Résumé

Le poète des enfants : morceaux choisis (1877)

L'univers tout entier réfléchit ton image, Et mon âme à son tour réfléchit l'univers.
Ma pensée, embrassant tes attributs divers, Partout autour de toi te découvre et t'adore, Se contemple soi-même et s'y découvre encore : Ainsi l'astre du jour éclate dans les cieux, Se réfléchit dans l'onde et se peint à mes yeux.
C'est peu de croire en toi, bonté, beauté surprême, Je te cherche partout, j'aspire à toi, je t'aime : Mon âme est un rayon de lumière et d'amour, Qui, du foyer divin détaché pour un jour, De désirs dévorants loin de toi consumée, Brûle de remonter à sa source enflammée.
Source : Gallica

Le poète des enfants : morceaux choisis (1877)

Le nuage éclatant qui le cache à nos yeux Conserve en sillons d'or sa trace dans les cieux, Et d'un reflet de pourpre inonde l'étendue, Comme une lampe d'or dans l'azur suspendue.
La lune se balance au bord de l'horizon ; Ses rayons affaiblis dorment sur le gazon, Et le voile des nuits sur les monts se déplie : C'est l'heure où la nature, un moment recueillie, Entre la nuit qui tombe et le jour qui s'enfuit, S'élève au créateur du jour et de la nuit, Et semble offrir à Dieu, dans son brillant langage De la création le magnifique hommage.
Source : Gallica

Le poète des enfants : morceaux choisis (1877)

Cette pensée est sombre, amère, inexorable, Et fermente en silence au cœur du misérable.
Riches, heureux du jour, qu'endort la volupté, Que ce ne soit pas lui qui des mains vous arrache Tous ces biens superflus où son regard s'attache ; Oh ! que ce soit la charité !
L'ardente charité, que le pauvre idolâtre !
Mère de ceux pour qui la fortune est marâtre, Qui relève et soutient ceux qu'on foule en passant Oui, lorsqu'il le faudra, se sacrifiant toute, Comme le Dieu martyr dont elle suit la route, Dira : « Buvez ! mangez ! c'est ma chair et mon sang.» Que ce soit elle, oh ! oui. riches !
Source : Gallica

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