Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, I (1711-1735)

Si jamais nous avons dû être unis, c’est dans un temps où une affaire qui nous est en partie commune a fait ma perte. Il est de votre honneur d’être mon ami, et mon cœur s’accorde, en cela, avec votre devoir. Je n’ai fait aucune prière au ministère, mais j’en fais à l’amitié. Je fais plus de cas de la vertu que des puissances, et je mérite que vous m’aimiez, que vous rougissiez de votre procédé, et que vous me défendiez contre la calomnie, qui ose m’attaquer jusque dans vous-même.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, I (1711-1735)

Dans le triste état où je suis, vous seule pouvez me faire aimer la vie ; mais, hélas ! je parle ici de mes maux, tandis que peut-être vous êtes plus malheureuse que moi : je crains tout pour votre santé, je crains tout de votre mère ; je me forme là-dessus des idées affreuses. Au nom de Dieu, éclaircissez-moi ; mais, hélas ! je crains même que vous ne receviez point ma lettre. Ah ! que je suis malheureux, mon cher cœur, et que mon cœur est livré à une profonde et juste tristesse !
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, I (1711-1735)

Quand est-ce donc que nous pourrons dire ensemble, avec liberté, qu’il n’est pas sûr que la matière soit nécessairement privée de pensée, qu’il n’y a pas d’apparence que la lumière, pour éclairer la terre, ait été faite avant le soleil, et autres hardiesses semblables, pour les-quelles certains fous se sont fait brûler autrefois par certains sots ?
Faites-moi l’amitié, je vous prie, de me mander ce qu’est devenu Jore. Sa famille est-elle encore à Rouen ? Ce misérable Jore en a usé bien indignement avec moi, et bien imprudemment avec lui-même.
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