Jurien de La Gravière

Résumé

Jurien de La Gravière La Marine d’aujourd’hui

Si l’on eût pu sortir de la presqu’île Chersonèse autrement que par la victoire, le moment eût été mal choisi par l’armée française pour accepter ce surcroît de besogne. Le bois avait d’abord manqué ; maintenant c’était le fourrage, les attelages disparaissaient à vue d’œil. La marine heureusement sauva tout. Aucune mission ne lui parut indigne de son dévoûment. On vit, par cet hiver rigoureux, des vaisseaux qui portaient autrefois cent canons, d’autres qui avaient encore en tête de mât un pavillon de contre-amiral, arriver devant Kamiesh chargés de balles de foin.
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Jurien de La Gravière La Marine d’aujourd’hui

L’administration, — qu’on veuille bien le remarquer, — n’est pas en général aussi hostile au progrès qu’on le répète ou qu’on le suppose ; son extrême circonspection, qui l’attarde quelquefois, ne vient que des rigueurs impitoyables de l’opinion publique pour tout ce qui n’est pas du premier coup un succès avéré. Obtenons de l’opinion un peu plus d’indulgence, l’administration prendra moins ombrage des nouveautés ; il faut que l’opinion s’applique à donner, si je puis m’exprimer ainsi, au budget — du courage, au talent qui veut prendre son essor — des ailes.
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Jurien de La Gravière La Marine d’aujourd’hui

Entre Eupatoria et l’embouchure de l’Alma, à quatre journées de marche de Sébastopol, le rivage d’Old-Fort offrait une plage découverte, flanquée par deux lagunes. Cette plage, que la flotte pouvait balayer de son artillerie, était merveilleusement propice à la descente. On s’y précipita, oubliant les inquiétudes les plus exagérées comme les plus légitimes, enivré de l’enthousiasme du moment. Ceux qui prétendent qu’à la guerre il ne faut jamais rien donner au hasard, qui veulent des succès assurés et se montrent impitoyables envers la défaite, feront bien de méditer la campagne de Crimée.
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