Ponson du Terrail, Diane de Lancy; Les pretendus de la meunière
“ Lamartine est le poëte des âmes en deuil.—Et cependant, reprit Gaston, je l’avoue à ma honte, je n’ai pas ouvert ce livre.—Pourquoi?—Je ne sais. Je me suis assis au pied d’un arbre et j’ai rêvé. La nature nuit aux poëtes. Leur œuvre la plus complète ne vaut ni un coin de ce ciel bleu qui parle à nos yeux de l’infini, ni même de ce brin d’herbe verte qui tremble au souffle du vent, qui vit et pense comme nous, dans son humilité, et semble nous dire qu’il n’y a qu’un créateur, un poëte par excellence: Dieu.—C’est juste, murmura Dragonne, mais vous avez rêvé bien longtemps. ”
