“ « Deux peines, semblables au feu, me brûlent, reprit Dévayânî : la perte de Katcha et le déchirement de toi-même. Il n’est plus de joie pour moi, si Katcha périt : et je ne puis vivre, si ton corps est déchiré. » 3240. Çoukra dit : « Fils de Vrihaspati, tu es d’une beauté parfaite : Dévayânî t’aime autant qu’elle est aimée de toi. Reçois donc la science, qui peut rendre à la vie, si toutefois tu n’es point en ce moment Indra sous la forme de Katcha. 3241. » Qui que ce soit autre que ce brahme ne sortira vivant de mon ventre. Obtiens donc la science. ”
Katcha
Définition et enjeux
Citations sur “Katcha”
“ Après que les Asouras m’eurent tué, brûlé, réduit en cendres, Kâvya, ils m’ont fait avaler par ta sainteté dans une liqueur enivrante. Comment échapper à ce piège de Démons, à ce piège fait pour y prendre un brahmane, sans qu’il t’en coûte la vie ? » 3238. « Comment te ferai-je plaisir, ma fille ? dit Çoukra. C’est ma mort seulement, qui peut racheter la vie de Katcha : c’est en me brisant le sein, qu’on peut le rendre à tes yeux, et non autrement. Katcha fut introduit en moi, Dévayânî ! » ”
“ Katcha arrivé, maître de la science, reprit Vaîçampâyana, les Immortels de manifester la joie dans toute leur personne, ô le plus grand des Bharatides, et d’apprendre aux leçons de Katcha la science de ressusciter. 3279. Tous de compagnie ils vont trouver le Dieu aux cent sacrifices et lui disent : « Le moment est venu de signaler ta vaillance, triomphe de nos ennemis, Pourandara ! » À ces mots des treize Dieux réunis : « Qu’il en soit ainsi ! » répondit Maghavat ; il se mit en campagne et vit des femmes dans une forêt. ”
“ « Tu me commandes, vierge aux limpides vœux, lui répondit Katcha, dans une chose, où je ne puis t’obéir. Ne t’irrite pas contre moi, fille aux charmants sourcils ; tu es plus vénérable pour moi, candide, que le révérend même. 3267. » J’ai habité là, demoiselle aux grands yeux, au visage pareil à la lune, où toi-même tu habitas, dans le noble ventre du petit-fils de Brahma. 3268. » Tu es ma sœur légitimement ; ne tiens donc pas ce langage. Je fus heureux dans mon séjour ici : il n’existe en moi aucune sorte de mécontentement. ”
Wilhelm Friedrich Rüstow, Tactique générale avec des exemples à l'appui… (1872)
“ On ârriva sur la Katcha sans voir l'ennemi. Les Français la passèrent sur un pont et au gué de Mamaschai, les Anglais sur le pont de la grande route. Les alliés campèrent sur les hauteurs au sud de la Katcha, entre cette rivière et la Belbek, les Français en avant de Mamaschai, les Anglais en avant d'Eskel. La flotte jeta l'ancre à l'embouchure de la Katcha, et quelques navires y débarquèrent des renforts qu'ils amenaient de Varna. ”
“ Il excellait, Bharatide, à charmer Dévayânî, vierge d’une jeunesse accomplie, avec des fleurs, des fruits et la diligence pour ses commissions. 3207. Dévayânî elle-même en secret amusait par son chant et ses badinages le jeune brahme, lié par le vœu de la continence. 3208. Cinq cents années s’écoulèrent ainsi pour Katcha dans l’observance de son vœu ; ce fut alors qu’il se révéla aux Dânavas. 3209. Ceux-ci, l’ayant trouvé seul, gardant les vaches, dans un endroit solitaire, au milieu de la forêt, le tuèrent avec fureur par haine de Vrihaspati et pour se conserver la science sans partage. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Par contre, ce n’est pas chez les compagnonnes que l’on rencontre des non-valeur. Quand une femme s’enrôle dans l’anarchie, elle y est bien. Les françaises, agressives, batailleuses ; les russes, méditatives, farouches même dans leur sourire. La Katcha, si Kropotkine lui disait de se faire sauter la cervelle, là, comme cela, sans aucune explication, en lui disant seulement : « Ton suicide est nécessaire à la cause », elle prendrait son mignon revolver, qu’elle porte toujours sur elle, et se tuerait sans hésitation. ”
Alfred Des Essarts, Portraits biographiques et critiques des hommes de la guerre d'Orient (1855)
“ A neuf heures trois quarts, l'armée anglaise débarqua également. Pendant ce temps, le canon se faisait entendre dans la direction de la baie de Katcha, à trois lieues au sud du point de débarquement. C'était une fausse attaque, destinée à tromper l'ennemi sur les véritables mouvements des troupes alliées. ”
“ Il est impossible à ce brahme de vivre, puisqu’on le tue à chaque fois qu’il est ressuscité. » 3229-3230. « Comment, reprit Dévayânî, pourrais-je ne pas gémir ni pleurer un homme, qui est le petit-fils de l’antique Angiras et le fils de Vrihaspati, ce trésor de pénitences ; un homme, qui a ces grands saints pour aïeul et père ? 3231. » C’était un brahmatchâri, opulent de pénitences, toujours levé, habile dans les sacrifices ! Je suivrai Katcha dans sa route : je ne veux plus manger ; car le beau Katcha, mon père, était mon bien-aimé. » ”
Taxile Delord,
Histoire du second Empire (1848-1869…
(1869)
“ La vallée de la Katcha, après un examen attentif des lieux, parut offrir un bon point de débarquement, surtout en s'appuyant d'un faux mouvement sur Odessa et sur la Bessarabie. Les deux chefs de l'expédition voguent, l'un sur la Ville-de-Paris et l'autre sur le Caradoc, incertains de la destinée qui les attend sur cette plage inconnue vers laquelle le vent les pousse ; le maréchal Saint-Arnaud fait demander à lord Raglan de venir le rejoindre. La mer Noire est toujours couverte de brouillards sombres et agitée par un vent perpétuel ”
Henry Fabre de Navacelle, Précis des guerres du second empire (1887)
“ Entre cette vallée et celle de la Katcha sont établies des troupes russes au nombre de trente mille hommes environ. Eupatoria n'est pas défendue sérieusement et pourra servir aux alliés de lieu de ravitaillement et de refuge en cas de survents. Le maréchal aurait préféré un débarquement de vive force à la Katcha, au plus près de Sébastopol. Il craint la marche de cinq lieues sans eau qu'il faudra faire d'Oldfort à l'Aima. On décide qu'une démonstration sera faite devant la Katcha par les frégates et corvettes portant la 48 division, pour distraire l'attention de l'ennemi. ”
“ Il n’existe personne, qui en soit plus capable. 3197. » Dévayânî, satisfaite de ta retenue, de ta bonne conduite, de ta politesse, de ton caractère, des agréables senteurs de ton âme, te communiquera sans doute la science, qui est en elle. » 3198. Katcha, le fils de Vrihaspati, répondit ce mot : « Oui ! » et, honoré de tous les Dieux, il se mit en route pour se présenter devant Vrishaparvan. 3199. Cette mission des Souras lui fit accélérer son pas ; il vit Çoukra dans la ville du roi des Asouras et lui tint ce langage : 3200. ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ C'est lui qui avait rendu à Katchar le grand air, l'espace. le monde. Avec lui l'Indien avait passé la mer. Il avait vu l'Amérique. Il avait vécu heureux. Il demeurait d'ordinaire pensif au milieu de la ménagerie, ses grands yeux de velours ouverts sur l'infini, dans son visage de bronze, le front coiffé de blanc, et son corps grêle et sec enveloppé d'une sorte de blouse de soie d'un jaune d'or. Dans ses prunelles noires, la vie ne semblait réellement apparaître que lorsqu'il les fixait sur les animaux qu'il gardait ou sur Placial Estradère. ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ L'Indien venait déjà de se coucher tout près de là, à côté de la caisse aux boas. — Katchar! répéta Estradère d'une voix plus forte. En un bond, l'Indien fut sur pied, et s'avança vers le dompteur, comme un chien à l'appel du maître; mais en apercevant l'Anglais qui regardait justement d'un air un peu dédaigneux, de son côté, il s'arrêta net, et l'on eût dit que quelque chose venait brusquement de le clouer au sol. — Katchar, lui dit Placial en lui tendant, à son tour, le billet, prends ceci. Tu pourras, avec cela, offrir des secours aux pauvres gens, s'il en vient. ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ Et grâce à Placial Estradère, son maître, il avait cette joie de vivre côte à côte avec des animaux qui ne lui avaient jamais coûté une larme et qui le consolaient des hommes, les hommes lui ayant fait tant de mal! Une sorte de misanthropie pareille et de pareille souffrance unissait ainsi Katchar et Placial. Et, l'un courant après une vision, l'autre évoquant un souvenir - pendatit que le steamer allait vers Southampton — dans la nuit, au bruit rauque de la machine, qui ressemblait au cri des lions, tandis que Placial se disait: « Cécile 1 » Katchar se répétait : « Tom Black! » ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ Maintenant, ajouta Placial, ouvre cette porte. Ouvre-la avant qu'ils l'aient enfoncée, et feu dans le tas! Katchar obéit. Il avait armé aussi un pistolet à un seul coup qu'il portait avec son couteau. La porte ouverte, l'Indien bondit en arrière comme un jaguar et attendit, le cou tendu, les deux mains en avant, fièrement campé. Dans l'encadrement lumineux de la porte, un flot de têtes hurlantes se montra d'abord avec des aspects de silhouettes, puis quelqu'un de ces hommes agitant une grosse lampe à schiste au-dessus de ces têtes, elles apparurent comme des faces rougies de damnés. ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ Et, debout, il attendit le premier coup de ces bandits. Il n'était pas blessé. Il se tenait comme cloué à la muraille, terrible avec sa haute taille maigre et ses cheveux ébouriffés. Tant qu'il serait debout, se disait-il, rien ne serait perdu. La foule ne piétine que sur celui qui tombe. Même frappé à mort, il se jurait tout bas de se roidi., pour rester droit et n'être pas écrasé par les lourds talons de ces misérables s'enfonçant dans son visage. Katchar, lui, avait été déjà rejoint par Tom Black et une dizaine d'autres coquins. ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ Il jeta un juron atroce et se précipita sur Katchar pour lui arracher son coutelas des mains et l'en poignarder. Mais Katchar, avec un bond de bête fauve, échappa à cette étreinte et se jeta brusquement du côté de la fenêtre. Tom Black l'y suivit. Pendant ce temps, Placial, entouré, menacé, des couteaux sur la tête, des épieux et des bâtons de chaise tournoyant autour de lui, tirait sur les bandits et épuisait ses balles dans cet amas de haines vivantes. Chaque détonation abattait un homme mais désarmait en même temps le dompteur. Il n'avait plus longtemps à lutter. ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ Le noble lord traitait le jeune Indien avec quelques égards et parait son logis somptueux de la présence d'un Indien vaincu comme il l'eût fait d'une statue enlevée à un temple. Katchar, fils de Djali, était là comme un trophée vivant. Un jour, un des cochers de lord Harrisson se prit de querelle avec Katchar. Cet homme avait bu plus d'aie ou de gin que de coutume. Il appela l'enfant chien d'Asiatique el lui laboura le visage d'un coup de fouet. La joue saignait. Katchar alla droit à lord Harrisson et lui dit : — Tom Black est un lâche. Il me demandera pardon devant tous, ou je le tuerai ! ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ « Regarde aussi loin que la vue peut s'étendre, aussi loin que l'on peut entendre les miaulements des tigres, aussi loin que l'oiseau peut voler, le pays des nopals est délivré, noire terre est affranchie! Brahma a entendu ses enfants. Il n'y a plus dans l'Inde un habit rouge! Katchar, tes fils et les fils de tes fils seront libres ! » Alors, la vision s'évanouissant peu à peu en laissant à Katchar le sentiment de la réalité vivante, l'Indien re- ”
“ C’était elle, Katucha. Toujours la même, mais plus charmante encore. De même qu’autrefois, ses yeux noirs qui louchaient légèrement et riaient avec tant de naïveté, regardaient de bas en haut. Comme autrefois elle portait un tablier blanc, très propre. Elle venait lui apporter, de la part des tantes, une savonnette parfumée dont on avait, à l’instant même, retiré l’enveloppe, et deux serviettes : une grande, avec des broderies russes, puis une serviette éponge. ”
Léon Tolstoï,
Résurrection. 3e partie
“ Et quand, au milieu d’une phrase qu’il traduisait, quand il entendit un bruit de pas dans le corridor, et quand la porte s’ouvrit, et quand, ainsi que cela s’était passé bien d’autres fois depuis trois mois, — mais cette fois-ci, sans doute, serait la dernière, — quand il vit entrer un gardien conduisant derrière lui, vêtue de blanc, avec son fichu sur la tête, Katucha, quand il vit Katucha, ce fut comme si tout le sang de ses veines avait brusquement cessé de couler. « Je veux vivre, je veux avoir une famille, des enfants, je veux prendre une part de bonheur ! » ”
“ Katucha put entendre les mots : « Toute fraîche, venant droit de la campagne. » Puis ce fut elle-même que la dame appela : elle lui dit que le vieux monsieur était un écrivain, qu’il avait beaucoup d’argent, et qu’il lui donnerait tout ce qu’elle voudrait si seulement elle savait lui plaire. Effectivement elle lui plut, et l’écrivain lui donna vingt-cinq roubles, en lui promettant de la revoir souvent. Cet argent fut d’ailleurs vite dépensé : Katucha en remit une partie à sa cousine en paiement de sa pension ; avec le reste, elle s’acheta une robe, un chapeau, et des rubans. ”
“ Oui, malgré la capote de prisonnière, malgré tout l’ensemble du corps devenu plus large, la poitrine amplement développée, l’empâtement du bas du visage, les rides du front et des tempes, le boursouflement des paupières, c’était bien la même Katucha qui, dans la nuit de Pâques, avait levé vers lui son regard si innocent, l’avait regardé de ses yeux pleins d’amour et de bonheur, et tout resplendissants de vie. ”
“ La vie où il entrait, — le milieu nouveau, les camarades, la guerre, — aida à cet oubli. Et plus il vivait plus il oubliait ; si bien qu’il avait totalement oublié. Une fois seulement, à son retour de la guerre, s’étant arrêté chez ses tantes dans l’espoir d’y revoir Katucha, il avait éprouvé un serrement de cœur en apprenant qu’elle n’était plus là, qu’elle avait quitté la maison, peu après son départ, pour accoucher, qu’elle avait accouché quelque part, et que depuis, au dire des tantes, elle était tombée très bas. Selon les dates, cet enfant, né d’elle, pouvait être de lui ”
“ Aussitôt que Katucha entrait dans la chambre où était Nekhludov, aussitôt que de loin il apercevait sa robe rose et son tablier blanc, c’est comme si tout pour lui, aussitôt, s’ensoleillait : tout lui paraissait intéressant, gai, important ; la vie lui devenait une joie. Et elle, de son côté, elle éprouvait la même impression. Et ce n’était pas seulement la présence, l’approche de Katucha qui agissait ainsi sur Nekhludov : la pensée même de l’existence de Katucha le remplissait de bonheur ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ Les Mêmes, KATUCHASONIA. Regarde-la !... A-t-elle grandi ? NEKLUDOFF. Non... C’est toujours la même Katucha. Quel beau costume j’espère !... KATUCHA timide. Oh ! c’est parce que c’est Pâques... SONIA, bas à Katucha. Tiens, prends ces clefs et va chercher un savon dans l’armoire de ma chambre. KATUCHA. Bien, marraine. (Elle sort, à petits pas vifs.) NEKLUDOFF, surpris. Marraine ? LAURA Oui, nous trouvons mieux qu’elle nous appelle ainsi, tu comprends ?... C’est elle qui nous fait la lecture, quelquefois, maintenant... Sœurette ne veut plus qu’elle soit servante. SONIA. Oh ! ”
“ Nekhludov s’était figuré qu’à cette première entrevue, en constatant son repentir et son intention de lui venir en aide, Katucha se réjouirait, s’attendrirait et redeviendrait la Katucha d’autrefois. Mais à son horreur, il comprit que Katucha n’existait plus et que seule, désormais, existait Maslova. Cela le surprit et l’horrifia. ”
Jeremias Gotthelf,
Ulric le valet de ferme,... par Jérémias Gotthelf…
(1854)
“ Elle était grande, fortement constituée de toutes manières, et ses membres vigoureux, ses gros bras, ses gros pieds, semblaient bien promettre une solide travailleuse. Kathi était la fille d'un paysan qui avait un train de campagne considérable. Elle avait des sacs d'argent en nombre infini, sans compter les cousines d'Argovie qui n'étaient pas à mépriser ! Et Kathi n'était point fière ! Et peutêtre elle épouserait Ulric ! Au moins il pouvait tirer cette conclusion de ses paroles, à fort juste titre ce nous semble. Celui qui aurait une femme si laborieuse serait pourtant un garçon fortuné ! ”
