Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Scènes du siège de Sébastopol

Il croisa un officier de sapeurs et un matelot ; le premier lui cria : « À terre ! » en indiquant le point lumineux d’une bombe qui approchait en redoublant de vitesse et d’éclat.
Le projectile vint s’abattre à côté de la tranchée ; au cri de l’officier, Kalouguine fit un léger salut involontaire, puis il continua son chemin sans sourciller.
« En voilà un brave ! » dit le matelot, qui regardait avec sang-froid la chute de la bombe.
Son œil exercé avait calculé que les éclats ne tomberaient pas dans la tranchée.
« Il ne veut pas se coucher ! »
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Si l’on plaisante avec quelqu’un, immanquablement on lui dira : « Va au quatrième bastion ». Si l’on rencontre un blessé sur un brancard et qu’on demande d’où il vient, la réponse sera presque toujours invariable : « Du quatrième bastion ! » Deux opinions complètement différentes l’une de l’autre ont été répandues sur ce terrible bastion, d’abord par ceux qui n’y ont jamais mis les pieds et pour lesquels il est le tombeau inévitable de ses défenseurs, et ensuite par ceux qui, comme le petit officier blond, y vivent et en parlent simplement en disant qu’il y fait sec ou boueux, chaud ou froid.
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Abandonner la tranchée, c’est affreux ! dit Galtzine, irrité par l’indifférence de cet homme.
— Et le moyen, quand il a la force ?
— Eh ! Votre Noblesse, dit alors un soldat porté sur un brancard, comment ne pas abandonner quand il nous a tués tous ! Ah ! si la force était à nous, nous n’aurions jamais abandonné ! Mais que faire ? Je venais d’en piquer un quand j’ai été frappé... Oh ! doucement, frères, doucement ! Oh ! par pitié ! gémissait le blessé.
— Voyons, il revient beaucoup trop de monde, dit Galtzine, arrêtant de nouveau le grand soldat avec les deux fusils.
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