René Schwaeblé

Résumé

René Schwaeblé L’Amour à passions

Le froid de la terre et des murs réveilla Yolande presque nue. Elle ouvrit les yeux. Dans un coin, une petite lampe à huile brûlait, d’une faible lueur ; quand l’huile serait consumée, la nuit régnerait éternellement. Près de la lampe, un pain et une cruche d’eau ; quand le pain et l’eau seraient consumés, la faim et la soif...
Qu’importait à la malheureuse ! N’était-elle pas souillée, n’était-elle plus qu’une femelle ayant assouvi les besoins de brutes ! Elle n’était plus digne de l’amour du bien-aimé !
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René Schwaeblé L’Amour à passions

Le morphinomane n’est plus son maître, il ne jouit plus du libre-arbitre, il est l’esclave de la morphine ; il abrège courses, visites, travaux, ayant hâte de rentrer chez lui où sa maîtresse impatiente l’attend, il pense sans cesse à elle, n’appartient qu’à elle, ne dépend que d’elle. L’engourdissement par la morphine diffère sensiblement de l’engourdissement par l’éther : il s’empare plus rapidement du corps et de l’esprit, descend entre eux et le monde un rideau, un brouillard qui trouble les choses, les efface, qui étouffe les bruits, les tire du lointain.
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René Schwaeblé L’Amour à passions

Si Frédéric, tout en continuant d’aimer Mimi Pinson, sa chère maîtresse, perd une à une ses dernières illusions sur elle... C’est affreux ! Il la voit telle qu’elle est, coquette, égoïste, futile, veule, ignorante, menteuse, mesquine, envieuse, et cherchant toujours à voiler ses défauts, dont elle a une vague conscience, par des tours de force, d’astuce et d’hypocrisie. L’amour sans illusion, pressant, invincible, dévorant ! le plus violent des amours, car rien ne peut le détruire, ni le mépris, ni la haine, puisqu’il est fait de mépris et de haine et de clairvoyance douloureuse !
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