Résumé

Ponson du Terrail Diane de Lancy; Les pretendus de la meunière

Lamartine est le poëte des âmes en deuil.
—Et cependant, reprit Gaston, je l’avoue à ma honte, je n’ai pas ouvert ce livre.
—Pourquoi?
—Je ne sais. Je me suis assis au pied d’un arbre et j’ai rêvé. La nature nuit aux poëtes. Leur œuvre la plus complète ne vaut ni un coin de ce ciel bleu qui parle à nos yeux de l’infini, ni même de ce brin d’herbe verte qui tremble au souffle du vent, qui vit et pense comme nous, dans son humilité, et semble nous dire qu’il n’y a qu’un créateur, un poëte par excellence: Dieu.
—C’est juste, murmura Dragonne, mais vous avez rêvé bien longtemps.
Source : Gutenberg

Ponson du Terrail Diane de Lancy; Les pretendus de la meunière

Dragonne étouffa un sanglot et reprit:
—Cher Gaston, écoute-moi: la vie de ce monde est un voyage, une heure d’épreuve que les âmes fortes subissent avec courage; quelques années écoulées et la mort arrive; mais la mort n’a rien de hideux et de terrible pour ceux qui croient fermement à une autre vie, car ils savent que cette vie-là est exempte des agitations mesquines et des soucis de la nôtre. Dans celle-là, les haines s’effacent, les âmes ennemies se fondent en un baiser, et ceux qui s’aimèrent ici et que la fatalité sépara sont réunis à jamais et s’aimeront éternellement.
Source : Gutenberg

Ponson du Terrail Diane de Lancy; Les pretendus de la meunière

M. de Vieux-Loup rentra de bonne heure au pavillon. Il était ivre de bonheur. Aucun aveu formel n’avait glissé sur les lèvres de Dragonne; mais son regard, son geste, l’altération de sa voix, tout en elle lui avait dit qu’il était aimé, encouragé, et qu’il ne tenait plus qu’à lui d’être avant un mois l’heureux époux de mademoiselle de Lancy. Pendant la route de la Fauconnière au pavillon, Gaston avait étreint son cœur avec ses mains pour l’empêcher d’éclater, et il se répétait avec une joie qui tenait du délire:
—Elle m’aime! elle m’aime!...
Source : Gutenberg

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