Résumé

Henri Delaveau La Littérature et la Vie Militaire en Russie…

Les soldats s’avancent gaiement en chantant des airs nationaux ; ils rentrent dans leurs tentes, et, après quelques roulemens de tambours qui retentissent au loin, le plus profond silence règne autour d’eux.
L’invention romanesque n’apparaît guère, on le voit, chez M. Tolstoï. Les émotions d’une marche, les fatigues d’un bivouac, les incidens d’un combat lui suffisent pour animer de courtes narrations empreintes d’un vif sentiment militaire. C’est par ces simples tableaux de la vie du Caucase que s’était annoncé M. Tolstoï, lorsqu’éclata la guerre de Crimée.
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Henri Delaveau La Littérature et la Vie Militaire en Russie…

Ce n’est point par le goût des plaisirs raffinés, ni même par l’étendue et la variété des connaissances, que l’homme cultivé se distingue le plus du barbare, c’est par la valeur morale. Or il est certain qu’en Russie le peuple proprement dit l’emporte de beaucoup à cet égard sur les classes supérieures. On y rencontre à tout moment, sous le sarreau du paysan ou la capote du soldat, des qualités et des vertus qui étonnent, une intelligence des choses de ce monde, un dévouement pour ses semblables, une résignation vraiment surprenante, et souvent une fermeté héroïque.
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Henri Delaveau La Littérature et la Vie Militaire en Russie…

On étudia la vie militaire avec une sympathie réelle, mais sut-on la reproduire avec fidélité ? Jusqu’à ces derniers temps, à vrai dire, les historiens, les conteurs militaires de la Russie ont péché par l’exagération. La guerre de 1812, celle du Caucase, ont rencontré dans les écrivains russes des juges trop passionnés, trop complaisans ; la Crimée a été plus heureuse. En 1812, c’est l’exaltation religieuse et patriotique du soldat russe, ce sont ses aptitudes à la guerre d’embuscades et de surprises que les conteurs militaires de la Russie se plaisent à chanter.
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