Germain Lefèvre-Pontalis

Résumé

Germain Lefèvre-Pontalis Revue des Deux Mondes

Le siège d’Orléans commence. De Vaucouleurs, où l’on est renseigné de temps à autre, la nouvelle s’en répand. Les voix deviennent plus pressantes. Deux ou trois fois par semaine, à présent, elles se font entendre, elles insistent. Même elles se mettent à formuler des précisions redoutables. Fille de Dieu, le siège d’Orléans, c’est elle qui doit le faire lever. Le Roi, qui n’est pas encore vrai roi, c’est elle qui doit le conduire à Reims. Tout le royaume, c’est elle qui doit le délivrer. C’est pour ces besognes-là qu’elle doit aller en France, aller en France, aller en France.
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Germain Lefèvre-Pontalis Revue des Deux Mondes

C’était le château de Coucy, son enceinte et son donjon de cinquante-cinq mètres, planté dans un promontoire exhaussé de plus de soixante. L’ensemble, abordé par cette face, offrait un décor symétrique. Deux tours, liées par un secteur de rempart, se dessinaient dans un aplomb qui stabilisait le premier plan. Sous des angles égaux, deux murailles s’en écartaient, qui rejoignaient plus en arrière deux autres tours profilées. Mais le regard, par une obsession grandissante, s’attachait à quelque chose de plus harcelant encore. A mesure qu’on avançait, l’émerveillement s’accentuait.
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Germain Lefèvre-Pontalis Revue des Deux Mondes

LA DESTRUCTION DE COUCY Coucy n’est plus. La merveille, unique au monde, a péri sans résurrection possible, détruite, sur le sol de France, par un ordre venu de la plus haute volonté qui trône encore sur l’Allemagne. Son illustration s’étendait sur tout le globe. Le chef-d’œuvre exaspérait les reconstructeurs et les exploitans des ruines truquées qui bordent le Rhin. Il meurt, comme notre Reims, tous deux, le temple et le donjon, trop beaux, trop expressifs, trop français.
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