Paul de Molènes

Résumé

Paul de Molènes Revue des Deux Mondes

Ce matin, il fait beau en nous, nos pensées jouent à la surface de notre cœur dans la tiède lumière d’un calme soleil ; ce soir, tout notre être n’est plus qu’une région d’orages et de ténèbres. D’où viennent l’ombre qui nous envahit et les souffles qui nous bouleversent ? Je ne l’ai jamais su. Un jour donc, je fus jaloux de la Cornélia. L’idée me vint, en la pressant sur mon cœur, que je ne tenais pas précisément entre mes bras une créature virginale. J’avais oublié pendant quelques jours tout ce que j’avais appris par moi-même et tout ce qu’André Mévil m’avait dit.
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Paul de Molènes Revue des Deux Mondes

Si vous ne donniez à miss Jane que de l’argent, je ne vous adresserais aucun reproche. Avec votre fortune et votre naissance, qu’on paie une femme qui vous trompe, c’est fort bien, cela vaut infiniment mieux que de tromper, comme on le fait d’habitude, une femme qu’on ne paie pas ; mais vous donnez à miss Jane votre cœur. Il n’est bruit dans Londres que de votre amour pour elle. La passion effrénée qu’elle vous inspire est le texte de tous les discours ; les imbéciles en rient, les philosophes en raisonnent, tous les oisifs en sont ravis ; moi, cette passion m’afflige, car elle vous tue.
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Paul de Molènes Revue des Deux Mondes

Le monde verse à celle-ci son assoupissement, la guerre verse à celui-là ses ivresses. Quitterait-elle bien pour toujours, malgré l’ennui qu’ils lui inspirent, ces salons où elle a repris le cours de ses monotones plaisirs ? Et lui, pourrait-il s’éloigner de ce pays rempli d’excitantes émotions comme l’on de verte de l’absinthe, où règne, où triomphe cette vie militaire si chère à l’esprit qu’elle calme et au cœur qu’elle exalte, —-où tous les ans la poudre résonne, où un noble sang qui ne se lasse point de se répandre entretient un généreux éclat ?
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