Jean-Baptiste Boyer d’Argens

Élements biographiques

Portrait de Jean-Baptiste Boyer d’Argens Jean-Baptiste Boyer d’Argens,  Thérèse philosophe (1748)

“ Je vous ai conté hier, ma chère Thérèse, à peu près toutes les misères de ma vie ; vous avez vu le mauvais côté de la médaille ; ayez la patience de m’écouter : vous en connaîtrez le bon.
Il y avait longtemps, poursuivit-elle, que mon cœur était bourrelé, que je gémissais de la vie indigne, humiliante, dans laquelle la misère m’avait plongée, et où l’habitude et les conseils de la Lefort me retenaient, lorsque cette femme, qui avait eu l’art de conserver sur moi une sorte d’autorité de mère, tomba malade et mourut. Chacun me croyant sa fille, je restai paisible héritière de tout.
”
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Portrait de Jean-Baptiste Boyer d’Argens Jean-Baptiste Boyer d’Argens,  Lettres juives

“ Si un bon roi doit être le pere de ses sujets, ils doivent avoir pour lui la soumission des enfans : les devoirs des uns sont aussi sacrés que ceux des autres. Aussi voit-on que tout prospere, que tout réussit, que tout abonde dans une monarchie où le prince confond ses intérêts avec ceux de son peuple.
Quand on donne à un souverain le titre de grand, d’auguste, d’invincible, je regarde tous ces noms-là comme des marques d’une ambition démesurée, comme des blessures cachées dont l’état se ressent par la dépense que lui a coûté son prince, avant que d’acquérir une gloire aussi mal fondée.
”
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Portrait de Jean-Baptiste Boyer d’Argens Jean-Baptiste Boyer d’Argens,  Thérèse philosophe (1748)

“ L’âme n’a de volonté, n’est déterminée que par les sensations, que par la matière. La raison nous éclaire ; mais elle ne nous détermine point. L’amour-propre, le plaisir à espérer, ou le déplaisir à éviter, sont le mobile de toutes nos déterminations. Le bonheur dépend de la conformation des organes, de l’éducation, des sensations externes, et les lois humaines sont telles que l’homme ne peut être heureux qu’en les observant, qu’en vivant en honnête homme. Il y a un Dieu ; nous devons l’aimer, parce que c’est un être souverainement bon et parfait. ”
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