Résumé

Jules Clavé Études d’économie forestière

D’ailleurs, si la culture forestière nécessite en général moins de main-d’œuvre qu’une culture agricole de même étendue, le capital qui lui est nécessaire est bien autrement considérable. Ce n’est pas, il est vrai, un capital de même nature que celui que représentent les bâtimens d’exploitation, les instrumens aratoires ou les bestiaux : c’est un capital immobilisé dans la superficie de la forêt, capital qui s’est formé lui-même par la seule puissance de la végétation et la non-réalisation de la production antérieure, mais dont il faut néanmoins tenir compte.
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Jules Clavé Études d’économie forestière

Enfin les forêts rendent un dernier service à l’agriculture, celui d’orner le paysage : il semble au premier abord qu’à ce titre elles ne devraient intéresser que l’artiste ou le citadin en vacances ; mais, si en embellissant la campagne les forêts la font aimer, il faut bien que l’économiste lui-même se préoccupe d’un sentiment qui agit puissamment sur la population rurale. Les bois donnent partout un air de vie et de gaieté qui épanouit l’âme humaine en la fortifiant, et dont on ne se rend bien compte qu’en présence de l’aspect triste et morne qu’offrent les champs privés d’arbres.
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Jules Clavé Études d’économie forestière

Défricher les forêts, quand on manque du capital nécessaire pour mettre en valeur le sol qui les supporte, c’est fournir un nouveau contingent au chiffre déjà si élevé de nos terrains en friche. La Bretagne, la Sologne, la Champagne, la Provence, autrefois très boisées, ont été, par le défrichement, transformées, dans certaines parties, en déserts improductifs. Le reboisement est aujourd’hui le seul moyen de leur rendre leur ancienne prospérité.
Nous trouvons enfin dans la nature même de la propriété forestière un autre motif du peu de respect dont elle est l’objet de la part des populations.
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