Résumé

Édouard Bergounioux Madame de Varennes, par Édouard Bergounioux… (1835)

Amélie, je veux connaître le retour de M. de Varennes, et, le prévenant par la fuite, t'emmener avec moi dans un lieu où il ne puisse nous atteindre.
— Oui, oui, partout où lu voudras que je te suive. Allons chercher quelque désert où nous ne vivions que pour nous, où mon amour soit ton seul bonheur ! Que m'importe le reste du monde! L'univers n'est-il pas tout entier dans un de tes baisers ? lui dit-elle avec une expression d'ineffable volupté;
Mais tout-à-coup se levant, l'oeil égaré:
— Manuel.... et mes enfans, tu n'y as point songé ! s'écria-t-elle.
Source : Gallica

Édouard Bergounioux Madame de Varennes, par Édouard Bergounioux… (1835)

Il n'y avait peut-être que Manuel devant qui dut faillir Madame de Varennes. Pour passionner les femmes d'une raison froide et logique, et qui n'ont pas érigé l'adultère en principe, il faut une de ces exceptions de l'existence humaine, un dieu ou un démon. Aussi leurs fautes pourront s'élever jusqu'au crime, mais ne descendront jamais jusqu'au vice. Avec l'amant qui les a vaincues elles pourront connaître les remords, mais la honte ne saurait les atteindre.
Pour Manuel et Madame de Varennes, pour ces âmes d'élites, la nature avait des trésors inconnus aux âmes vulgaires.
Source : Gallica

Édouard Bergounioux Madame de Varennes, par Édouard Bergounioux… (1835)

Enfant! ne vas-tu pas pleurer? Tu sais pourtant que je n'aime point les larmes... Tu n'en devais jamais répandre ; c'était une des clauses de notre contrat : les larmes ne vont qu'aux grandes damés qui ont de grandes passions... Et pour toi, tu me l'as dit, l'amour n'est qu'un mensonge.
Manuel dénouait alors le gland en or qui retenait la blouse de satin sur la taille de Detta ; et, la main sur le coeur de Detta, il murmurait d'une voix douce : oh ! maintenant il faut encore me sourire, mon esclave !
Source : Gallica

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