“ Je n’ai jamais quitté une personne par préférence pour une autre ; je ne me dégage que quand on m’y oblige absolument, et je n’en suis pas là avec Guzman. — Guzman ! s’écria Mourzakine en éclatant de rire, il s’appelle Guzman ? — Est-ce que ce n’est pas un joli nom ? dit Francia, interdite. — Guzman, ou le Pied de mouton ! reprit-il riant toujours, on nous a parlé de ça là-bas. Je sais la chanson : Guzman ne connaît pas d’obstacles !... — Eh bien ! oui, après ? Le Pied de mouton n’est pas une vilaine pièce, et la chanson est très bien. Il ne faut pas vous moquer comme ça ! ”
Guzman
Définition et enjeux
Citations sur “Guzman”
Franc̜ois Xavier de Feller, Biographie universelle des hommes qui se sont fait un nom par leur génie… (1867)
“ GUZMAN (Alphonse-Pérez de) , fameux capitaine espagnol, né à Valladolid en 1256, s'acquit d'abord beaucoup de gloire dans plusieurs combats contre les infidèles ; mais l'infant don Sanche s'étant révolté contre son père Alphonse X, dit le Sage, Guzman, pour ne pas se mêler de ces querelles, s'exila de sa patrie , et s'attacha au service du roi de Navarre, avec lequel son pays était alors en paix. Après y avoir acquis beaucoup de réputation et de richesses, il revint en Castille, où il donna commencement à la maison des ducs de Médina-Sidonia. ”
George Sand,
Un bienfait n’est jamais perdu
“ Tu resteras seulement pour dire à Guzman: «—Ma soeur est partie, vous ne la reverrez plus. Je ne sais pas où elle est; elle vous laisse le châle bleu et la parure d'acier que vous lui avez donnés... Voilà.»—C'est arrangé comme ça? dit Théodore stupéfait... Alors tu me plantes là aussi, moi? Deviens ce que tu pourras? Et allez donc! Va comme je te pousse!—Tu sais bien que non, Dodore, tu sais bien que je n'ai que toi. Voilà quatre francs, c'est toute ma bourse aujourd'hui; mais c'est de quoi ne pas jeûner et ne pas coucher dehors. ”
L'impératrice : notes et documents (1877)
“ Greffant sur sa propre illustration, l'illustration presque royale des Portocarrero, cette lignée de grands politiques et de grands capitaines, l'illustration héroïque des Guzman, ces martyrs de l'honneur et du devoir, dont la devise était le cri d'Alonzo de Guzman, gouverneur de Tarifa : Mas pesa el Rey que lo sangre (Mieux vaut mon roi que mon sang) , elle avait accru ses États, ses dignités et ses titres, était devenue une des hautes et des plus grandes de l'Espagne moderne. ”
James Fenimore Cooper,
Mercédès de Castille
“ Guzman lui-même n’a pas cru avoir une autorité suffisante pour se charger d’un si vaste projet. Si nous faisions nos découvertes sans la sanction d’un grand monarque, nous aurions travaillé pour les autres ; nous n’aurions aucune garantie pour nous-mêmes ; le Portugal ou quelque autre puissance nous ravirait tout le fruit de notre entreprise. Je sens que je suis destiné à cette grande œuvre ; mais elle doit être faite d’une manière convenable à la majesté de la pensée qui l’inspira, et à la grandeur du sujet. — Mais ici, don Luis, il faut nous séparer. ”
Alain-René Lesage,
Histoire de Gil Blas de Santillane
“ Pour doña Maria de Guzman, qui sans contredit est aujourd’hui le premier parti d’Espagne, c’est une personne accomplie et l’idole de son père. Réglez-vous là-dessus ; faites bien votre cour à ces deux dames, et paraissez encore plus dévoué au comte d’Olivarès que vous ne l’étiez au duc de Lerme avant votre voyage de Ségovie : vous deviendrez par ce moyen un homme comblé d’honneurs et de richesses. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Muni de toutes ces richesses, Guzman retourna à Fez où le roi, pour le récompenser dignement, lui abandonna une partie des sommes payées que le chevalier partagea entre lui et ses soldats. Grâce à ce service, à ses vertus et aux talents dont il fit preuve, notre héros acquit une position telle à cette cour, que AbenJoseph se plut à lui accorder toute son estime et toute sa confiance. Le pouvoir et le crédit qu'il parvint à se créer en Afrique, eurent leur retentissement en Castille au moment où le pays, divisé par deux factions, était sur le point de voir éclaler une révolution déplorable. ”
Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Lettres juives
“ Guzman, en accordant la vie des prisonniers à son pere qui est aussi doux, aussi sensible pour les malheureux, qu’il est fier, orgueilleux & cruel, le prie de tâcher de fléchir Alzire, fille de Montese, souverain d’une partie du Potose, qu’il doit épouser. On apprend dans le même acte par Alzire même, qu’elle avoit été promise à Zamore, prince Américain, & qu’elle alloit être unie avec lui, lorsque le cruel Guzman vint la séparer d’un amant qu’elle adoroit. ”
Xavier Marmier,
Lettres sur l'Amérique. T2
(1881)
“ Repoussés de toute part, ils essayèrent d'y mettre le feu, en jetant sur le toit des flèches garnies à leur extrémité de matières combustibles. Le courage et la présence d'esprit des assiégés sauvèrent la faible cité de ce péril, mais elle fut bloquée et en peu de temps réduite à la famine. Après avoir épuisé leurs provisions, les Espagnols en vinrent, dit Guzman, à se nourrir de serpents, de crapauds et d'autres animaux immondes, puis à dévorer des cadavres. ”
Charles Robert Maturin,
Melmoth ou l’Homme errant
“ Il ajouta, en confidence, que Guzman, quoique durant le cours de sa longue vie, il n’eût éprouvé d’autre passion que celle d’amasser de l’argent, avait été tout-à-coup saisi du démon de l’ambition, et ne pouvant le contenter pour lui-même, il voulait que du moins ses héritiers fussent à tous égards semblables, pour les connaissances et le bon ton, aux descendans des premières familles de l’Espagne. L’épouse de Walberg céda à ses avis, avec des larmes qu’elle s’efforça de cacher au prêtre, et dont elle avait effacé jusqu’aux moindres traces avant de se retrouver avec son époux. ”
Charles Robert Maturin,
Melmoth ou l’Homme errant
“ C’est ainsi que Guzman capitula avec sa conscience. En dépit de tous les prêtres de Séville, il résolut d’attirer auprès de lui sa sœur et sa famille ; mais de l’autre côté, il promit et jura à ses conseillers spirituels de ne jamais voir un seul individu de cette famille. Il décida que sa sœur hériterait de sa fortune ; mais qu’elle ne verrait jamais son visage. Ensuite il se mit à calculer ce que coûterait le voyage de sa sœur et l’établissement de son ménage, car il voulait ne rien épargner pour qu’elle vécût à son aise en Espagne. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Considéré comme le premier personnage de l'Andalousie, Guzman, cependant, défendit cette province contre les invasions des rois de Portugal et de Grenade, et assura sa tranquillité par la manière sage dont il la gouverna. Dans une sortie qu'il dut faire de Séville pour contenir les Portugais, cette cité courut le risque de se perdre. A la suite d'un différend surienu entre ses habitants et les Génois au sujet de rapports commerciaux, le peuple, s'étant ameuté, tua quelques gens de celle nation, pilla et brûla leurs maisons. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Telle est la vie de Don Alonzo Perez de Guzman, premier seigneur de San Lucar de Barrameda, fondateur de la maison de Medina Sidonia. Dans un siècle où les sentiments naturels, défigurés, ne présentent en Castille que des traits dignes de la barbarie, il sut se créer une position illustre par ses exploits et par ses services, sans jamais s'écarter des voies de la justice. ”
Thomas Corneille,
Poèmes dramatiques de Thomas Corneille
“ Enrique Et qu’au sang des Guzman on osât reprocher Qu’un murmure honteux n’auroit pu les toucher ! Il publie en tous lieux, ce Vieillard téméraire, Que l’artifice seul nous acquiert un beau-frère, Que l’hymen de Fernand est un hymen contraint, Qu’il n’épouse ma sœur que parce qu’il nous craint, Et qu’avec tant de bien il est hors d’apparence Qu’un tel choix eût enfin borné son espérance. Le Ciel ne souffre point de nœuds mal assortis, Et s’il pouvoit prétendre aux plus riches partis, Au moins de notre sang la gloire est peu commune, Et vaut bien aujourd’hui la plus haute fortune. ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ « Homme de grand cœur, très-hardi et entreprenant, il avait la démarche, la parole et les allures d'un chevalier plus que d'un prélat. Ses intentions étaient bonnes, mais avec ses formes àpres et dures il gàtait tout. » Soupçonné de partager les sympathies politiques de son parent, Guzman se retira dans sa seigneurie de Batres. ”
Xavier Marmier,
Lettres sur l'Amérique. T2
(1881)
“ Lucia fut brûlée vivante; Hurtado, attaché à un arbre et criblé de flèches jusqu'à ce qu'il eût rendu le dernier soupir. « Lucia, dit Guzman, se soumit courageusement à son martyre et mourut en invoquant le nom de Dieu. Hurtado, pendant que les Indiens lui lançaient leurs flèches, avait les yeux levés au ciel et priait le Seigneur de lui pardonner ses péchés. » C'en était fait du premier essai de colonie européenne sur les bords du Rio de la Plata, quand un riche gentilhomme, Pedro de Mendoza, obtint le gouvernement de ces régions. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ L’âme virile et l’activité de son épouse, Françoise de Guzman, l’habileté de ses ministres, notamment de François de Lucena, aussi bien que l’incapacité des hommes d’État de l’Espagne, firent sa fortune. Le plus grand éloge qu’on puisse faire de ce fondateur de dynastie, c’est de déclarer qu’il fut le plus habile musicien de son temps. ”
Ernest Mérimée, Essai sur la vie et les oeuvres de Francisco de Quevedo… (1886)
“ Guzman, qui a couru le monde et qui a le coup d'œil juste, ne s'y trompe pas : la grande originalité de l'Espagne, dit-il, c'est cette abondance de fainéants et de voleurs. « Nous autres Espagnols, » ajoute Lazarillo, « nous mourons de faim plutôt que d'apprendre un métier, et si par hasard nous en apprenons quelqu'un, nous nous en tirons si mal que l'on trouverait à peine un bon ouvrier dans toute l'Espagne (1) . » Navarrete, de son côté, qui juge la situation en homme d'Etat, trace, sans le vouloir, des tableaux absolument semblables à ceux qui abondent chez les romanciers. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Dans une notice qui prérôde un opuscule purement littéraire, je ne suivrai pas Quintana sous toutes les phases de sa vie diplomatique. Passant sous silence les nombreux emplois dont il s'est acquitté si dignement et qui l'ont élevé à une haute position sociale, je me contente de dire que l'auteur de Guzman le Bon, membre de l'Académie de Saint-Ferdinand et de plusieurs sociétés économiques et littéraires, est une preuve incontestable que l'Espagne, ingrate autrefois envers ses meilleurs enfants, sait aujourd'hui récompenser le patriotisme et le talent aussi bien qu'elle sait les produire. ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ On a donc eu sous les yeux et l'esquisse vivement tracée et le portrait achevé et cependant en fermant les Generaciones y semblanças, je crois n'avoir pas réussi à faire connaître, autant que je l'eusse désiré, ce curieux musée où revit l'Espagne de D. Juan II. Encore quelques mots sur l'œuvre de Guzman. Le style en est très-nerveux, très-concis, ce qui en rend la traduction difficile. Guzman n'a ni l'abondance de Plutarque, ni le laisser aller et les commérages de Brantôme, ni les médisances et les petites anecdotes de Tellemant des Réaux. Quelquefois il fait penser à Saint-Simon. ”
C. de Varigny, Revue des Deux Mondes
“ Métis, de sang nègre et indien, il avait fait ses preuves de bravoure et aussi de férocité, sous les ordres de Guzman Blanco. Quand la guerre civile éclata, il vint avec ses Zambos se ranger aux côtés de Crespo. Rusé comme un Indien, il excellait dans l’art de dresser des embûches, de déconcerter l’ennemi par ses feintes, dangereuses pour lui-même avec d’autres hommes que les siens, mais il les connaissait et savait ce qu’il en pouvait attendre. Abritées derrière des retranchemens élevés en hâte, les troupes de Palacio, adossées à Polito, faisaient face aux Indiens. ”
Lope de Vega,
Chefs-d'oeuvre du théâtre espagnol…
(1861)
“ Comme ce jeu de paume se trouvait dans le même quartier, j'y entrais à toute heure, tantôt jouant moi-même, tantôt me bornant au rôle de spectateur. A l'une des extrémités de la uUe, on a sculpté en relief les armoiries des Guzman. Au-dessous du casque, au milieu de la couronne qui entoure l'écu, est représenté le grand Alonzo Perez de Guzman, que l'on a surnommé le Mrave. au moment où sur le rempart de Tarife il jette sa dague à un Maure pour qu'on tue son propie fils : action véritablement espagnole. ”
Prosper Mérimée,
Revue des Deux Mondes
“ A l’approche des Maures, don Alphonse de Guzman, qui occupait le château de Hornachuelos, quitta son fort avec toute sa garnison, et, passant la nuit au milieu des Grenadins sans être reconnu, alla s’enfermer dans Cordoue, résolu à partager le sort de ses habitans. C’était un faible renfort, mais, en voyant les plus nobles seigneurs du pays s’associer à leurs périls, les bourgeois se crurent plus forts et le devinrent en effet. Mohamed amenait à don Pèdre cinq mille génétaires et trente mille hommes de pied, dont un grand nombre d’arbalétriers excellens. ”
Edward John Trelawny,
Un Cadet de Famille, v. 3/3
“ Je sais lire au fond des cœurs et deviner les caractères. Croyez-le bien, don Gaspar de Guzman ne souffrira auprès de lui aucun rival; il n'admettra personne à partager la faveur du maître.Ils parlaient encore lorsqu'ils virent entrer un gentilhomme de la chambre du roi, qui remit à chacun d'eux une lettré signée de Sa Majesté, et ainsi conçue:«Le duc d'Uzeda et le grand inquisiteur, dom fray Louis de Aliaga, ont perdu leurs titres et leurs dignités; ils devront, s'ils ne veulent pas être traités en sujets rebelles, quitter à l'instant même le royaume d'Espagne.» ”
Prosper Mérimée,
Revue des Deux Mondes
“ Don Pèdre ne pouvait apprendre la défection d’un de ses riches-hommes sans croire à une conjuration de toute sa noblesse. Alors sa fureur ne lui montrait partout que des ennemis ; traîtres ou vassaux fidèles, il frappait au hasard. Il lui fallait absolument couper des têtes, comme s’il se fût reproché de ne pas s’être assez fait craindre. Il avait entre ses mains les deux derniers enfans de doña Leonor de Guzman, retenus captifs depuis plusieurs années dans le château de Carmona. L’un, nommé don Juan, qu’on a déjà vu à Toro, avait dix-neuf ans don Pedro, le second, quatorze ans à peine. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Notre flotte venant de gagner une victoire sur les Barbaresques, et de leur prendre treize galères, l'occasion parut favorable à Don Sanche d'investir Tarife, place importante, située sur la cOte; et l'une des portes qui ouvraient aisément la route de l'Espagne aux Africains. L'argent manquait pour l'entreprise; Guzman le fournit; et l'armée étant réunie sous ses ordres, il attaqua Tarife par terre et par mer. Le siège dura six mois, pendant lesquels Guzman ne cessa de se montrer la tête la plus sage au conseil, comme le bras le plus ferme au combat. Les Maures se défendirent avec intrépidité ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Guzman avait alors vingt-six ans : le mariage se célébra à Séville et le roi donna en dot aux époux, Alcala de los gazules. Peu de jours après, Guzman retourna en Afrique d'où il revint avec Aben-Joseph qui, suivi d'une nombreuse armée, apportait le secours promis. Les deux princes se réunire#aZahara*dans le camp maure. Le monarque africain reçut le roi de Castille avec tous les respects qu'un souverain aurait pu attendre de son vassal. ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ Tel est un chant sur la mort de l'amiral Diego Furtado de Mendoza, père du marquis de Santillana, que Guzman dut écrire vers l'âge de vingt-six ans. Le poète donne la parole à Furtado lui-même et l'amiral de Castille s'en sert pour peindre l'inanité des grandeurs humaines. ”
Victor Perceval, Un excentrique (1866)
“ Ainsi, ni le caractère sacré du grand inquisiteur ni les habiles manoeuvres du duc d'Uzeda ne purent les préserver d'une disgrâce. Quelques instants après, la foule qui remplissait la place apprit la décision du monarque, et, toujours inconstante, elle reçut avec acclamation e nom du nouveau ministre. On entendit ce cri poussé par un peuple immense : — Vive don Guzman Olivarez le réformateur ! L'écho des acclamations parvint jusqu'à Philippe IV, qui était avec son nouveau ministre. — Quel est ce bruit? demanda vivement le roi. ”
Xavier Durrieu, Revue des Deux Mondes
“ Aben-Comat, enfin, le seul chevalier maure que le drame espagnol ait osé représenter comme étaient réellement les chevaliers maures, si intrépide dans le combat, si généreux après la victoire, que don Guzman lui-même se tient honoré d’être son ami. L’action est simple et dégagée tout-à-fait des incidens et des épisodes qui en pourraient affaiblir l’intérêt ”
