Ponson du Terrail

Élements biographiques

Ponson du Terrail,  Les cavaliers de la nuit, deuxième partie…

“ Don Paëz, reprit-elle, vous êtes un simple gentilhomme, et je suis, moi, une infante d’Espagne. Il y a un mur d’airain entre nous, un mur que rien ne saurait briser. Mais la fatalité m’a arraché mon secret; vous m’avez vu pleurer, vous savez que je vous aime, don Paëz. Eh bien! don Paëz, il ne nous reste plus, après cet aveu, à vous qu’à mourir, à moi qu’à me séparer du monde à jamais. Vous allez vous tuer, don Paëz, vous tuer, quand j’aurai mis ma main dans votre main, et un baiser sur votre front. ”
Source : Gutenberg

Ponson du Terrail,  Les cavaliers de la nuit, 1er partie…

“ Au moment où deux heures sonnaient, Hector dit à Henry:
—As-tu le voile noir?
—Non, dit Henry; c’est l’affaire du bourreau, il va nous l’apporter.
—Mais il reconnaîtra Bothwell?
—Peu importe!
—Il est donc notre complice?
—Il le sera.
Presque aussitôt, la porte qui donnait sur la plate-forme s’ouvrit, et le bourreau entra.
Il était sombre et triste, comme il convient à ces hommes marqués au front du doigt de la fatalité et qui doivent, instruments passifs de la loi, étouffer dans leur poitrine toute pulsation humaine, dans leur cœur tout mouvement de pitié.
”
Source : Gutenberg

Ponson du Terrail,  Les cavaliers de la nuit, deuxième partie…

“ Une fois encore, peut-être, l’hésitation entra au cœur de don Paëz; mais, par un dernier effort sur lui-même, il releva la tête et répondit:
—Non, cela ne se peut!
—Et pourquoi mon ami?
—Parce que, répondit don Paëz, l’amour tue l’ambition, et que je préfère l’ambition à l’amour.
—Insensé!
—Demandez à l’aigle, fit le gentilhomme avec enthousiasme, pourquoi son vol est si hardi que nul n’ose le mesurer? Demandez au génie pourquoi il s’écarte des routes frayées et marche sombre et à côté de la foule, aux lèvres de laquelle étincelle le rire?
”
Source : Gutenberg

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