Hégésippe Moreau,
Contes à ma soeur : précédés d'un choix de poésies
(1901)
“ Par le méchant qui règne et le sot qui prospère, Coudoyé, si je pleure et si je désespère, Elle est là : son souris me défend de pleurer ; Son œil, ardent de foi, m'ordonne d'espérer. Oh ! le siècle entendra les chants que je lui livre ; Il n'aura pas ouvert ma tombe avant mon livre ; Ce livre, proclamant votre sainte amitié, D'un avenir conquis vous promet la moitié ; Et quand, sur nos tombeaux, relu par des voix tendres, Voix de sœurs ou d'amants, il remûra nos cendres ; Nos spectres enlacés voltigeront près d'eux ; Nous ne ferons, ma sœur, qu'une gloire à nous deux ! ”
