Charles Reboul

Résumé

Charles Reboul Revue des Deux Mondes

Tout cet appareil de guerre n’empêche pas les Tchétchens, qui forment la plus audacieuse et la plus infatigable cavalerie légère que l’on puisse voir, de passer journellement entre ces forteresses et de battre en tous sens la plaine des Koumouiks, poussant quelquefois leurs excursions jusqu’au-delà du Térek. On les voit partout où il y a quelque chose à prendre, quelques bestiaux à enlever, quelque ennemi à égorger, qu’il soit Russe ou Tatare, car dans leurs goûts de pillage ils n’épargnent pas beaucoup plus leurs coreligionnaires soumis de force à la Russie que les Russes eux-mêmes.
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Charles Reboul Revue des Deux Mondes

Il est bien rare qu’on sorte d’une forteresse russe de la plaine des Koumouiks sans voir des Tchétchens qui rodent dans les environs, et si on ne les voit pas, ils n’y sont pas moins. L’ennemi est partout dans ce pays inhospitalier ; chaque ravin, chaque buisson, chaque pierre cache un tigre qui attend sa proie ; trop souvent on ne connaît sa présence que par l’explosion d’une arme et la chute d’un homme qui tombe atteint d’une balle. Malheur à l’imprudent qui s’écarte du rempart d’une forteresse ou de l’escorte d’un convoi !
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Charles Reboul Revue des Deux Mondes

Un abreck est un Tchétchen qui a fait vœu de ne laisser reposer sa carabine que lorsqu’il aura immolé un certain nombre d’ennemis dont il fixe lui-même le chiffre. Dès qu’il a prononcé son terrible serment, il ne s’appartient pour ainsi dire plus ; il est tout entier au but qu’il s’est proposé d’atteindre. Muni des provisions nécessaires à son existence pour plusieurs jours, il va se poster sur un lieu de passage ou auprès de quelque forteresse. Là, blotti dans un buisson, invisible à tous les regards, il attend, comme un chasseur à l’affût, que le gibier humain s’offre à portée de son arme
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