Amédée Pommier

Élements biographiques

Amédée Pommier,  Colifichets : jeux de rimes (1860)

“ « Ainsi, trêve Aux propos, Ou je crève Quelques peaux; C'est mon rôle, Et, le drôle Qui voudra, Dans la bière Ma rapière L'étendra. »
Près du sexe S'animant, Il se vexe Joliment,
S'il voit rire De l'empire Inouï, Que les belles Damoiselles Ont sur lui.
Car il pense, Cœur charmé, Qu'il a chance D'être aimé.
Cet insecte Se délecte De l'espoir Que quelqu'une.
Blonde ou brune, Voudra voir
Ce qu'une âme Que, par jeu, Chaque femme Met en feu, Ce qu'un torse
De la force D'un cricri Sauraient faire Dans la sphère D'un mari.
”
Source : Gallica

Amédée Pommier,  La République, ou Le livre de sang… (1837)

“ On craint que la mort ne l'arrache A ses ennemis furieux; On le laisse languir sans honte; Deux fois l'on monte et l'on démonte La guillotine sous ses yeux !
Ainsi le tigre africain joue Avec un pauvre cerf mourant, Le mord, le tire, le secoue, Vingt fois le quitte et le reprend, Puis le porte au fond de son antre, Et, là , le déchire, l'éventre, Le torture à satiété, A coups de griffes le dépouille, Et dans ses flancs palpitans fouille Avec son mufle ensanglanté.
Enfin l'échafaud qu'on promène Est mis sur un tas de fumier ; De la populace inhumaine Ce choix est l'outrage dernier.
”
Source : Gallica

Amédée Pommier,  Poésies, par Amédée Pommier (1832)

“ Ce n'est plus le soleil ; c'est un fantôme d'astre Qui sur ce grand désastre Épand un jour affreux.
Dieu puissant ! Dieu vengeur ! criaient les multitudes, Oui, nous nous repentons de nos ingratitudes ; Seigneur, n'achève pas de nous exterminer ; De tes fils supplians vois la douleur amère; Que leur humble prière T'engage à pardonner.
Notre effroi t'a vengé; fais-nous miséricorde; Repousse dans son lit cette mer qui déborde; Le flot impétueux t'écoute aveuglement;
Toi seul, à sa fureur assignant des limites, Retiens ou précipites Ce terrible élément.
”
Source : Gallica

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