Résumé

J. Becard Un Accès de fièvre, par J. Becard (1834)

LE VIVIER. 287
— C'est moi! c'est moi! s'écria-t-il, et sa voix était si pleine de larmes, qu'à son tour elle ne le reconnut point, et allait s'enfuir.
Livia! chère Livia, restez je vous en conjure;
Cette fois, elle le devina; leurs mains se pressèrent.
— Vous ici ! Henri, pour moi sans doute? Ah! je vous revois enfin, je vous pardonne ; et cependant vous l'avez abandonné à l'heure du danger, ce Maurice que vous prétendiez aimer!
Des larmes brûlantes roulaient dans les yeux de la jeune femme.
— Livia, dit-il, en reprenant sa main, tout bonheur n'est pas perdu pour vous
Source : Gallica

J. Becard Un Accès de fièvre, par J. Becard (1834)

Quand elle pénétra dans la chambre de Henri, deux hommes en sortaient ; ils venaient de mettre les scellés partout. L'architecte s'était trompé dans ses calculs : la loi était plus puissante que lui, et aucun des inconvéniens qu'il avait voulu épargner à la jeune femme ne devait être évité.
En regardant ce visage éclairé par la lumière scintillante des cierges, Livia eut un instant d'illusion. Il y avait tant de calme et de bonté sur ce front chargé de cheveux noirs ! il semblait encore si brillant d'intelligence, qu'elle ne put croire à l'absence de la vie.
Source : Gallica

J. Becard Un Accès de fièvre, par J. Becard (1834)

Maurice la contemplait dans ce délire muet, dont la sublime expression ne peut se rendre par aucun langage. Cette créature si passionnée , si tendre, avait à la fois tant de puissance et de mobilité, tant de grâces et d'énergie, son esprit était doué d'une flexibilité si brillante, qu'en l'écoutant ainsi penchée vers lui, toute recueillie dans l'émotion qui la dominait, il lui semblait entendre une femme nouvelle. En effet, chez Livia, l'amour revêtait toutes les formes, prenait tous les tons, et renfermait, pour cela même , d'inépuisables trésors de voluptés et de poésie.
Source : Gallica

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