Henri Vié-Anduze

Résumé

Henri Vié-Anduze La Muscadine, histoire du pays… (1863)

Quant aux amoureux, assis à l'écart de tout le monde, ils avaient le coeur gros de bonheur. Sans prononcer une parole, car leurs yeux en disaient assez, ils se trouvèrent bien essotis et contusionnés d'avoir leurs mains serrées sans s'être donné le mot. « A demain! » se dirent-ils. Et à l'aube on aurait pu les voir devisant dans le verger, la Muscadine la figure réjouie et André guéri de son mal au coeur par la seule vertu de l'amour, qui, s'il fait quelquefois le sujet de nos peines, est le plus souvent le roi des médecins et le plus fin de tous les rebouteux.
Source : Gallica

Henri Vié-Anduze La Muscadine, histoire du pays… (1863)

La Guidetta courut sur ses pas et s'arrêtant sur le talus d'un petit ravin desséché par les ardeurs de l'été, elle tendit son bras à la peau noire et envoya ces sinistres paroles au pauvre père qui en eut le coeur tourné.
— En vérité, Pierre Gibert de Saint-Marcel, je te le dis, avant qu'il soit un an l'herbe croîtra sur la tombe de ta Félice, et tu pleureras sur elle tout ton sang changé en eau !
Pierre bondit de colère, il voulut ramasser une pierre et la lancer à la mégère. La tête haute, le bras levé, elle apparaissait de loin au ménétrier comme l'ange de la fatalité.
Source : Gallica

Henri Vié-Anduze La Muscadine, histoire du pays… (1863)

Ce jour-là, du plus loin qu'on se souvînt dans le village, on n'avait vu un bal si brillant et si animé. Les jeunes gens battaient des entrechats en cadence, et les jeunes filles se laissaient enlever dans leurs bras, en donnant les marques de cette gaieté qui est la fortune du pauvre monde.
La valse venait de finir. Célestin étrennait des habits commandés à la ville ; on aurait dit d'un paon qui fait la roue, tant il semblait faire montré avec complaisance de ces ajustements à la mode qui, aux yeux des bonnes gens, semblaient le grandir d'une coudée..
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature