Résumé

Pierre de Castellane Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)

J'ai bien souffert depuis que je suis en Crimée, mais toutes ces peines me prouvent combien je l'aime, et je suis si heureuse de l'aimer.
Madgy avait pris la main de lady Dover, et la serrant avec force :
– Ah ! oui, dit-elle, il doit être bon de se rafraîchir dans la tendresse, de désaltérer enfin son coeur. Le Seigneur ne nous a pas donné en vain cette soif d'affection.
La Providence miséricordieuse accorde parfois aux âmes qui supportent la souffrance sans se plaindre, un coeur ami et l'heure d'abandon qui les soulage du poids accablant de
l'isolement.
Source : Gallica

Pierre de Castellane Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)

Le trouble, l'agitation, le réveil soudain de toutes les colères contenues, le froissement de l'orgueil mis à vif éclatèrent tout à coup dans l'âme d'Otway et s'y livrèrent un violent combat, mais à mesure que Madgy parlait, sa voix si faible pénétrait en lui avec une puissance irrésistible. L'attendrissement, ce sourire des anges, s'emparait de lui et réveillait son coeur ; il hésita et sous le regard de la pauvre jeune fille mourante, impuissant à lutter plus longtemps, lui qui n'avait jamais cédé, trouva
la force de se vaincre lui-même.
Source : Gallica

Pierre de Castellane Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)

Mais surmontant peu à peu ce premier étonnement de l'angoisse :
– Que la volonté de Dieu s'accomplisse, Edouard, reprit lady Dover. Pardonnez ma faiblesse. Je vous aime tant. Puis, ajouta-t-elle, en baissant la voix, je vous le demande, et, comme elle hésitait, lord Dover l'encouragea. Ne vous exposez pas. Au milieu du danger, pensez à votre pauvre Jenny, qui ne vivra que par votre retour.
– Je vous le jure, répondit-il, en la serrant une dernière fois contre son coeur, et lord Dover se déroba en s'éloignant, à l'émotion dont il n'était déjà plus maître.
Source : Gallica

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