Résumé

Guy-Péron Les derniers invalides : mémoires… (1904)

Ah! c'est alors, en voyant tous ces maux dont nous avions à souffrir en plus de la honte de la défaite, c'est alors que je reconnus combien nous avions été injustes et cruels envers les Arabes et les Kabyles, les Mexicains et les Chinois, lorsque nous allions chez eux faire la guerre, allumer des incendies, semer la dévastation et la mort, parce que nous étions les plus forts, les vainqueurs! Car, voyez-vous, monsieur, c'est dans la défaite et quand on est les vaincus qu'on se fait une idée exacte de la justice et qu'on estime que tout le monde y a droit et que la force ne prouve rien.
Source : Gallica

Guy-Péron Les derniers invalides : mémoires… (1904)

Indigné de ce guet-apens, le maréchal ordonne de prendre l'offensive. Nous nous avançons par échelons vers le centre de l'ennemi. Pendant ce temps, la cavalerie prend les Marocains en flanc et ramène sur nous la célèbre garde noire, que nous fusillons sans pitié. Ah! ce ne fut pas long, je vous en réponds ! Quand le soleil se coucha, un soleil d'Afrique tout rond et tout rouge, les belles plaines vertes du Maroc étaient couvertes de cadavres, et nous n'avions plus qu'à bivouaquer au clair de lune sur le champ de bataille.
Source : Gallica

Guy-Péron Les derniers invalides : mémoires… (1904)

Les compagnies s'élancent au pas de course, baïonnette au canon, escaladent les parapets; une violente fusillade les accueille, mais l'intérieur de l'ouvrage est vite envahi; de véritables corps à corps s'engagent entre assiégeants et défenseurs. Les Russes longtemps résistent, puis finissent par céder le terrain, laissant leurs ouvrages aux mains des Français victorieux.
Mais, dès que les Russes en fuite eurent regagné Sébastopol, tous les canons de la place se mirent à tonner, et une pluie de boulets et d'obus s'abattit sur les vainqueurs, qui ne reculèrent pas d'une semelle.
Source : Gallica

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