Xavier Marmier

Xavier Marmier

Résumé

Portrait de Xavier Marmier Xavier Marmier Poésies d'un voyageur (1844)

L'été s'enfuit, et la nature Sans fleurs, sans fruit et sans verdure, Revêt son deuil de chaque hiver.
Pourtant sur ces flots sans étoile On distingue encore une voile.
C'est le hardi pêcheur du Nord Qui se rapproche de la rive Et chante d'une voix plaintive En cherchant à gagner le port.
Salut à toi, ciel couvert d'ombre !
Je t'aime, car mon ame est sombre.
L'œil triste, les cheveux au vent, Loin des fêtes et loin du monde, Au bord de l'Océan qui gronde, J'aime à m'asseoir tout seul rêvant.
Cette mer où plane l'orage, Ce sol aride, c'est l'image D'un cœur que la vie a glacé
Source : Gallica

Portrait de Xavier Marmier Xavier Marmier Poésies d'un voyageur (1844)

Mais au milieu du calme, au sein de la tempête, Nulle plante fidèle à mon sort ne s'unit, Nul autre arbre isolé n'élève ici la tête, Nul oiseau sur ce roc ne vient faire son nid.
Je n'entends que la voix de l'orage qui gronde, Ou le cri du corbeau qui m'annonce l'hiver; Je ne vois que le sol qui se penche sur l'onde, Et le bateau pêcheur qui s'enfuit sur la mer.
LE VOYAGEUR.
Oh ! ta plainte m'émeut, car elle me rappelle La douleur qui traverse aussi le cœur humain.
Source : Gallica

Portrait de Xavier Marmier Xavier Marmier Poésies d'un voyageur (1844)

Là le fleuve paisible et pur Dans la plaine s'enfuit, s'efface, Et sur la rive qu'il embrasse Jette un soupir, un flot d'azur.
Et loin du bruit, et loin du monde, Gaiment je m'élance sur l'onde, Heureux de voir dans le lointain Se dérouler le paysage, De songer à mon grand voyage, De respirer l'air du matin.
Lorsque l'oiseau sur la bruyère S'élève et chante sa prière, Je prie aussi, je dis : Mon Dieu!
Laisse-moi demeurer encore Dans cet abri que l'on ignore, Sous ton regard, sous ton ciel bleu.
Que la nature soit le temple Où mon œil emu te contemple!
Source : Gallica

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