne l’interrogeait pas. Il le comprenait dans la catégorie des « mercenaires », c’est-à-dire des gens qui ne méritent ni reconnaissance, ni considération, ni égards, ni rien de bon. Pour lui, tout ce qui — dans l’ordre de choses qu’il lui plaisait de choisir — recevait une quelconque rétribution, était, quelle que fût d’ailleurs sa valeur, un mercenaire. Et le précepteur, la gouvernante, les domestiques, les ouvriers, étaient appelés très haut, chaque fois que s’en trouvait l’occasion, de ce nom peu aimable. ”
“ Pendant tout le temps que dura la visite du marquis, l’homme, collé à la porte, écouta la conversation. Une abominable odeur de mauvaise pipe, cette odeur spéciale à certaines gens, indiquait seule que le palefrenier était chez lui. Il ne bougeait pas et n’avait pas, comme chaque soir, ouvert l’armoire aux liqueurs qui grinçait déplorablement. Le lendemain à huit heures, la Bretonne vint éveiller M. d’Erdéval et lui donner de l’eau chaude. Puis, vers neuf heures, elle lui rapporta ses vêtements et ses chaussures. Le comte venait de se souvenir qu’il avait oublié sa canne dans la voiture. ”
“ La voiture, une antique calèche doublée de perse à fleurs, dévalait au trot rapide de deux vieux Normands de grande taille, la descente qui aboutit au château. La large silhouette du marquis se détachait devant la porte d’entrée, au haut du perron moussu. Souriant et cordial, il accueillit ses hôtes. M. d’Erdéval aida Mlle de Cerisy à descendre de voiture. Puis, allant à son père, il l’embrassa. — Tu ne reconnais pas Anatole ?... — dit le marquis, en s’effaçant pour démasquer un gros petit homme noir et barbu, au teint allumé, au ventre en œuf posé sur de courtes jambes grêles. ”
“ À deux heures, les enfants étaient dans la cour et aux fenêtres de la petite maison d’Auteuil, tandis que, descendus sur le perron, le comte et la comtesse d’Erdéval attendaient pour assister au départ. Le palefrenier sortit de l’écurie, traînant derrière lui Paladin sellé et bridé. Le cheval — un très grand normand bai clair, élégant de lignes, fin de jambes, avec une tête assez jolie — couchait les oreilles et semblait avoir envie de se coucher, lui aussi, plutôt que de faire une promenade. ”
“ Mais le vieillard ne comprit probablement pas l’ironie. Il voyait à présent par les yeux de mossieu Anatole, et trouvait toute naturelle l’escroquerie imaginée par lui. Olivier s’amusa fort de ce qui faisait rager son père. — Quelle bonne farce, hein, pour l’écrasé... s’il y en a un... quand il apprendra que l’écraseur est insolvable !... C’est tout à fait rigolo !... Il a plutôt la manche large, grand-père !... — Tu es vraiment absurde de rire de ça !... — fit M. d’Erdéval énervé — si Anatole écrase quelqu’un, ou démolit quelque voiture, ou quelque étalage, ou quelque cheval... ”
“ Il trouva que son favori saccageait tout. Ne s’étant jamais occupé d’aucun enfant, il ignorait que l’âge ingrat des garons est de longue durée et terriblement ennuyeux, lorsqu’ils ne sont pas de tempérament pacifique et engourdi. Or, Jean — doux et tendre pourtant — était toujours violent et parfois brutal. Il aimait les mystifications énervantes et les farces énormes. Un jour, en voulant faire se lever un de ses camarades en visite Saint-Blaise, il mit le feu à un édredon. ”
“ Vous comprenez, mon petit, je n’ai pas envie de me faire mettre à la porte par M. Anatole, moi !... ni même par votre grand-père... Comment va-t-il, le papa Erdéval ?... — Physiquement, il est très bien... c’est-à dire qu’il mange bien, dort bien, et trotte comme s’il avait dix-huit ans... mais moralement il n’est plus le même... il n’a plus ni volonté, ni énergie... C’est une chose molle qu’Anatole pétrit à sa guise... — Du temps où j’allais encore à Saint Blaise, c’était déjà comme ça !... et ça m’étonnait, parce que M. d’Erdéval n’aime pas habituellement les ivrognes... ”
“ Je lis, moi... chaque fois que votre grand-père m’écrit... des pages où il n’est question, ni de lui... ce qui serait la chose la plus intéressante... ni presque de vous, ni de mes amis de là-bas, mais uniquement d’Anatole... la patience m’échappe parfois et je déchire en tout petits morceaux le papier, pour tâcher qu’il ne reste pas de traces de la place que cet ignoble individu aura tenue dans la vie de mon père... Et puis, je me calme... je me dis que papa est vieux, et affaibli, qu’il faut lui pardonner sa désaffection qui n’est peut-être qu’apparente... ”
“ La grand’mère d’Anatole a vécu très heureuse avec le Malansson qui a été l’arrière-grand-père de ce pauvre diable, que je suis joliment content d’avoir pour me tirer d’affaire aujourd’hui. Si tu veux amener à Saint-Blaise ton petit domestique, vous seriez mieux servis. Quoique Anatole soit un merveilleux valet de chambre, je ne veux pas, tu comprends lui demander un service qui, aux yeux de la valetaille, diminuerait son chef. J’entends qu’Anatole soit respecté et obéi comme moi-même. ”
“ Et, se jetant sur un canapé, il se mit à geindre lamentablement, tandis que le palefrenier continuait à marronner. — Au revoir, papa !... — répéta M. d’Erdéval, embarrassé, lui aussi, par cette scène grotesque — c’est l’heure de ton dîner... je te laisse... Le vieillard répondit, les mains posées sur son cœur comme pour l’empêcher d’éclater : — Dîner !... Ah !... il est loin, mon dîner !... je suis trop malade !... ”
“ Un jour que Mme d’Erdéval avait mis des doutes sur la jeunesse de la baronne, Jean l’avait regardée avec indignation. Et il s’était presque disputé avec son grand-père, qui affirmait que la petite voisine ressemblait une pomme d’après la Saint-Jean. Il était, comme tous les tous les très jeunes gens, infiniment nigaud et facile à rouler quant à l’âge des femmes. Une femme de quarante ans, un peu adroite, a vingt-cinq ans pour des adolescents. ”
“ Ce fainéant qui mange, boit et dort toute la vie, sait bien que si, comme c’est possible, M. d’Erdéval lui laisse une part de son bien, il ne pourra tout de même pas mener l’existence de coq en pâte qu’il mène à l’heure actuelle. Il n’a donc aucun intérêt à raccourcir, soit par de mauvais traitements, soit de n’importe quelle façon, la vie de sa vache à lait. Soyez assuré qu’il s’efforcera, au contraire, de la prolonger le plus qu’il pourra. Que cette vie ne soit pas très agréable, c’est possible, mais ce n’est pas vous qui l’avez faite telle quelle, et il ne dépend pas de vous de la changer. ”
“ Olivier riait. M. d’Erdéval dit, agacé : — Tu trouves que c’est drôle, tout ça ?... — Ah ! non !... mais je ne peux pas m’empêcher de rigoler, en pensant à la tête de maman pendant le dîner !... à chaque injure d’Anatole au domestique, elle fermait à moitié les yeux, comme elle fait quand on fiche des coups de fouet dans la rue sur les chevaux tombés !... Tout le temps je croyais qu’elle allait réclamer !... — Non... mais ce que je vais faire, c’est m’en aller !... je ne peux pas passer un mois ni même trois semaines dans ces conditions là... je deviendrais enragée ou malade... ”
“ Erdéval se consola en se disant que « mossieu Malansson » ne saurait pas faire marcher le paquet de ferrailles que le marquis décorait du nom d’automobile, et que les choses en resteraient là. Mais comme son père recommençait à lui réciter quotidiennement dans ses lettres les litanies d’Anatole, il lui écrivit qu’il le priait, une fois pour toutes, de ne plus lui parler du palefrenier. Toutefois, il apprit que l’homme continuait à passer à Saint-Blaise la plus grande partie de son temps. Parfois, il s’absentait, mais reparaissait au bout de quelques jours. ”
“ Et l’homme continua de venir, et de pérorer longuement et stupidement à propos des moindres choses. Après une visite à laquelle les Erdéval n’avaient pas assisté, le vieux marquis se précipitait chez son fils. — Veux-tu me donner l’adresse de ton vétérinaire ?... On m’a abîmé un cheval par méchanceté... je vais lui demander d’aller à Saint-Blaise le soigner... — D’aller à Saint-Blaise !... — fit Erdéval stupéfait — mais, papa, le moindre vétérinaire normand est supérieur aux vétérinaires des autres pays... C’est fou d’envoyer quelqu’un là-bas !... ça va te coûter les yeux de la tête... ”
“ Il n’était revenu que depuis quelques années à Saint-Blaise qu’il avait quitté vers 1860. Las un beau jour des déplacements, trop vieux pour suivre le train mondain qui avait jusque-là rempli sa vie, il s’était souvenu de ce joli château qu’il aimait autrefois, et il avait résolu de l’habiter, d’y occuper une situation et d’y recevoir des amis. Les Normands étaient — à l’entendre — des êtres d’exception, des créatures d’élite, sur qui les révolutions avaient glissé sans entamer leur primitive candeur. ”
“ En somme, c’était la vie des habitants de Saint-Blaise et des environs qui était menacée, beaucoup plus que celle du marquis. Le danger le plus sérieux que courait le vieillard venait de son intendant. Si jamais il manifestait une velléité de résistance aux volontés de Malansson, il pourrait bien lui arriver malheur. On ignorait le passé de cet individu. On ne retrouvait sa trace qu’à partir de l’école de dressage de Saint-Lô. Le fils du marquis, le comte d’Erdéval, habitant à Auteuil, et au château d’Angicourt, en Lorraine, avait été interrogé. ”
“ Le pauvre homme, qui entendait trente ou quarante fois par jour son régisseur répéter d’un ton fougueux : « Moi ! je vais l’arranger !... » ou « Moi ! je lui ai dit de prendre garde à lui !... » ne pouvait pas se douter que le premier gars un peu « costeau » l’eût flanqué d’une seule menace à genoux et lui eût fait lécher la terre. Les Erdéval avaient vite découvert que M. Anatole était poltron comme un lièvre, et Jean disait : — Il est si lâche, que ça ne serait même pas amusant de taper dessus !... ”
Termes fréquents
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