René Crevel

Résumé

René Crevel La Mort difficile

Et « son liberté », c’est une danse avec Totor. Son liberté s’appelle Totor. Celle de Pierre n’aura qu’un nom. Le plus beau des noms. Y a pas mieux, y a pas plus cher. Il n’ose la nommer quoique déjà il ait commencé à perdre la vie. Encore un verre, un verre d’oubli et que l’autre se fasse mordre la poitrine, le cou, le dos, les jambes, le ventre, tout ce qu’il lui plaira. Pierre s’en fout. Pierre est libre. Sa liberté, à lui, sa liberté s’appelle la mort. La mort, c’est le mieux, y a pas mieux. Tout à l’heure, bientôt, il partira seul, la Seine n’est pas loin de chez Arthur et d’un pont...
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René Crevel La Mort difficile

Déjà ils se touchent mais leurs cils ne se hérissent point et sans qu’il y ait eu la moindre affirmation hostile, Pierre peut voir l’œil de Bruggle en transparence, sous l’œil de Diane. Puis il n’y a plus rien dans la solitude, dans le vide.
Une douce lave noie toute chose et Pierre comprend que la mort c’est le point dans l’espace et le temps où convergent pour se détruire les uns les autres, les uns des autres, tous les regards, ceux des êtres, des choses, des minutes, des lieux, des gestes, des remords, des joies, des espérances, des rages, des cris, des larmes, des rires.
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René Crevel La Mort difficile

Elle n’a eu qu’à prononcer le nom de Ratapoilopolis pour que Pierre serrât les mâchoires. Son travail si bien commencé s’achève de lui-même. Elle le regarde, le surveille, en dépit d’une obscurité qui tombe et qu’elle ne dissipera point car elle sait que l’ombre peut être une alliée.
Alors, bien à l’aise, bien calée dans son fauteuil, elle attend que Pierre s’enfonce, se noie dans ses pensées.
Anormal, dégénéré ou fou ?
Parce que des muscles ne saillent point sous sa peau, parce que l’amour et ses manigances déchiquètent sa volonté, sa raison, doit-il prendre peur ?
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