Xavier Marmier,
Poésies d'un voyageur
(1844)
“ L'été s'enfuit, et la nature Sans fleurs, sans fruit et sans verdure, Revêt son deuil de chaque hiver. Pourtant sur ces flots sans étoile On distingue encore une voile. C'est le hardi pêcheur du Nord Qui se rapproche de la rive Et chante d'une voix plaintive En cherchant à gagner le port. Salut à toi, ciel couvert d'ombre ! Je t'aime, car mon ame est sombre. L'œil triste, les cheveux au vent, Loin des fêtes et loin du monde, Au bord de l'Océan qui gronde, J'aime à m'asseoir tout seul rêvant. Cette mer où plane l'orage, Ce sol aride, c'est l'image D'un cœur que la vie a glacé ”
