Edmond Jurien de La Gravière,
La marine d'aujourd'hui
(1872)
“ L'escadre avait quitté Constantinople ; elle avait doublé le cap Matapan. Quelques jours encore, et nous étions au port. La mort se dressa sur notre passage. Le 18 novembre, vers six heures du soir, l'amiral, qui n'avait cessé de diriger lui-même les mouvements de ses vaisseaux, fut trouvé défaillant et presque : évanoui dans sa chambre. Ses traits décomposés excitèrent nos alarmes. Ses joues étaient caves et ce terrible signe du fléau qui avait fait tant de victimes dans l'armée de Crimée, la cyanose cholérique, marquait déjà d'un large cercle bleuâtre les yeux enfoncés dans leur orbite. ”
