Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Sébastopol

« En voilà un brave ! » dit le matelot, qui d’un œil tranquille regardait tomber la bombe, et qui, jugeant d’un regard expert que ces morceaux ne pouvaient atteindre la tranchée, ne prenait même pas la peine de s’incliner.
Kalouguine n’avait plus que quelques pas à faire pour traverser un petit plateau accédant au blindage du commandant du bastion, quand tout à coup, il se sentit obscurci par cette peur stupide. Son cœur battait plus fort, le sang bourdonnait dans sa tête et il dut faire un effort sur soi-même pour parvenir jusqu’au blindage.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Sébastopol

Le chef ne nie pas qu’il est le même jeune homme que tous aiment et qu’on ne peut pas ne pas aimer, pour qui la vie est la chose la plus importante au monde, il ne nie pas cela, mais dit tranquillement : « Allez et qu’on vous tue. » Le cœur se serre d’une double peur : celle de la mort et celle de la honte ; et feignant qu’il lui importe peu d’aller à la mort ou de rester, il se prépare, feint de l’intérêt pour ce qu’il va voir, et s’intéresse même à son lit de camp et à divers ustensiles.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Sébastopol

On laissa Volodia tirer le premier. Il prit un rouleau de papier, le plus long, mais immédiatement il se ravisa et en prit un autre plus petit et plus mince, et l’ouvrant, il lut : « Aller. » — C’est moi, — dit-il en soupirant.
— Eh bien ! Allez et que Dieu vous accompagne ! Voilà, vous vous habituerez au feu dès la première fois, — dit le commandant de la batterie en regardant, avec un bon sourire, le visage confus de l’enseigne. — Seulement, préparez-vous au plus vite. Et pour que ce soit plus gai pour vous, Vlang ira avec vous comme artificier du canon.
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