Amédée Pommier

Résumé

Amédée Pommier Colifichets : jeux de rimes (1860)

Rosine plus brillante, Plus vive et sémillante,
La bouche souriante, Fait songer à Vénus.
L'aînée a, beauté raré, Et que rien ne dépare, Du marbre de Carrare L'éclat et le poli.
La veine court, bleuâtre, Sous cette peau d'albâtre Que jamais fard ne plâtre El qui n'a pas un pli.
Mais, j'en sais quelque chose, L'autre, qui moins impose, Plaît par son teint de rose, Par ses traits chiffonnés.
Quelle aimable malice Dans cet œil en coulisse!
Comme l'amour s'y glisse !
Quel friand petit nez !
Tu veux, mère nature, Dans cette conjoncture, Nous mettre à la torture,
Pour moi c'est évident.
Source : Gallica

Amédée Pommier Colifichets : jeux de rimes (1860)

« Ainsi, trêve Aux propos, Ou je crève Quelques peaux; C'est mon rôle, Et, le drôle Qui voudra, Dans la bière Ma rapière L'étendra. »
Près du sexe S'animant, Il se vexe Joliment,
S'il voit rire De l'empire Inouï, Que les belles Damoiselles Ont sur lui.
Car il pense, Cœur charmé, Qu'il a chance D'être aimé.
Cet insecte Se délecte De l'espoir Que quelqu'une.
Blonde ou brune, Voudra voir
Ce qu'une âme Que, par jeu, Chaque femme Met en feu, Ce qu'un torse
De la force D'un cricri Sauraient faire Dans la sphère D'un mari.
Source : Gallica

Amédée Pommier Colifichets : jeux de rimes (1860)

Tout être a son instinct et sa loi. La nature Voulut faire du chat un tigre en miniature.
Dangereux pour les rats, il ne l'est point pour nous, Et quand, nonchalamment couché sur nos genoux, Allongeant comme un sphinx ses deux pattes, il reste, L'œil à demi fermé, calme et faisant la sieste, N'a-t'-il pas un aspect de débonnaireté, De conscience nette et de simplicité, Qui séduit tout d'abord quiconque l'examine, Et lui ferait donner le bon Dieu sur sa mine ?
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature