Résumé

Alexandre III Souvenirs de Sébastopol (3e édition… (1894)

Les Français, au commencement de l'assaut, se ruent contre Malakoff comme des flèches lancées d'une main sûre ; ils déployent leurs drapeaux sur la tour et se répandent sur le bastion. Ses derniers défenseurs les reçoivent comme la lionne reçoit le chasseur qui a pénétré dans sa tanière. Un terrible combat corps-à-corps s'engage : les baïonnettes et les haches brillent, les bêches, les pioches, les massues font leur oeuvre, les pierres volent de tous côtés : toute arme est bonne ; l'un se jette sans armes sur l'ennemi et l'étrangle, un autre le mord.
Source : Gallica

Alexandre III Souvenirs de Sébastopol (3e édition… (1894)

Le 6 juin, on repoussa l'assaut sur les batteries du tertre de Malakoff ; chaque homme de la garnison de Sébastopol reçut deux roubles de gratification comme on ramassait les cadavres, le cheval du général Khrouleff buta contre deux soldats tués ; on vit bien que ce n'était pas des lâches : leurs mains crispées tenaient encore leur fusil, les baïonnettes avaient transpercé la poitrine de l'un, un Français, et de l'autre, un sous-officier de notre régiment, de Siewsk. Le général les remercia ; « Merci, mes enfants ! qu'importe que vous soyez morts, vous êtes des braves. »
Source : Gallica

Alexandre III Souvenirs de Sébastopol (3e édition… (1894)

Ce n'est plus l'air qui rafraîchit la poitrine de l'homme, c'est le feu et la fumée qui la brûlent; ce n'est plus la rosée qui baigne la terre, mais c'est le sang. Tous sont sur les batteries : des soldats encore malades quittent les hôpitaux et courent aux bastions. Partout apparaissent des brancards, sur les quais se pressent des fourgons surchargés de blessés.
Trois jours et trois nuits, Sébastopol se débattit dans l'agonie, comme un aigle blessé. Nos troupes dépérissaient à vue d'oeil. Chaque jour, près de quatre mille hommes étaient transportés à l'hôpital ou ensevelis.
Source : Gallica

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