Résumé

Portrait de Siméon Luce Siméon Luce Revue des Deux Mondes

« Jeanne disait, rapporte un témoin oculaire, que le royaume n’appartenait pas au dauphin, mais à son seigneur. Néanmoins, c’était la volonté de son seigneur que le dauphin fût roi et qu’il eût le royaume en commende ; elle ajoutait qu’il serait roi en dépit de ses ennemis et qu’elle le conduirait elle-même pour le faire sacrer. Robert de Baudricourt lui demanda alors quel était son seigneur, et elle répondit : « C’est le roi du ciel. » Assurément, la grande âme de la Pucelle pouvait seule parler un si simple et si magnifique langage.
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Un chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, écrivant à l’un de ses amis peu après l’arrivée de la Pucelle à la cour de Charles VII, disait que c’était Dieu lui-même, touché des prières de la vierge Marie, qui l’avait envoyée.
Au moyen âge, le carême, surtout lorsqu’il précédait un jubilé aussi solennel que celui du grand vendredi de l’Annonciation, était une époque de prières incessantes, de pénitence insigne et de mortification universelle. La papauté avait attaché depuis longtemps à la célébration de ce jubilé des indulgences exceptionnelles qui redoublaient encore le zèle des âmes pieuses.
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Quand on est fermement convaincu, comme l’était Jeanne, que l’on combat pour Jésus le bon combat, le plus saint jour est le meilleur.
En dépit des traits de ressemblance que nous venons d’indiquer, nous touchons ici le point essentiel par où Jeanne d’Arc, inférieure à Colette Boylet sous le rapport de l’orthodoxie, la dépasse de cent coudées si l’on compare ces deux femmes extraordinaires au point de vue de ce qui fait la véritable grandeur, c’est-à-dire la passion de la justice, le dévoûment à sa patrie, l’amour de l’humanité.
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