Résumé

Henri Blerzy Les Premiers Jours du siège de Sébastopol

Ainsi le 20 septembre 1854, au moment où l’armée du prince Menchikof, postée sur les hauteurs de l’Alma, était assaillie par les troupes alliées, l’autorité était partagée à Sébastopol entre trois officiers-généraux indépendans l’un de l’autre. La ville était en grand émoi, car son sort se décidait en bataille rangée. Toute la journée, on avait entendu le bruit du canon. La nuit vint, on était encore sans nouvelles ; mais l’incertitude n’engendrait pas de vaines terreurs au milieu d’une population presque entièrement composée de marins et de soldats.
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Henri Blerzy Les Premiers Jours du siège de Sébastopol

Habitués à s’entendre dire que la flotte de la Mer-Noire assurerait un jour la domination du tsar sur toutes les contrées de l’Orient, soutenus par l’amour de leur noble profession, les marins de Sébastopol tenaient à leurs vaisseaux par un attachement superstitieux. Ces hommes, la plupart ignorans, amenés des diverses provinces de l’empire au milieu des populations tartares de la Crimée, voyaient dans leurs navires, que décoraient des figures mystiques et des noms légendaires, l’image de la patrie absente et, ce qui était plus réel, la manifestation certaine de la puissance russe.
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Henri Blerzy Les Premiers Jours du siège de Sébastopol

La conquête de Sébastopol ne donnait satisfaction aux alliés que sur un point. Si abattu qu’eût été l’empereur Nicolas par un plus prompt désastre, prétendre que la chute de son grand arsenal de la Mer-Noire aurait suffi pour vaincre son obstination est une hypothèse aventurée. Il fallait les calamités d’une guerre prolongée, l’épuisement en hommes et en argent que produit une lutte de plusieurs années, la mort même de cet orgueilleux autocrate, pour ramener la Russie à des sentimens compatibles avec la paix de l’Europe.
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