Jean-Marie Dargaud

Résumé

Jean-Marie Dargaud George, ou Une âme dans le siècle… (1840)

Songes-y bien, Marie.
GEORGE. 121
— J'ai tout pesé, George, —d'un côté,
tout cela,— de l'autre ton amour Ton
amour l'emporte.
— La société s'est montrée prodigue envers toi. Tous ces biens dont elle t'a comblée , non , tu ne comprends pas ce que c'est que les perdre en un instant; tu ne le comprends pas. Tu ne t'imagines pas surtout ce que c'est que l'abjection, ce que c'est que le mépris !
— Oh ! l'abjection, le mépris ! s'écria Marie d'une voix de détresse. Mais je te
répète que j'ai pensé à tout. Pour moi l'univers entier ne vaut pas un sourire sur tes lèvres.
Source : Gallica

Jean-Marie Dargaud George, ou Une âme dans le siècle… (1840)

Place, place, voici la valse. George de sa main presse la main de Marie, d'un bras amoureux il enlace sa taille svelte, il l'emporte, l'emporte, et tourbillonne avec elle dans un cercle de feu. Là seulement son sang circule vite, là seulement son coeur bat à l'aise, là seulement il respire un air
de flamme, là seulement il se sent vivre
Il n'a qu'une émotion confuse, mais puissante, une émotion d'amour et de triomphé. Cette femme est à lui. Qui oserait la lui disputer?... Viennent les dangers, il les bravera; les obstacles, il les brisera. Il sera plus fort que l'univers pour la défendre.
Source : Gallica

Jean-Marie Dargaud George, ou Une âme dans le siècle… (1840)

SaintEustache.
—Vraiment, Marie, disait George, je ne te reconnais plus. Toi, que le christianisme touchait si peu, d'où te vient cette ardeur qui t'a soumise et vaincue? Plus grande même que ton ancienne indifférence est ta ferveur nouvelle. —Certainement, George; néanmoins j'ai toujours été religieuse au fond de l'âme. Lorsque tu m'as vue pour la première fois, je n'étais pas moi-même, je me consumais dans une langueur mortelle. Je succombais peu à peu sous ma mélancolie. J'étais malade, et voilà pourquoi j'avais le coeur vide de religion comme de tout le reste.
Source : Gallica

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