Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, III (1738-1740…

Quelle gloire j’acquerrais à défendre mon ami calomnié ! Que je serais loin d’écouter quiconque me donnerait l’abominable conseil de me taire ! Ah ! mon ami, mon cher ami de vingt-cinq années, qu’avez-vous fait, quelle malheureuse lettre dictée par la politique avez-vous écrite à Mme du Châtelet, à cette âme magnanime qui n’a pour politique que la vérité, l’amitié et le courage ? Réparez tout, il en est temps encore ; écrivez-lui ce que votre cœur et non d’indignes conseils vous auront dicté. Ne sacrifiez pas votre ami à un scélérat que vous abhorrez, et qui vous a outragé.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, III (1738-1740…

J’aime mieux qu’un ami en ait les prémices que de les donner au parterre.
Je suis accablé de maladies, de calomnies, de chagrins ; mais enfin je vis dans le sein de l’amitié, loin des hommes cruels, envieux et trompeurs. Cideville, mon cher Cideville m’aime toujours ; je suis consolé.
Pardon de vous dire si peu de choses ; mon cœur est plein, et je voudrais le répandre avec vous ; je voudrais passer un jour entier à vous écrire ; mais les affaires, les travaux, m’emportent ; je n’ai pas un moment, et l’homme du monde qui vous aime le mieux est celui qui vous écrit le moins.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, III (1738-1740…

Voudrez-vous fuir à la fois votre ami et ce monstre, de peur d’être mordu encore ? Je suis un homme de lettres, et vous un amateur ; j’ai de la réputation par mes travaux, et vous par votre goût ; l’abbé Desfontaines nous a souvent attaqués l’un et l’autre : il est clair qu’il y aurait la plus extrême lâcheté à l’un de nous deux d’abandonner l’autre, de tergiverser, de craindre un scélérat qui offense un ami ; il est clair qu’un silence de seize jours, en pareille occasion, est un outrage plus grand de la part d’un ami qu’un libelle n’est offensant de la part d’un coquin méprisé.
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