Bois sacré

Définition et enjeux

André de Guerne Le bois sacré (1898)

Le temple où je médite a pour piliers des arbres. Une rumeur l'emplit qui sort du sein des marbres. La vie est dans sa crypte ; il a pour fondements La Terre inébranlable et les quatre éléments ; Le vent qui le traverse y fait chanter les pierres ; L'onde y sanglote. Un bois, ainsi que des prières, Y multiplie, ô ciel! la chanson des oiseaux. Le jour y croît, y flambe, y meurt sous les arceaux, Et le char de la nuit n'en franchit point l'enceinte ; Car la Nature auguste est sans limite et sainte.
Source : Gallica

André de Guerne Le bois sacré (1898)

Gomme d'une prison sortant du coeur obscur,
Blancs oiseaux, évadés de l'âme, allez sans trêve
Vers l'idéal sacré, l'azur, le ciel, le rêve,
Prières, qu'êtes-vous?
L'homme est faible, il est nu ; Il est le voyageur marchant dans l'inconnu Et qui toujours recule et se heurte au mystère. Ce qu'il pressent l'effare et ce qu'il voit l'atterre ; Sinistre, aveugle, sourd, dans l'épouvante il suit,
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Vers quel but? ô terreur! les routes de la nuit.
Pour lui la terre est gouffre et le ciel est abîme ;
L'immense trahison de son destin l'opprime ;
Il naît, hélas! il vit.
Source : Gallica

André de Guerne Le bois sacré (1898)

L'herbe est épaisse ; les mousses Des bois aveugles et sourds Sont indulgentes, sont douces, Sont complices des amours.
La fontaine qui distille Ses pleurs aux coupes des lys Baise d'une onde subtile Les pieds nus d'Amaryllis.
La chanson des nids s'élance Vers l'azur illuminé. Puis tout se tait; le silence Berce un rêve fortuné.
Tout frissonne, tout murmure, Tout est joie, amour, beauté. L'homme heureux mêle, ô Nature! Son ivresse à ton été.
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Il aime ! O clarté rapide ! L'aube est rose, l'air vermeil; Son coeur est un ciel limpide Dont l'amour est le soleil.
Source : Gallica

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