Résumé

Portrait de Hégésippe Moreau Hégésippe Moreau Contes à ma soeur : précédés d'un choix de poésies (1901)

Par le méchant qui règne et le sot qui prospère, Coudoyé, si je pleure et si je désespère, Elle est là : son souris me défend de pleurer ; Son œil, ardent de foi, m'ordonne d'espérer.
Oh ! le siècle entendra les chants que je lui livre ; Il n'aura pas ouvert ma tombe avant mon livre ; Ce livre, proclamant votre sainte amitié, D'un avenir conquis vous promet la moitié ; Et quand, sur nos tombeaux, relu par des voix tendres, Voix de sœurs ou d'amants, il remûra nos cendres ; Nos spectres enlacés voltigeront près d'eux ; Nous ne ferons, ma sœur, qu'une gloire à nous deux !
Source : Gallica

Portrait de Hégésippe Moreau Hégésippe Moreau Contes à ma soeur : précédés d'un choix de poésies (1901)

Messire, dit-elle, je suis Jeanne, bergère à Domrémy. Or, sachez que Dieu m'a fait savoir et commander que j'allasse de vers le gentil Dauphin, qui doit être et est, vrai roi de France, et qu'il me bailliast des gens d'armes, et que je lèverais le siège d'Orléans et le mènerais sacrer à Reims. Peut-être n'aurez-vous cure de moi ni de mes paroles ; et pourtant il faut que je sois devers le roi avant la mi-carême, dussé-je user mes jambes jusqu'aux genoux pour m'y rendre ; car personne, ni roi, ni duc, ni fille de roi, ne peut relever le royaume de France. Il n'y a de secours qu'en moi.
Source : Gallica

Portrait de Hégésippe Moreau Hégésippe Moreau Contes à ma soeur : précédés d'un choix de poésies (1901)

Or, vous saurez, ma sœur, qu'une fée qui perd sa baguette est une fée perdue. La pauvre Angélina ne s'aperçut de son malheur qu'à l'explosion de murmures qui salua son retour au palais, car ce fut un grand scandale pour toutes les fées, et une grande joie pour les vieilles, enchantées d'humilier enfin une compagne dont les charmes et la bonté faisaient ressortir leur malice et leur laideur. Quelques jeunes gens aussi, princes, sorciers et enchanteurs, dont Angélina, toute bonne qu'elle était, n'avait pu s'empêcher de railler quelquefois la suffisance, triomphaient de sa confusion.
Source : Gallica

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