Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron Les amours de W. Benjamin

La camériste apparut l’instant d’après.
— Un visiteur est là ? dit Miss Jane, veuillez l’introduire.
La camériste traversa le salon pour gagner l’antichambre. Miss Jane fit courir ses jolis doigts sur le clavier d’ivoire, et, durant la minute qui suivit, le salon s’emplit des douces harmonies d’une langoureuse rêverie d’amour.
Et cette rêverie se prolongeait, lorsque Pierre Lebon parut sur le seuil de la porte. Miss Jane, au piano, lui tournait le dos.
Mais à la vue du jeune homme, Rutten se dressa vivement en proférant une exclamation de surprise et en faisant une légère révérence.
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Il oubliait qu’il était en rupture de ban... qu’à chaque instant un homme de police pouvait lui mettre la main sur l’épaule ou les menottes aux mains et l’arrêter. Il oubliait qu’il était venu à New York pour y travailler à sa réhabilitation et à celle d’Henriette !... Pierre, depuis la veille, vivait un rêve d’or, et ce rêve, tout plein de la merveilleuse Miss Jane, il se sentait comme une maladive envie de le réaliser !
L’auto stoppa soudain. Le jeune homme rentra instantanément dans la réalité... il se trouvait devant l’Hôtel Américain.
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Miss Jane le regarda longuement et attentivement.
Le colonel, à la vue de sa victime, avait poussé son oncle du coude, et un sourire de haine et de triomphe avait glissé sur ses lèvres épaisses. James Conrad n’avait pas osé regarder le jeune inventeur.
Pierre, lui, ne vit pas ses ennemis. Ses premiers regards avaient de suite rencontré les figures placides d’Alpaca et Tonnerre à qui il adressa un petit geste d’amitié. Il disparut bientôt par une porte que le policier avait ouverte et refermée brusquement.
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