Paul de Molènes, Les commentaires d'un soldat
“ Je vis encore tomber la neige et s’épanouir la verdure dans cette contrée où j’avais déjà vu le ciel et la terre changer bien souvent de robe et d’humeur. Je pourrais raconter ma vie sous la nouvelle tente qui abrita mes songeries, je ne l’essaierai point. Notre existence à chacun est semblable à un cours d’eau, pour me servir d’une comparaison biblique, non point seulement parce qu’elle va se perdre en des lieux inconnus, mais parce qu’elle réfléchit toutes les figures près de qui Dieu l’a fait passer. Celui dont la vie n’est qu’un ruisseau peut réfléchir d’immenses images. ”
