Paul de Leusse

Résumé

Paul de Leusse Souvenirs d'un aspirant de marine (1867)

Les aumôniers ont ces jours-là plus de besogne qu'on ne le croit, et le dimanche de Pâques je sais plus d'un officier, voire même plus d'un aspirant qui se glissa dans la tente de notre brave aumônier pour entendre la messe.
A peine débarqué du Suffren, il avait été planter sa tente à quelques pas de l'ambulance de tranchée, bien sûr que là du moins, il ne manquerait pas de besogne : il ne se trompait pas, et plus d'un de nos
matelots, transporté mourant à cette première ambulance, lui doit de s'être réconcilié avec Dieu avant de paraître devant lui.
Source : Gallica

Paul de Leusse Souvenirs d'un aspirant de marine (1867)

A six heures, un officier d'état-major nous prévient qu'on s'attend à une sortie et que nous devons nous préparer à la repousser.
Nous chargeons autant de pièces que nos quarante hommes peuvent en servir, et nous attendons patiemment le moment d'ouvrir le feu.
Quelques instants après, une vive fusillade s'engage sur notre gauche, on se répond de part et d'autre avec vigueur, puis nous entendons crier vive l'Empereur !
à la baïonnette ! et les balles cessent de nous arriver, pendant que les troupes de tranchée repoussent vigoureusement les Russes.
Source : Gallica

Paul de Leusse Souvenirs d'un aspirant de marine (1867)

C'était l'âme de la guerre qui venait de Sébastopol mouiller dans la corne d'or.
Les blessés se soulevaient sur leur dure couchette, les matelots, appuyés sur le bastingage, fumaient une pipe d'un air philosophique et profond qui semblait vouloir
dire: va toujours, j'en ai vu et j'en verrai bien d'autres ; les officiers rêvaient et je sais un aspirant de vingt ans qui donnait carrière à son imagination de jeune homme : Quitter la Iranchée pour voir tout d'un coup cet écrin de la nature, cette merveille du Créateur à peine abîmée par la main de l'homme.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature